‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 320 sur 352 · ANDRÉ DORIA DÉLIVRE GÊNES · texte numérisé non relu

ANDRÉ DORIA DÉLIVRE GÊNES

lesquelles, quand sa patrie tomba sous la domination des impériaux, il passa au service de la France, où il devint fameux et concourut aux expéditions les plus dangereuses. Irrité contre les impériaux, qui avaient saccagé sa ville natale, il ne voulait plus les mettre à rançon, et faisait ramer sur ses galères tous leurs soldats qui tombaient en son pouvoir. Mais il ne tarda point à être indisposé contre les Français, parce qu'il eut à souffrir de l'orgueil insolent des courtisans; d'un autre côté, François I", non content de donner à un autre la charge d'amiral dans le Levant, songeait à transférer le commerce de Gênes à Savone. outre qu'il voulait garder pour lui, dans l'espoir d'en tirer une grosse rançon, les prisonniers que Doria avait faits à Naples. Le marquis del Vasto, tombé au pouvoir de l'amiral à Naples, s'aperçut de ces rancunes, et les aigrit avec tant d'habileté qu'il lui persuada de soustraire Gênes aux Français: « Ils l'ont eux-mêmes saccagée, lui disait- il , foulent aux pieds ses privilèges et menacent son existence ; il est facile de voir que l'Espagne et la France réservent Gênes pour en faire un objet de trafic dans leurs marchés honteux, et que la France la garde afin de la vendre à de meilleures conditions. »

Doria résolut alors de l'arracher aux griffes des deux compétiteurs, et, sacrifiant le timide respect de son honneur, il envoya en France demander satisfaction des torts dont on s'était rendu coupable envers Gênes et lui-même. Blessé de ne pas la recevoir, ayant d'ailleurs quelque motif de croire que le roi avait expédié l'ordre de l'arrêter, il fit dire à l'empereur : Quelles concluions me faites-vous, et je vous donne mon bras et V Italie [\). Charles- Quint ne marchanda point sur les conditions, et Doria déploya 1528 une bannière impériale qu'il avait conquise naguère; informé Jsepie.in. ^^^^^ j^ pestc avait décimé la garnison, d'ailleurs peu vigilante, il entra inopinément dans Gênes avec cinq cents fantassins seulement, et l'appela à la liberté : coup décisif porté aux intérêts de

(1) «André demandait à l'enipereur 00,000 ducats de solde, la liberté de « Gènes et la faculté de tirer de la Sicile dix mille charges de blé, avec d'autres « conditions de peu d'importance. Sa Majesté lui accorda non-seulement ce qu'il « demandait, mais davantage; Charles écrivit au prince de pourvoir le capitaine «André, si la guerre se terminait à sou avantage, d'une possession dans le « royaume de 8 ou 10,000 ducats; il le chargeait, en outre, de donner 1,000 du- « cats au comte Filippino, 700, je crois, à Christophe Pallavicino , homme <i d'André, et autant à cet Érasme, de manière que tous sont contents de s'éfre « mis à son service. » (^Lettres de princes à princes, lll) 43.)

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