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CHAPITRE CLVIIl

■OBALGS ET PHlLOSOPBIQIIEe. ËCONOHIE. BISTOIRG.

i de mouvement philosophique ne fut pas une des derras causes de la futilité littéraire. Les humanistes, les platoiens.les nouveaux péripatéticiens, les nouveaux pythagoriciens, mystiques, les stoïciens et les sceptiques avaient livré des luts divers à la scolastique, qui sous l'appareil de l'argumenta- I cachait souvent la nuthté et tournait toujours dans le même cle.

.e Modénais Mario Nizzoli (i) combattit la logique et la méta- 'sique du Stagirïte, non moins que les idées de Platoii, en accord avec lés faits ^ au langage barbare des écoles il chérit à substituer le langage commun et des étymologies claires;

EKlZZè. TELESIO. Srif

Leibniz Toffrit donc comme exemplum dictUmis philosùphise reformat».

Le Vénitien Sébastien Ërizzo soutint la méthode analytique (di^ i^ss. visive], appelée par Platon un don et un enseignement des dieux; mais les attaques partielles furent moins funestes à la scolastique que la réforme qui, introduisant le doute etTexamen, fit remplacer le ipse dixit par la discussion contradictoire des faits. Non contents de détruire, quelques-uns voulurent substituer au vieil édifice d'artificielles combinaisons de systèmes anciens et d^ventions personnelles. Le royaume de Naples fournit surtout des penseurs originaux; mais à peine affranchis de la scolastique, ils s'abandonnaient à Tenthousiasmè , au goût de Textraordinaire dans Tordre des idées et des faits, aux aberrations ontologiques, mêlant la jactance critique à la superstition et à l'incrédulité, avec une turbulence indisciplinée, qui se manifestait même dans leur manière de vivre.

Bernardin Telesio, de Cosenza, après avoir étudié dans la re- 1599-88. traite jusqu'à l'âge de soixante ans, publia un traité de philosophie naturelle ( De rerum natura juxta propria prinâpia)} débarrassant la physique d'Aristote des commentaires, il réduit les principes à trois, un corporel, qui est la matière, et deux incorporels, la chaleur et le froid, non-seulement actifs, mais conscients de leurs actes et de leurs impressions réciproques. La chaleur unie à la matière la plus subtile réside dans les cieux, et le froid dans le centre de la terre, où la matière a plus de densité; l'espace intermédiaire est le champ de leurs batailles. Il émet des idées nouvelles sur le mouvement des corps, la chute des graves, l'angle , d'incidence et de réflexion de la lumière, la direction des rayons dans les miroirs concaves ou sphériques. Avant Descartes et Bacon, auxquels on attribue le mérite d'avoir ramené les esprits à Texpérience et à l'induction, Telesio, fnterrogeant la nature et s'aftranchissant des préjugés fondés sur l'autorité et des maximes a priori déclarait, comme les modernes, qu'il fallait étudier les sciences naturelles selon leurs principes propres; aussi Bacon l'appelle le premier des novateurs.

Giordano Bruno de Nola participait à ces mérites. Las de la 1559.1000. vie de dominicain et de la tyrannie qui pesait sur l'ItaUe, il se rend à Genève, où il soutient une lutte contre Calvin et Théodore de Bèze, dont il embrasse les doctrines, mais sans accepter leurs restrictions. Considéré comme sceptique, il est persécuté; il quitte la chaire pour aller combattre en France, en Angleterre et dans

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plusieurs académies d'Allemagne les partisans d'Aristote> sans jouir dans aucan lieu de la tranquillité, peut-être à cause de son orgueil excessif (1). Intelligence très-perspicace, versé dans Je grec et la philosophie ancienne, d'une imagination vigoureuse^ mais effrénée^ il soutient la liberté originelle de philosopher ; seulement^ il ne sait pas maîtriser son sujets ni s'arrêter à temps. Ses ouvrages sont affublés de titres étranges, comme la Cabale du chevcU Pégase, la Cène des cendres; le dernier est un dialogue sur la théorie physique du monde, dans lequel il soutient Ck>perDic^ dont il loue non moins l'érudition que le courage (2); toutefois^ il

(1) Bruoo éUit très-reconnaissant envers les princes ses protectears; voir son Oratio consolaioria, ?iabitain Ulustri academia Julïa, in fine solemnissimarum exsequiarum illustrissimi et potentissimi prindpis Julii ducis Brunsviàensium, \^ julii 1589, Belmstadii. En parlant de lui-nnème, il dit : In mentum ergo, in mentem^ Haie, revocato, te a tua patria, honestis luis rationibus atque studiii pro veritate exulem, hic civem; ibi gulx et voracitali lupi romani expositum, hic liberum; ibi superstitioso insanissimogue cultui adslrictum, hic ad reformatiores ritus adhortaium ; illic tyrannorum violentia mortuum, hicoptimi principis amœnitate atque jus titia vivum. Scrive ad excellentissimum academix Oxoniensis procancellarium, doctissimos doctores atque celeberrimos magistros, Philopheus Jordanus Brunus notanus, magis laboratœ theologiœ doctor; purioris et innocux sapientiœ projessor \ in prœcipuis Europœ academiis notusy probatus et honorifice exceptus philosophus ; nullihi prxterquam apud barbares et ignobiles peregrinus ; dormitantium animorum excubitor ; prsesumptuasx et recalcitrantis ignorantiâs domitor; qui in actibus domitor; qui in actibus universis gêneraient philanthropiam protestatur; qui non magis Italum quam Britannum, maretn quant fœminant , milraium quant coronatunty togatum quam armatum, cucullatum hominem quam sine cuculla vi^^m ; sed illum, cujus pacatior, civilior etuiiliorestconversatio, diligit; qui non ad perunctum caput, signatum frontem, ablutas manus, et circumcisum penem^ sed (ubiveri hominis faciem licet intueri) ad animum ingeniique cuUuram maxime respicit ; queni stultitix propagatores et hypocritunculi detestantur, quem probi ^ studiosi diligunt, et cui nobiliora plaudunt ingénia.

(2) Heic ego te appello, veneranda prxdite mente, Ingenium eu jus obscuri infamia sxcli

Non tetigit, et vox non est suppressa strepenti Murmure stultorum, generose Copernice, cujus Pulsarunt nostram teneros monumenta per annos Mentent, cum sensu ac ratione aliéna putarem, Quœ manibus nunc attrecto teneoque reperta, Posteaquam in ^ubium sensim vaga opinio vulgi Lapsa est, et rigide reputata examine digna, Quantumvis Stagyrita meum noctesque diesque Grxcorum cohors, italumque, arabumque sophorum

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