‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 65 sur 352 · COMMERCE DE GÊNES. H · texte numérisé non relu

COMMERCE DE GÊNES. H

sette et Damielte, de s'établir même au grand Caire, et de conclure des traités favorables avec les soudans de ce pays. Dans le Levant, la colonie de Péra dirigeait, au moyen de ses magistrats, les contrées les moins distantes; celle de Caffa, les plus éloignées. De la première relevaient la marche des Zaccaria, la Phocide des Gatilussi, l'Achaïe des Centeri, autrefois la Canée de Candie, puis un grand nombre d'iles et de ports dans l'Archipel, Famagouste et Limisso avec d'autres localités en Chypre, Gassandrie, Aïnos, Salonique, la Gavalla dans la Macédoine, Sophie, Nicopolis et d'autres dans la Bulgarie, Suczawa en Moldavie, Smyrne , Phocée ancienne et nouvelle dans l'Asie Mineure, Altoluogo et Sétalie chez les Turcs, Kars , Sis, Tarse, Lajazzo dans les deux Arménies, enfin Héraclée, Sinope, Castrice et Ackerman dans la mer Noire. Le gouvernement de Caffa s'étendait sur les possessions de Khazarie , sur Taman avec sa péninsule, Copa en Gircassie , Totatis en Mingrélie, Kubatscka dans le Daghestan , le château près de Trébizonde, l'entrepôt de Sébastopol, le grand marché de la Tana, et sur les caravanes qui se dirigeaient vers le nord et le centre de l'Asie. Le consulat de Tauris en Perse , peut-être indépendant des autres, devait encourager et régir le trafic de l'Asie méridionale ; la prescription la plus importante défendait donc aux marchands génois de s'associer avec des étrangers.

L'Angleterre, principalement, vivait en bonne intelligence avec les Génois, et ses rois les plus belliqueux, Edouard III et Henri V, leur témoignèrent une bienveillance spéciale; ils leur confiaient des emplois élevés et les indemnisaient des pertes que les corsaires leur avaient fait éprouver. Par un décret de Henri VI, les laines d'Angleterre et d'Irlande ne pouvaient être exportées que par Calais, ville française alors au pouvoir des Anglais, et dont ce roi voulait gagner l'affection au moyen de ce privilège ; mais il excepta de cette mesure les marchands génois, vénitiens et florentins. Lorsque Gênes se soumit à la France, elle se vit fermer cette île, ennemie de ce royaume; néanmoins elle y envoya comme ambassadeur Jean Serra, qui vit les luttes des York et des Lancaslre ; admis à l'audience royale, il exalta si bien la paix et les avantages du commerce avec les nations éclairées, sans oublier de vanter la bienveillance de l'Angleterre envers Gênes, que les grands firent entendre des applaudissements. Le roi lui-môme voulut que ce discours fût écrit et devînt le préambule de la nouvelle paix, par laquelle il

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