‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 37 sur 352 · ROUTES AMÉLIORÉES · texte numérisé non relu

ROUTES AMÉLIORÉES

Les villes et les bourgs, à mesure qu'ils s'affranchissaient , cherchaient à favoriser le commerce. La sécurité des routes, l'exemption de certains péages et la modération de tous sont toujours stipulées dans les premières chartes communales ; il n'y a pas de statut qui ne pourvoie à l'entretien des routes, même avec des magistrats spéciaux. On obtenait des châtelains, à prix d'argent, qu'ils ne molestassent pas les marchands et leur fournissent des escortes; quelques-uns même se constituaient les garants des dommages que les étrangers souffriraient sur leurs terres, tant on craignait de voir les négociants prendre une autre direction, et de perdre ainsi le gain retiré du passage et des logements. Dans l'intérêt commun des échanges, les villes oubliaient leurs animosités; on instituait des trêves mercantiles, des lieux de franchise et de neutralité. En 1182, les consuls promettent sur leur territoire sécurité et prompte justice aux marchands et aux personnes de Lucques (1). Les Grémonais et les Brescians juraient une paix, avec obligation pour les deux villes de s'accorder mutuellement le passage: excepté les marchands de pays hostiles à l'une ou à l'autre cité, les personnes devaient être respectées sur les routes; la monnaie des deux peuples alliés aurait cours dans les transactions réciproques, avec promesse de n'en pas détériorer la valeur intrinsèque, si ce n'est avec l'autorisation du podestat et du conseil (2).

En 1215, les Vercellais faisaient un traité avec les Milanais, par lequel ceux-ci s'engageaient à n'exiger d'eux, pour les biens ou les personnes, aucun péage sur le pont que l'on construisait

(1) Antiq, M. JE. diss. XXX. — Ici les marchands sont considérés comme un corps; en effet, ils fondaient à Lacques, en 12^2, l'hôpital de la Miséricorde.

(3) Ap. Carli, Zecche d'iialia, t. II, p. 173. — En 1308, les Florentins écrivaient à la commune de Lucques : Quia desideramus quod commune nostntm desidevium , qiiod inest nobis et vob'is, felicem sortlatur effectum, tractatum est sœpe sœpiiis de coiicordia cttm nostris mercatoribus per vos facienda, circa spectautia adpassngia et gahellas, c/c. (Archives historiques, t. VI, p. 16.) On y trouve, à la page 20, que, cette année, les Ugololi et les Nerli, Florentins, avaient fait une société à Halle de Souaiie pour battre la monnaie de ce pays.

L'année suivante, cinq balles de draps dorés et une de perles, d'anneaux, de draps, de livres et autres objets précieux, appartenant à des marchands de Florence, furent volées, dans le trajet de Venise à Reggio, par Ilo de Cannola et Nicolas de Luni et leurs complices; aussi la commune de Florence priait la commune de Reggio d'intervenir pour les faire restituer, eu lui disant qu'elle retirait beaucoup d'honneur et de grands avantages du passage des marchandises florentines (p. 24). On y rencontre d'autres plaintes semblables.

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