COSME SE CONSOLIDE
l'homme qui, par son genre de vie et ses opinions , représenta l'esprit du paganisme, et parut né dans les temps corrompus de la république romaine (1).
Pierre Strozzi s'enfuit en France auprès de la dauphine Catherine, qui, comme le dernier rejeton de Laurent le Magnifique, voyait dans Gosme l'usurpateur de son patrimoine. Il fut suivi dans l'exil par une foule de vaillants Italiens (2) qui remplissaient le monde de leurs plaintes, couvraient d'opprobre leur vainqueur, et, comme des hommes qui n'en ont aucun de sérieux, cherchaient un prétexte quelconque pour réaliser leurs espérances. Gosme agit toujours selon la volonté de l'empereur, lequel se prit à l'estimer, en voyant qu'il savait triompher et sévir par luimême; au mépris de la constitution et de ses propres actes, il déclara que la principauté devait se transmettre dans la ligne de Gosme, à l'exclusion perpétuelle de celle du traître.
Délivré de ses ennemis, le duc sut aussi se débarrasser de ses amis. François Vettori, après la mort de Strozzi dont il avait été l'ami intime, ne sortit plus de sa maison. Vitelli, qui s'était procuré de l'argent en pillant même au détriment de Gosme, fut congédié par lui ; mais l'empereur le dédommagea au moyen d'un fief dans le royaume de Naples. Le cardinal Cibo, l'auteur principal de sa nomination, et qui l'avait ensuite secondé par d'utiles conseils, fut accusé de l'avoir dénoncé auprès de Gharles-Quint, et dut se retirer à Massa. Une magistrature militaire dompta les factions obstinées de Pistoie. Arezzo avait établi le gouvernement républicain pendant le siège de Florence: mais les vainqueurs, qu'elle avait favorisés au prix de grands sacrifices, la replacèrent bientôt sous l'obéissance des Médicis, qui l'entourèrent de forteresses; les récalcitrants furent punis de l'exil et de la mort.
(1) Niccoliiii, daiis la vie de Strozzi qui précède la tragédie citée plus baul. Sa prière à Dieu est remarquable : « Qu'il douuc à son âme, s'il ne veut lui iairc d'autre bien, le lieu où sont Caton d'itique et autres semblables liouimes vertueux qui ont eu la même fin que lui. »
(2) Del Migliorc, dans la Fircnzc il/iistrata, cniimère les grandes lamilles ([ui émicrèrent alors.