DES ITAL. — T. IX
386 G&AVINA.
et leè circonstances au milieu desquelles il parvint à taat de grandeur, il s'occupe des faits particuliers au milieu desquels se développa la législatiOQ ; en un mot , selon le désir de LeîtMiiz , il trace l'histoire interne et eiteme. Dans le second livre ^ il traite de l'origine du droit naturel et des gens, qu'il rattache aux Dotice Tables et aux lois de l'Âttique; il expose dans le troisième cette pariie surtout de lois privées défectueuse même dans les Douze Tables, et qui, soit à cause de l'obscurité ou de l'ambiguïté, avait besoin de l'autorité du peuple, comme les dispositions sur la manumission, les tutelles, le mariage, les testaments, la dot , les fideicommis. Il termine en disaut que les lois romaines, bien qu'elles soient en partie vieillies et hors d'usage , contiennent tant de rectitude, qu'il est impossible qu'elles périssent et ne se reproduisent pas chez tous les peuples civilisés.
Cette unité géométrique, au moyen de laquelle on voit les causes externes et internes préparer et développer le droit romain comme loi, puis coinme science, lui fait défaut; mais la hardiesse de la nouveauté lui fait pardonner quelque pédanterie de principes. Du reste , il fut le premier qui écrivit systématiquement l'histoire du droit romain extérieur, en distinguant les temps et les évolutions successives, qui font mieux connaître les jurisconsultes selon l'intention de leur doctrine; mais, bien qu'il ne considère pas la for- ^ mationd'un code comme un attentat à la liberté, ainsi que le fait l'école historique actuelle, il place le droit dans Thistoire. Ck)nnaissance du latin, bon raisonnement, notions exactes de l^histoire, telles sont les qualités que Gravina exige dans le jurisconsulte, et lui-même les possède, avec l'art de bien copier. Au lien de divaguer en paroles, il ramène la jurisprudence aux sources; mais., plus historien que philosophe , toutes les fois qu'il veut remonter des faits à l'idéologie et à la métaphysique du droit , il est incomplet, vacillant , et penche vers l'mhuuianité de Hobbes , puisqu*il admet le droit du plus sage , qui n'est , en detinitive , que celui du plus fort. Il ne s'aperçut pas combien la jurisprudence romaine avait gagné sous hntluence du christianisme ; en outre, il ne connut pas la jurisprudence caiiouique et celle de la féodalité aussi bien que le droit romain. 11 tourne en ridicule Barthole et Goffredo, mais après avoir puisé à pleines mains dans leurs travaux, comme il fit à 1 égard de Manuce , de Cujas et d'Hoffmann; ft son tour, il devint lui-même une source pour Hugo et Terrasson ; peut-^tre encore iuspira-t-ii Vico, qui s'occupa, lui aussi, d'introduire là philosophie dans le droit , en distmguant la jurisprudence pra-