RICHESSES MINÉRALES
étaient débités par des ai)()ihicaii'es {sppziali), comme on appelait les vendeurs de marchandises que nous venons de mentionner. Le café n'était pas connu, et le sucre peu. La cire et l'ambre servaient aux rites de l'Église ; Venise préparait la cire, et de l'ambre, qu'on tirait de la Baltique, on faisait des crucifix et des chapelets.
Les recherches sur le prix des objets de première nécessité et de la main-d'œuvre fournissent la preuve qu'il différait peu de celui de nos jours, puisque le salaire d'un ouvrier ordinaire fut et sera toujours calculé d'après ce qu'il lui faut pour vivre. Le prix des autres matières est trop difficile à déterminer au milieu d'une si grande variété de monnaies et de l'incertitude des conventions secondaires. Parle-t-on de bois, on ne sait pas s'il fut coupé dans les forêts mêmes de l'acheteur; de vin, on ignore s'il s'agissait d'une année d'abondance ou de disette , s'il était transporté et soumis à l'octroi ; d'un meuble , mais peut-être, outre le prix de la matière, c'était un chef-d'œuvre; d'un livre, mais il pouvait tirer sa valeur des enluminures (i).
Les richesses minérales ne furent pas négligées. Les mines du Bergamasque et des vallées Camonica et Trompia produisirent , dès la plus haute antiquité, beaucoup de fer, auquel on savait donner une trempe excellente dans le Comasque. On fabriquait des
On prétend que Louis II de Saluées apporta de Naples le riz dans ses domaines, où il produisait beaucoup en \h'lb. Les soldais de Charles V l'introduisirent, diton, dans le Novarais. On fait remonter sa culture, dans le Vercellais, à l'année 1521, époque où Théodore Trivulce l'introduisit dans les terres de Zevio et de Palu du bas Véronais. Vers la seconde moitié du seizième siècle, Lobelio voyait croître le riz dans la campagne du Milanais, grâce au\ eaux du lac Majeur; mais, longtemps avant, Mattioli le disait très-commun sur les tables de toute l' Italie. (Voir Capsoni, De l'influence des rizières sur la santé humaine; Milan, 1851.)
(1) Pagnini a fait des calculs très-soignés, et plus tard Cibrario, dans l'ouvrage cité ; miiis ce dernier vacille encore et se trompe souvent, surtout dans les tableaux de comparaison : il suffit de voir la page 528. Tous les économistes offrent la même incertitude sur la valeur des marchandises, parce qu'on ne connaît pas bien la monnaie de compte d'après laquelle les prix étaient fixés.
Dans le Liber jurium de Gènes, vol. i, p. 1170, est un inventaire des revenus d'Andora, vendue par les marquis de Clavesana à la commune de Gènes en 1252 ; là sont spécifiés, civec leur valeur respective, les services de corps et les redevances en nature dus par les vilains. Cet inventaire mériterait d'être commenté; on connaîtrait ainsi la condition des campagnards et la valeur dcg denrées.