REPRÉSAILLES
muii de donner en gage des objets précieux, et souvent les trésors des églises ; ou bien on offrait pour caution d'autres personnes, disposées à subir jusqu'à l'emprisonnement si , le jour fixé, le créancier ne recevait pas satisfaction (1).
L'éli anger (et l'on traitait ainsi quiconque habitait à quelques njilles] n'était protégé ni par des lois communes, ni par la justice générale; on recourut donc à d'étranges compensations, telles que les représailles. Si quelqu'un souffrait un dommage dans ses biens ou sa personne, et n'obtenait point satisfaction, il pouvait lui-même, ou par l'intermédiaire de ses parents et voisins, nuire à tout compatriote de l'offenseur. Les représailles dérivaient de l'ancien système d'association , en vertu duquel tous étaient garants d'un membre de la communauté. Obert Pelavicino, seigneur de Crémone, qui se prétendait créancier de Philippe Torriano, chef alors du peuple milanais, retint dans sa ville tous les négociants de Milan avec leurs marchandises. La compagnie des Buonsignori de Sienne devant 80,000 florins à l'Eglise romaine, le pape prononça l'interdit sur toute la ville, jusqu'à ce qu'ils fussent payés. Parfois les représailles s'appliquaient à des cas criminels : un Anglais ayant été tué par un Italien de la compagnie des Spini, les officiers de la justice arrêtèrent tous les compatriotes du meurtrier.
Les lois réglèrent cette coutume, et peu à peu on cherc ha à
cœlivo; et si ibi tU'fuerit, in aliis bonis nuls adimpleaiui-, 16 juin 1158; cartulalreJu notaire Jean Scriba, où se trouve coiisigué un autre procédé sommaire, par lequel on se met en possession sans formules juridiques ni sentence, procédé qui se rencontre d'autres Ibis. Cela est encore plus clair dans un acte du 1«" août de la même aimée, où Baldo Pulpo et sa femme donnent à Guillaume Vento : locum Vulliiris (\o\Ui) pi^ncii ; et si ibi Jejucril, alia bona noslra ; et nisi sic observavertmus, tua auctoritate et sine décréta consuliim et nostra contradictione in eis pro dupto intiare f)osse...; la femme renonce au sénatus-consulte de Velléius, ou droit d'hypothèque, à la loi .Iuliades biens inestimés. Mêmes stipulations le 7 novembre 1 158. Voir ce carlulaire dans les Monum. Iiist. patriœ.
(1) Le Florentin Bnonaccorso Pilti, auquel le comte de Savoie, en 1409, devait 1,000 florins, lit arrêtera tlorcnce Jean Marchiandi, fds du chancelier de Savoie, et ne le remit (m liberté qu'après qu'il eut donné une caution. Eu 1393, Amédée VllI de Savoie payait ime dette de 1,800 florins, pour laquelle les trois plus grands barons de Savoie avaient offert de se constituer prisonniers ; eu ViOO, il payait \me indemnité à Pierre Colombet qui avait été en prison pour lui. Ap. Ci- BliABlO, p. 403. Aussi les hommes de Racconigi stipulaient, le 12 décembre ll!)8 avec Manfred, marquis de Saluées : Si ipse warchio aliquem liurnincm Raciinisi mfidejtissione ponere l'oluerit, el ipse intrare noluerit, non iitdc ciim causare debent. (Monum. liisl. patria-, chart. il.)