‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 67 sur 352 · LES VÉNITIENS EN EGYPTE ET DANS LE LEVANT · texte numérisé non relu

LES VÉNITIENS EN EGYPTE ET DANS LE LEVANT

d'où il parvint à les expulser ; il le secourut encore contre les Turcs, qui s'approchaient toujours davantage. Les incessantes luttes des partis nuisaient aussi à l'établissement de Galata; les guerres empêchaient de l'approvisionner, et il arriva même que les Gibelins s'entendirent avec les Turcs pour causer la ruine de leurs compatriotes de cette colonie.

Les Vénitiens et les Génois n'avaient pas cessé de lutter pour obtenir de plus grands privilèges de l'empereur de Constantinople, et, dans ce but, ils favorisaient tantôt un compétiteur, tantôt l'autre. Venise ne faisait que renouveler les traités précédents, qui, sous le nom de trêves, duraient cinq ou dix ans (1) ; mais les Génois, maîtres de Galata près de Constantinople, avaient les moyens de se faire respecter; tout nouveau traité leur valait donc une concession nouvelle. Dans celui de 1382, ils stipulèrent qu'ils ne seraient pas tenus de servir en armes l'empire grec, pas même pour recouvrer des forteresses prises ou assiégées par les Turcs; par cette neutralité, ils voulaient échapper à l'inimitié de ces nouveaux conquérants.

On fait honneur à Henri Dandolo, doge et historien de Venise, d'avoir rouvert l'Egypte au moyen d'une ambassade expédiée au Soudan de ce pays, en lui offrant sa médiation pour régler un différend qu'il avait avec les Tartares. Les Vénitiens s'établirent surtout à Alexandrie, où les marchands de l'Inde arrivaient sur des chameaux traversant la croupe des hauteurs qui séparent le golfe Arabique du Nil , dont un canal facilitait les communications avec la mer Rouge et le Caire. Des caravanes annuelles apportaient à cette ville, de l'Afrique intérieure, des gommes, des dents d'éléphant, des tamarins, des perroquets, des plumes d'autruche, de la poudre d'or, outre les nègres qu'elles amenaient ; de là partaient deux caravanes, dont l'une se dirigeait vers les villes saintes de l'Arabie , et l'autre vers le mont Sinaï , voyages qui leur offraient l'occasion d'utiles échanges. Un grand nombre d'Européens traversaient l'Egypte avec les caravanes ; mais les négociants qui abordaient dans le port d'Alexandrie, surveillés de près , devaient enlever les voiles et le timon de leurs navires, et leurs noms étaient enregistrés. Les mameluks, dont tous les revenus consistaient dans les droits d'entrée, favorisaient les Vénitiens qui, à leur tour, leur témoignèrent beaucoup d'égards; mais des conflits venaient-ils à

(1) On en connaît de 1802, 10, 19, 24, 32, 35, 42, 60, 62, 82.

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