BANQUIERS. LOMBARDS
ser avec les nôtres, d'acheter ou de prendre à bail des maisons et des biens de chrétiens, de faire des contrats, de trafiquer, de tenir des écoles des sciences judaïques (1). »
Les juifs eurent bientôt pour concurrents des Lombards, des Astigians, des Toscans, des Cahorsins, qui ouvrirent des banques dans toutes les villes d'Europe, pour faire des prêts nonseulement aux particuliers, mais encore aux États, surtout à l'Angleterre, sauf à prendre des garanties sur les droits d'entrée. Les statuts de Pise, dès le douzième siècle, parlent de caserne établies dans plusieurs villes de l'Italie, c'est-à-dire de banques de prêt et de change. En 1277, Philippe III , roi de France , fit arrêter tous les prêteurs italiens sous l'imputation d'usure, mais en réalité pour les pressurer; il ne se laissa calmer que moyennant 60,000 livres parisis, qui vaudraient aujourd'hui 24 millions (2) ; puis, en 1294, il stipulait avec le capitaine et le corps des changeurs italiens qu'ils lui donneraient une certaine somme pour les affaires de change. Metz en avait dès 1260, et cette ville, en 1370, répara ses murailles avec le pruduit de l'impôt perçu sur ces Lombards; en 1204, elle affermait pour douze ans sa banque à Jean Frassinale de Verceil, moyennant 2,408 florins de Florence.
(1) CeUe bulle, rapportée par Pezzaiia, Hist. de Parme, vol. m, déc. VII, 9, mérite d'être lue daus son entier à cause du patronage illimité qu'elle proclame.
Lorsque Napoléon, en 1807, convoqua l'assemljlée des Israélites à Paris, cette délibération fut prise à l'unanimité : « Les députés Israélites de l'empire IVan- « çais et du royaume d'Italie, pénétrés de reconnaissance pour les bienfaits H continuels rendus par le clergé cbrétien aux Israélites dans les siècles passés, « et pour l'accueil bienveillant fait par les pontifes et beaucoup d'autres ecclé- « siastiques aux israélites lorsque la l)ar])arie, les préjugés et l'ignorance les « persécutaient et les chassaient de la société, décident que l'expression de ces « sentiments sera consignée dans le procès-verbal, afin qu'il reste un témoi- « gnage éternel et authentique de la gratitude des israélites de cette assemblée « pour les bienfaits que les générations précédentes ont reçus des ecclésiasti- « ques. »
En 1436, le duc de Milan permettait à une famille de juifs de Mantone de s'établir à Cônie pendant dix ans, avec ses agents, associés, etc. L'office de jnovision, c'est-à-dire la municipalité de Corne, s'y opposa; mais le duc maintint la concession, avec faculté d'ouvrir une banque, de prêter à G deniers par livre au mois, outre l'exemjjlion de toutes charges réelles et personnelles, mais sous l'obligation de payer à la comnuuie 25 florins par an. Les Comasques, contraints de céder, établirent que les juifs porteraient une marque distinctive. (2) Jean Yillani, vn, 53.
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