‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 60 sur 352 · PRIVILÈGES · texte numérisé non relu

PRIVILÈGES

1192, il leur accorde de grands privilèges, parmi lesquels se trouve la promesse , dans le cas d'un naufrage sur ses côtes , de faire resîituer tout ce qu'on aurait enlevé du navire, et de rien garder de tout homme qui mourrait, même ab intestat.

^n 1169, Boémond IH, prince d'Antioche, donne aux Génois tout ce qu'ils occupent dans Antioche, Laodicée et le port de Séleucie, c'est-à-dire, dans Antioche, une rue avec l'église de Saint-Jean; dans Laodicée, l'entrepôt, la rue qui l'entoure, avec le tiers des revenus du port : mêmes faveurs pour Laodicée. «S'il fait d'autres acquisitions, il leur accordera la même chose qu'ils ont dans Laodicée, et, s'ils reçoivent quelque injure, il sera fait justice dans les quarante jours. Il leur est permis de trafiquer dans tous les pays qu'il acquerra avec leur concoure; il fait tout cela d'après le conseil de ses barons, parce qu'il aime les Génois et désire les voir fréquenter autant que possible son royaume et y demeurer. En reconnaissance de ce privilège, le très-noble Lanfranc Albéric, légat du sénat et des consuls, promet, tant en son nom qu'au nom de la commune de la fameuse cité de Gênes, de l'aider à accroître ses possessions et à les défendre (1). »

Dans quelques villes, comme à Tyr, les Génois participaient au droit de chaîne que payait tout navire à l'entrée ou à la sor^ tie. Selon l'esprit d'exclusion de l'époque, chaque compagnie cherchait à prospérer au détriment des autres, et à s'assurer par le monopole de grands profits (2). Nous avons conservé un grand nombre de pareils traités , soit des villes entre elles, soit des princes, qui s'empressaient de les souscrire, parce qu'ils assuraient à leurs pays un passage lucratif; mais l'intervention du pape, qui punissait les violateurs par des interdits et des excommunications, avait plus d'influence que les décrets et les tribunaux.

Le grand nombre des pirates, surtout barbaresques, exigeait que le commerce ne se fît pas sans armes, et tout navire devait en avoir une bonne provision. A Gênes, une loi de 1291 punissait d'une amende de 10 livres le marchand qui naviguait au delà de

(1) Ughelli, Italia sacra, tome IV, col. 871. Il aUribue à tort cette charte à Boémond II.

(2) Si l'on aime les détails minutieux quant aux traités de commerce, toujours fondés sur la jalousie et l'exclusion, il faut chercher dans le Liber juritim, tomel, p. 851, celui de 1229 des Génois avec les Marseillais, et l'autre des mêmes peuples, du 9 novembre 1251, qui remplit seize colonnes des Monum^ fiist. patria'.

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