AGRESSIONS. APPROVISIONNEMENTS
dises chargées sur leurs navires. Comme Ta fait de nos jours l'union douanière, elle convenait, en 1282, avec Lucques, Sienne, Pistoie, Prato et Volterra, de la franchise réciproque de tous droits d'entrée; en 1290, elle établissait le libre transit avecRavenne et Faenza; en 129o, avecLucques, Prato, Saint-Géminien et Colle ; elle stipulait pour dix ans, leurs alliés compris, suppression mutuelle de toutes représailles, maltôte, droits d'entrée, péage. Dès que MentoneetRoccabruna, en 12-48, se furent séparées de Monaco, cette ville ne put communiquer avec d'autres que par mer ou par une route qui passait sur le territoire de Roccabruna, et son prince ne put sortir de son État en carrosse sans traverser un pays ennemi. Les citoyens de Mentone ne voulurent plus entretenir cette route ; or les litiges qui en naissent et les conséquences qu'ils doivent produire peuvent expliquer l'importance des traités des communes du moyen âge pour les communications.
Les voyages, néanmoins, furent toujours pénibles et dangereux. Rinieri de Corneto, voleur de grands chemins, a conservé une funeste célébrité. L'abbé Pierre de Cluny, qui allait visiter Eugène III, fut dévalisé par le marquis Obizzo Malaspina ; mais les Placentins le contraignirent à restituer. Jean d'André, célèbre canoniste, que le cardinal Bertrand du Poyet, en 1 328, envoyait comme ambassadeur du pape, fut attaqué près de Pavie et dépouillé de ses livres et de tout ce qu'il avait ; il dut même payer une forte somme pour sa propre rançon. Pétrarque, la première fois qu'il se rendit à Rome, dut se réfugier au château des Capranica, jusqu'à ce que l'évêque de Lombez vînt lui faire escorte avec cent cavaliers. Sorti de cette ville après son couronnement, il rencontra des brigands qui l'obligèrent à rétrograder, et le peuple dut le faire escorter ; mais d'autres l'assaillirent quand il eut quitté Parme. Jean Barile, que le roi Robert de Naples avait chargé d'assister à son couronnement, fut dévalisé en route et contraint de revenir sur ses pas.
Les subsistances inspirent au peuple les plus grandes inquiétudes, et deviennent, par conséquent, l'objet des mesures les plus étendues. Si la science, de nos jours, n'est pas encore parvenue à persuader que l'unique préservatif, dans les disettes, ou le meilleur palliatif est de laisser toute liberté au commerce des denrées alimentaires, il faut pardonner à une époque où le gouvernement direct appartenait au peuple, sujet à toutes les peurs, et qui, à force d'entraves, produisait souvent le mal qu'il vou-