‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 61 sur 352 · COMMERCE MARITIME · texte numérisé non relu

COMMERCE MARITIME

Portovenere sans être muni de bonnes armes pour lui et l'équipage, outre cinquante grosses flèches dans le carquois. A Venise, chaque marin devait avoir un casque de cuir et de fer, un écu, une jaque de mailles, un coutelas^ une épée et trois lances. S'il recevait plus de 40 livres de salaire, il était obligé d'y ajouter la cuirasse, et le pilote, une arbalète avec cent flèches (1). Voilà pourquoi nous avons vu les négociants italiens prendre une si grande part aux croisades et faire des conquêtes, ou bien assouvir dans des mers lointaines les haines fratricides de la patrie.

Les compagnies de commerce continental cherchaient aussi leur sécurité dans l'usage des armes, qu'elles employaient parfois sur des champs de bataille. Albert Scotto, fameux tyran de Plaisance, était à la tête d'une forte compagnie des Scotti, qui, en 4299, obtint l'autorisation de trafiquer avec les agents du roi de France sur les foires de la Brie, de la Champagne ; cette compagnie, composée de quatre cents cavaliers et de quinze cents fantassins , combattait quelque temps après sous les drapeaux de ce roi (2).

Le commerce maritime fut toujours le plus important, La décadence de Rome accrut l'activité de Constantinople, qui, étendant la main droite vers l'Archipel, la gauche vers le Pont-Euxin et les Palus-Méotides, avec l'Asie Mineure en face et l'Europe derrière, paraît destinée à devenir le centre du négoce de tout notre hémisphère. Les marchandises d'Orient y étaient amenées de l'Egypte, ou les Byzantins eux-mêmes allaient les chercher dans l'Inde, la Perse , peut-être encore dans la Chine. La première irruption des Arabes, devenus mahométans, ne pouvait que ruiner le commerce ; mais ce peuple lui-même s'y adonna partout où il étendit ses conquêtes. Il fonda Bassora, qui éclipsa Alexandrie ; après avoir occupé l'Egypte, il ferma la mer Rouge aux Byzantins, qui durent lui acheter les denrées de l'Inde, désormais indispensables, ou faire un immense détour pour atteindre ces régions, au point de monter jusqu'à Kief, en Russie.

(1) Impositio officii Gazariœ, p. 326; Capilttlarc nauticum, cli. xxxv.

(2) POGGIALI, Hist. de Plaisance, tome VI, p. 31 ; TiGRiMi, Vie de Castruccio. Buoiiaccorso Pitti trafiquait en Picardie, lorsque les Anglais y débarquèrent e» 1388 : « Je m'associai, dit-il, avec un Luquois et un Siennois,et nous allâmes à nos frais, avec trente-six chevaux et bien armés, dans ladite armée, sous la bannière et le commandenient du duc de Bourgogne. « {^Chronique, p. 34.)

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