CHAPITRE CLIX
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Les sciences positives, dont Téclat rachète de la décadence des lettres et du caractère national, furent mieux cultivées que les sciences morales.
L'intelligence humaine ne peut atteindre à l'origine des choses, et pourtant la recherche de cette origine est l'unique mobile de son activité. Cette curiosité, jointe à son impuissance relative, fait jouer à l'imagination un grand rôle dans les sciences qui, comme les mathématiques, ne se réduisent pas à une pure méthode. Les sciences naturelles, dansl'âge précédent, s'étaient donc égarées : au lieu de comparer les jugementsdes maîtres avec le manuscrit original de Dieu, c'est-à-dire le monde et la nature } au lieu de se livrer àTobservation des phénomènes moléculaires pour découvrir Taction des corps dans leur plus grande division, elles étouffaient les faits sous les argumentations, fondaient les assertions sur Tautorité, ou bien sur des expériences suggérées par des opinions dérivées d'un système préconçu d'idées, qui dominait alors toutes les connaissances.
On comprenait la nécessité de l'expérience et de l'observation , mais on suivait une mauvaise voie. Léonard Dandolo et Zacharie Contarini, sur les traces d'Averrhoès (1)^ comptaient les poils de
(1) Rossi lui-même, dans le Dictionnaire historique des auteurs arabes, fait d'Averrhoès le premier traducteur d'Aristote; mais aujourd'hui il est oer* tain que trois siècles auparavant ît avait été traduit en arabe, non do grec, mais du syriaque, et qu*Averrhoès ni tout autre Arabe d^Ë^H^ii^^ ^ connaissaient le