‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 55 sur 352 · J8 I BANQUIERS. LOMBARDS · texte numérisé non relu

J8 I BANQUIERS. LOMBARDS

Les Lombards étaient favorisés et odieux autant que les juifs ; les lettres lombardes, \)?lv lesquelles la chancellerie française leur accordait l'autorisation de commercer, étaient taxées au double des autres; on les reléguait dans des quartiers distincts et fermés, semblables à des lieux de séquestration , et de temps à autre ils se voyaient dépouillés violemment ou expulsés. Une ordonnance du 6 janvier 1-477 invitait les habitants d'Amsterdam à retirer leurs gages des maisons lombardes avant le mardi gras, en les dispensant de payer l'intérêt de l'argent reçu.

Les Florentins s'appliquèrent particulièrement à cette industrie; les Frescobaldi, les Bardi et Peruzzi, les Capponi, les Âciciaïuoli, les Corsini, les Ammannati, tenaient les maisons de banque les plus fameuses d'Angleterre et des Pays-Bas. La maison des fils de Caroccio des Alberti avait, de 4348 à 1357, des succursales à Avignon, Bruges, Naples, Barletta, Venise et ailleurs, qui payaient ou recouvraient les sonmieS à transmettre à la cour pontificale d'Avignon, ou bien à diverses places de France, de Flandre, d'Allemagne, 4'Italie ; en même temps, elle faisait le commerce en gros de draps qui, de Bruxelles, de Gandet d'antres villes de Flandre, de France et d'Angleterre, étaient expédiés par leur maison de Bruges à l'entrepôt des draps de Florence, par la voie de Paris, Marseille, Nice, Pise (1).

Habiles comme ils étaient, faut -il s'étonner que Ifes Italiens fussent employés par les princes en qualité de conseillers et de ministres des finances? Les rois, d'ailleurs, ne pouvaient rien entreprendre sans s'être assuré d'avance des ressources chez le banquier. Beaucoup de sénéchaussées de la France méridionale étaient affermées à des compagnies de Lombards, qui entreprenaient ces opérations financières. A Lyon, des maisons de Florence, de Lucques, de Gènes, faisaient sur une grande échelle le commerce d'exportation et d'importation des tissus de laine et de soie (2), et la rue où se trouvaient leurs banques conserva le nom des Gains; les familles françaises qui veulent pouvoir insérer la croix dans leurs blasons viennent chercher des preuves , à défaut d'autres documents , dans les grands-livres de commerce de Gênes, de Pise, de Messine,

Ces banques recevaient en dépôt des capitaux de seigneurs et de princes. Les fils d'Obizzo d'Esté, en 1293, firent signifier aux

(1) Pac.:<i>i, II. 64i

(2) Mdiii. des Antiquaires de France, nouvelle série, XVIII, 4(j".

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