‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 335 sur 352 · COSME DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

COSME DE MÉDICIS

tances pareilles, la victoire est pour celui qui agit avec le plus de 1537 promptitude. Au moment donc où ses amis le. virent arriver ^''"^'pr. de la campagne pour savoir les nouvelles, ils le proclamèrent chef de la république florentine , avec le même titre qu'avait Alexandre.

Les trois cardinaux Salviati, Ridolfi, Gaddi, accourus à Florence pour lui rendre la liberté;, apprirent tard ce qu'on avait fait, ou bien jugèrent plus utile de donner leur adhésion; ils envoyèrent donc dire aux bannis qui étaient partis de Rome, de rétrograder, parce que, cette fois encore, la promptitude et la sagacité des gouvernants l'emportaient sur l'imprudence des exilés. Vettori avait déjà écrit à Strozzi : «Laissons donc les Bruce tus et les Gassius, et renonçons au désir de ramener la ville à « la forme républicaine, parce que c'est impossible. Faites que « ce malade vive ; tâchez qu'on ne lui donne pas de remèdes « trop forts, qui le tuent ; en le faisant vivre, peut-être l'amè- « nera-t-on à de meilleures habitudes, et pourra-t-on en espé- « rer quelque bien. » Puis, quand on lui reprochait le crime d'avoir établi un tyran , il s'excusait en disant : « Dans ces temps, on ne peut trouver une voie qui soit moins funeste. »

Guicciardini, toujours prêt à faire son nid au milieu des ruines, favorisait Cosme, qui avait promis d'épouser une de ses filles ; en même temps, désireux de se concilier les principaux citoyens, il proposait de soumettre le nouveau seigneur à une constitution qui limitât son autorité, comme Tétait celle du doge à Venise. Mais Vettori, en soldat , tournait en ridicule de pareilles restrictions : «Si vous mettez à sa disposition la garde, les armes et la forteresse, à quoi bon lui prescrire de ne pas dépasser certaines limites? »

En effet, dans l'espace d'un mois, Cosme oublia les conventions et ses amis (1); prince, il refusa d'accomplir le ma-

(1) «L'r.utie jour Betlini viut daus mou alelier, et... me dit qu'on avait fait duc Cosme de Médicis, mais avec certaines conditions qui l'empêcheraient d'agir à sa volonté. Alors je me mis à rire de ces gens, et je dis : —Les citoyens (1« Florence ont placé un jeune liomme sur un magnifique cheval ; puis , après lui avoir posé les éperons en mettant la bride dans sa main pour qu'il dirige l'animal à sa volonté, ils font amené sur un trcs-Ijeau champ où sont des fleurs, (les fruits et toutes sortes de clioses délicieuses ; ensuite ils lui ont dit de ne pas franchir certaines limites. Or dites-moi quel est celui qui jiourra l'arrêter quand il voudra sorlir de ces bornes ? Ou ne saurait imposer des lois à celui qui est maître des lois. » (Bknvenuto Cf.i.um, y'ie.) — C'est là que se termine l'histoire de Varchi.

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