FOIRES. ROUTES AMÉLIORÉES
cloîtres. On prétend que la foire de Bergame fut concédée par l'empereur Bérenger aux chanoines de Saint- Vincent, ensuite par Othon à l'église de Saint-Alexandre (1). L'évêque Ratold, en 807, institua celle de Vérone sur la place de San Zeno Majeur; les boutiques brûlèrent en 1049, et on la rétablit en 1 187. On lit sur un marbre, qui se trouve en dehors de la grande porte du porche de Saint-Ambroise, à Milan, que l'archevêque Anselme établit que, durant trois jours avant et après la fête des saints Gervais et Protais, personne ne molestât pour dettes quiconque viendrait à celte solennité. A Bologne même, à l'occasion de la fête de saint Pétrone , les marchands étaient exempts pendant huit jours de droits d'entrée et de taxes, et personne ne pouvait être cité pour acquitter ses dettes (Ghikabdacci), Dans les règlements de 1333 pour la foire de Saint-André de Nice sur mer, un lieu distinct est assigné aux vendeurs de viandes salées et de fromages, d'épices, de fourrures, de fer, de cuivre, de clous, d'argent, d'or, d'épées et d'armes, de verrerie, de vases en terre, de cordes, de marmites, de bâts; il en était de même pour les tailleurs, les changeurs, les marchands de volaille, d'herbes, fruits et légumes, de toile, de bidets et autres animaux à pied rond, de porcs, de bœufs, d'objets divers, avec des prescriptions pour chacun (2).
Plusieurs routes étaient confiées à la garde des moines, conmie celle du mont Saint-Bernard, où le pieux Bernard de Mantoue institua l'hospice ; comme celle des Alpes entre Lucques et Modène, placée sous la surveillance des religieux de Saint-Pélegrin du Serchio ; comme le passage de Percussina dans le val de Grève, avec un hospice assisté par la compagnie duBigallo de Florence. La route muletière à travers le Saint-Gothard, avec l'excavation d'Uri et son pont dit du Diable, tant il parut merveilleux, est due aux archevêques de Milan, dont la ^domination s'étendait sur le val de la Leventine. Dès l'époque de Charlemagne, les gorges les plus élevées des Alpes étaient pourvues d'hospices (3) ; les diverses nations qui envoyaient des pèlerins en Italie, en avaient chacune de particuliers, et, sans parler de Rome, nous avons trouvé à Verceil des hospices de Français et d'Anglais.
(t) Calvi, Efcmer., t. u, p. G13,
(2) Monum. Iiist. pair'ue, Leges municipales, p. 20G.
(3) Unn ctim hospltlhus, qui per colles Alphim s'ili sitnt pro peregrinoruni Jtiiceptione. Ép. 39* du pape Adrien à Charleningne. (Ap. Bouquet).