‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 62 sur 352 · COMMERCE MARITIME · texte numérisé non relu

COMMERCE MARITIME

Les croisades^ en commençant à faire regarder l'Europe comme une seule nation, unirent les hommes dans des entreprises communes, les rapprochèrent des pays aux denrées précieuses, accrurent les gains et les privilèges des cités maritimes, qui protégèrent les spéculations avec l'étendard de la croix; puis les territoires fractionnés par la féodalité se groupaient pour constituer de grands États, et les communes parvenaient à cette liberté qui encourage à chercher les améliorations. Les Amalfitains et les Pisans d'abord, puis les Génois et les Vénitiens, devinrent les principaux, sinon les uniques facteurs du tratic européen (i). Du Nord, par la petite Tartarie, ils voituraient du chanvre, des bois de construction, des cordages, de la poix, du suif, de la cire, des peaux, concluant plusieurs traités avec les Mongols, successeurs de Gengis-Khan et d'Oktai, qui avaient conquis la Russie, la Pologne, la Hongrie et la Moldavie, et auxquelsils achetaient le butin et les esclaves., Gomme le passage de l'Inde par FÉgypte leur était fermé, ils s'y rendaient par la grande mer, comme ils appelaient la mer Noire, dans laquelle le Tanaïs, le Borysthène, le Dniester, le Danube, déversaient les productions variées de contrées fort étendues, peu accessibles par terre. La voie principale était la Tana, c'est-à-dire Azof, à l'embouchure du Don, où, d'un côté, se trouvait la Moscovie, de l'autre, l'Arménie, l'Arabie, la Perse, à travers lesquelles on pouvait arriver au Mongol et à la Chine ; là Gênes, Venise, Florence et d'autres villes avaient des entrepôts.

Les Vénitiens, pour arriver de la Tana au Gathay, devaient laisser croître la barbe, avoir un bon interprète et des serviteurs qui connussent le tartare ; ordinairement un marchand avait avec lui, en argent et marchandises, pour une valeur de 25,000 ducats d'or, et la somme de 300 à 330 suffisait à défrayer des dépenses jusqu'à Péking, y compris le salaire des serviteurs (Pergolotti).

Constantinople, capitale oisive et corrompue d'un État sans industrie, voyait dans le commerce moins un élément de prospérité publique qu'une source de revenus fiscaux ; les spé-

(1) MarSIGLI, Rlcerclie siil commercio veiieto; Fanucci, Sloria de' tre cclebvl popoli marittimi tleW Italia, vol. IV; Pagnini, Délia décima dclla mo/ieta e délia niercalura de' Fiorentiiil fino al secolo XVI, Lacques, 1765; Serra, Discorso sopra il commercio , la navigazione et le arti dei Genovesi; Charlks Pagano, Délie imprese e del dominio de' Genovesi nella Grecia; Gènes, 1852.

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