VICTOR SIRI
Morigia^ dans les Familles milanaises; Pierre Crescenzi, dans la Noblesse d'Italie; Vedriani, dans les Cardinatuc modenais; et d'autres^ ce qui prouve combien Tart de la critique était rare.
L'ouvrage de Ludovic délia Ghiesa sur les Marquis de Salnces ( Turin, 1598) contient en appendice des éloges d'illustres familles du pays, Arbazzia, Barbetti, Biandrata, Garoli, Gastiglioni, Ghiesa, délia Torre, Gambandi, Leoni, Pevere, Romani, Saluées. Tiberga, Vacea, travail de Ghiesa lui-rnéme probablement^ bien qu'on l'attribue à un certain Gharles Ravano de Grémone. Antoine Filippini de Vescovalo en Gorse, persécuté par les diverses factions du pays, voulut transmettre à la postérité le récit des guerres de 1555 et 1564^ dont il avait été le témoin; il joignit à son travail trois anciennes chroniques de Jean délia Grossa, de Pierre Monleggiani et de Marc-Antoine Giccaldi^ formant ainsi une histoire de la Gorse. Les derniers sont très-crédules; quant à lui, il fait preuve d'une impartialité suffisante^ mais il est monotone. Pozzo di Borgo, lorsqu'il était ambassadeur de Russie en 1832, en fit faire une nouvelle édition à Pise, qui fut distribuée gratuitement à toutes les communes et familles importantes de la Gorse.
Victor Siri, bénédictin de Parme, qui commença jeune encore «as. un récit des événements journaliers, sort de la voie commune ; il se fit un nom, d'autant plus que l'italien était alors aussi répandu que le français l'est aujourd'hui. Dans les questions relatives à Mantoue et au Montferrat, qu'il discuta bien, il se montrait favorable aux Nevers et à la France; aussi Richelieu le favorisa et lui ouvrit les archives. Louis XIV le nomma aumônier et historiographe ; les cours de Florence et de Modène lui faisaient des présents; des ministres et des ambassadeurs le visitaient et lui fournissaient des renseignements de leur façon, afin de tromper la postérité. Outre les quinze gros volumes du Mercure politiqi^e (1635-1655), les huit àe Mémoires secrets (1601-1640) sont remplis de documents authentiques^ bien que recueillis avec peu de jugement. Sa narration est prolixe, il embrouille les événements^ et comme il vise aux pensions, aux colliers, aux emplois, il sacrifie la vérité ; puis, selon le vent, il ne craint pas de déchirer ceux qu'il avait d'abord exaltés. Le Génois Jean-Baptiste Birago Avogadro, auteur du Mercure véridique, va de pair avec Siri, et d'ailleurs tous les deux en vinrent souvent aux prises. Nous avons déjà parlé de Pallavicino et de Leti.
Venise, placée entre l'Europe et le Levant et centre du commerce, se trouvait dans des conditions favorables pour apprendre