OPPOSITION
bras et des mains, prodigue de sueur non nioins que de savon; finalement, elle passe à l'eau claire au moyen de quatre frottements, trois secousses, deux lavages, et retire son linge plus blanc et plus beau qu'il n'était auparavant. »
La foule pressée contenait à peine ses applaudissements ; quant au prédicateur, en prenant congé de ses auditeurs, il parle de son amour qui est devenu géant en peu de jours, parce que leur attention lui a servi de nourrice. Va emmaillotté, mis au berceau ; détourné du sein par Valoès de l'amer départ y il se repaîtra, comme d'hahitudCy de V aliment de sa puissante affection; le désir de les revoir est une grossesse avancée, et il restera avec les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que la grâce du ciel lui serve de Lucine pour engendrer un nouveau carême mâle. Une fois, il entame un procès en règle contre le riche ; dans un sermon, il expose le jugement universel, divisé en actes et en intermèdes; dans un autre, il édifie un monument triomphal pour la )*ésurrection du Christ. Ainsi, le père Caminata, à Saint-Pierre du Vatican, érigea, dans son premier sermon, la statue de L'Ambition; puis, dans chacun des suivants, « il lui donnait quatre coups de marteau » pour en effacer les vices.
Albert Alberti, de Trente, justifia la Compagnie de Jésus des imputations de Gaspard Scioppius avec tant de chaleur, que celuici, se voyant serré de près et démasqué, en mourut, dit-on, de douleur; il écrivit encore AcHo in eloquentiœ cumprofanœ tum sacrœ corruptores ( Milan, 1651 ), abusant des formes même qu'il condamne. Frédéric Borromée, dans un opuscule qui blâme ce genre de sermons, raconte qu'un prédicateur, en expliquant la tentation de Jésus-Christ, alors que Satan lui montrait tous les royaumes de la terre, fit un cours de géographie -, un autre tira un stylet de dessous sa tunique ; un troisième, en s'écriant qu'il ne pouvait plus résister à tant d'horreurs , fit un mouvement pour s'en aller, dans Tespoir que le public l'arrêterait; mais, comme personne ne bougea, il dut reprendre sa place.
Dans le Jowrnfl/rowzam d'un catholique austère, de 1640 à 1650, nous lisons : « Avec le carême la comédie finit dans les maisons « et les salles, pour commencer dans les églises et les chaires ; « la sainte occupation .de la prédication sert à satisfaire la soif (( de célébrité ou l'adulation. On enseigne la métaphysique, que « le prédicateur entend peu, et l'auditoire pas du tout; au lieu « d'instruire et de corriger, on débite des panégyriques dans le a seul but d'obtenir de l'avancement. Le choix du prédicateur ne