‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 331 sur 352 · ALEXANDRE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DE MÉDICIS

Arétin. Entraîné par l'effervescence de ses vingt-deux ans, rien ne pouvait refréner ses passions brutales^ ni le respect des fa-, milles, ni la sainteté du lit conjugal ou des cloîtres : il assouvissait sa lubricité sans distinction de sexe, d^âge, de condition, de caractère sacré ; il aimait surtout à humilier les citoyens qui étaient partisans de la liberté et révérés du peuple. Il punissait sévèrement les délits qui témoignaient d'un caractère énergique, et tolérait ceux dont la cause était la sensualité. 11 ne faisait aucune distinction de personnes : un joui', la grande foule qui se pressait à un spectacle ayant occasionné une rumeur, il envoya ses serviteurs bâtonner les perturbateurs; on vint lui dire qu'il s'y trouvait de jeunes nobles et des personnes de qualité : Peu importe, répondit-il, car ils sont tous également mes ennemis.

1533 Le cardinal Hippolyte, son cousin, lui enviait des honneurs

:i5août. auxquels il croyait avoir droit. Ami des lettres et des armes, il caressait les bannis, qui comptaient sur son ambition et son argent; comme représentants de la patrie, ils le nommèrent père et protecteur, et principal auteur du rétablissement de la liberté. Mais bientôt Alexandre s'en débarrassa par le poison, en disant : «Qu'on voie que nous savons détruire les mouches qui nous importunent. »

« Tout le monde éprouvait une tristesse silencieuse et du mécontentement. La plèbe et la plus grande partie du menu peuple et des artisans qui vivent de leurs bras étaient plongés dans l'aflliction, parce qu'on ne gagnait rien faute de travail, et que les comestibles se vendaient fort cher. Les bourgeois, dont l'un avait le père, l'autre le fils, celui-là le frère, confinés ou bannis, se voyant abattus et craignant à chaque instant de nouveaux emprunts et des impôts extraordinaires, n'osaient pas se laisser voir ; loin d'entreprendre des affaires et de se livrer à de nouvelles spéculations, ils arrêtaient les opérations courantes et se retiraient dans les églises ou les maisons de campagne, les uns étant non-seulement pauvres, mais misérables, et les autres feignant de l'être. Les palleschi, reconnaissant combien ils s'étaient trompés, se regardaient les uns les autres sans dire un mot ; car ils s'étaient persuadé qu'ils seraient plutôt des compagnons que des serviteurs, et qu'Alexandre, satisfait du titre de duc, devait,, en reconnaissant que son élévation était leur œuvre, les laisser faire à leur guise et ne pas chercher, comme dit le proverbe, cinq pieds à un mouton. Mais le duc, bien qu'il n'eût que vingt-deux an«.

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