NATURALISTES
la tête du lion^ les plumes de la queue du vautour, et s'amusaient à constater que les abeilles manquent du sens de Fouîe^ et que les taupes ne voient pas. A quoi cela sert-il ? cela est-il vrai? Ces demandes, les naturalistes ne se les faisaient pas ; car illeur suffisait de les lire dans les compilations d'Athénée, d*Oppien, d'Élien^ de Pline^ à la suite desquels^ au lieu d'étudier les lois communes^ ils se livraient à des recherches de choses étranges et monstrueuses, comme si la nature était une succession irrationnelle de prodiges. Les particularités ne font pas science , disaient les écoles, et le savant aurait cru se rapetisser en étudiant la chute d'une pierre, l'éclosion d*un petit pois, les métamorphoses d'un papillon : on efit regardé comme un fou quiconque se. fi]lt hasardé à soutenir que les causes des phénomènes particuliers se découvrent par Texamen des faits habituels; que des lois uniformes régissent notre planète et les autres, la rotation du soleil et la pulsation de l'artère, l'explosion du tonnerre et les sautillements d'un morceau de papier à côté de l'ambre.
En conséquence, les sciences occultes prévalaient, et les premières éditions des livres sur cette matière sont presque introuvables, tant l'usage assidu les détruisait promptement. La Magie naturelle du Napolitain Jean-Baptiste deUa Porta peut nous en offrir un modèle : dans le premier livre, il traite a priori des ism-ims. causes ; dans le second, des opérations, c'est-à-dire des moyens de faire des choses étranges et des prodiges, comme de découvrir par Taiguille aimantée si une femme est chaste, de fabriquer une chandelle qui montre les hommes avec la tête de cheval; dans le troisième, il s'occupe d'alchimie, non sans de bonnes observations, surtout pour raffiner les métaux ; dans le quatrième , il est question de l'optique, et l'on y trouve la description de la chambre obscure. Non content de recueillir chez les anciens tout ce qu'ils avaient de merveilleux, il fit lui-même des expériences; puis, après des lectures et des expériences nouvelles, fortifiées par des voyages, il refondit son ouvrage en vingt livres, avec un plus grand souci de la vérité. Toutefois, il est certain que beaucoup de choses ne furent pas vérifiées par lui ; il se donne comme l'inventeur d'un certain nombre d'autres, tandis qu'il ne fit que les com-
grec. Au contraire^ il existait ane version d'Aristote entatin; l^aTerrhoïsme, si cultivé dans l'école de Padoue et intaie par Pomponace, qui néanmoins le réfute rontinuellement, ne dérive qu'indirectement d'Aristote; du reste, on y mêlait les doctrines néoplatoniciennes et les iaterprétolions des nestoriens.
M 4 HATCRALWTSS.
I^ler ouk» hasarder; en outre» quelques bonnes observatioas ne suffisent paa peur, te meHo^^a rapg, 4^8 répap^rateurs, hum <}tt'3 fut alors admiré et traduitn /
NéaQiiKiin$, la magie et la iDéd^cine ^aumaUir|;ique, tout en recherchant les parties les plus caehées et les ,plus étranges des animaux et des plantes, se trouvaient entraînées par Terreiir .iliéoie. à TMalyse et à rohservatioq. Les mus^ ou \'Qa vpyait des objets rares, et pour lesquels les charlatans fabriquaient des animaux fantastiques, aidaient à l'étude de l'bi^ir^ ja^turelle en en mettant sous les yeux les exemplaires;, eu outre, les nombreux .voyages dans4es régions inexplorées p^rsuadai^t qu,ç tout n'avait pas été dit sur ce sujet. Ainsi, à la sciepce^ faite a p^ori ou sur les tivrea, succédait celle qui se constitue sur r^périence et l'observation ; au lieu d'entassec des raisonnements, on rejcueiilait des faits; on commençait à élever des doutes sur les. alertions, à jaire l'aveu de son ignorance, à ne pas croire que oçUii qui parle de tout sait tout, à substituer le phénomène év^d^t h la conjecture hasardée.
Quelque^ naturalistes italiens concentrèrent leur atteption sur des points spéciaux, véritable méthode pour perfectionner les .sciences : Fablo Golonna, écu^it et pourtant obseryateur, traita des coquillages et de la pourpre; Pierre Olina, d'Ort^^^ de$ oisf^ux, avec des particularités fort intéressantes (1); Salvjani de Civita de Castello, des poissons. Fabrice d'Aquapendente^ avec une méthode scoiastique, mais non sans quelques bonnes observations , agita les .questions suivantes : Les animaux ont-ils un langage , et -lequel? A quel point diffèreit-il de celui de l'homme et des autres espèces? A quoi est-il employé? Gonimenii peut-pq le comprendre, et quel en est i'oi^ane (2)? Quant à savoir s'i^ peuvent/ récipro-
(1) Vccelleria^pvvero discorso délia natura e proprietà de' diversi uecelH, e in particolare di quelU the càntano; Rome» l«22, aveedes figurds de Tempesta et de Viiiamene.
: • ()) D'^écrif a»8. et de ^expérience, surtout de chasseurs et de bergers , il déduit que les^anioiauLx, en variant l'éinis>ion des^sons, font ce que nous faisons nous-mêmes avec les sons littéraux , et en forment d'élémeniaires de temps déterrniiié. Pour madifester certaines émbtions, ilsse servent dn -geste, da regard, du soMf.dn' cri, du langage. Ainsi, nn ciiien qui veut en divsser un autre d*un endroit où il désire se mettre commence à le reganier de travers, puis fait des mouvements signiticaUfs, puis grince des dents, et finit par aboyer. Les veirs 'et autres animaux intérieurs ne possèdent qiia- les deux. Dcemiers modes; ' certains poissons produisent' nn son au osoyen' des nageoires et des branchies. Fabrice refuse la voix aux înseotes, bien qu'il» exprima les. sentiments p^r des sons; les bœnfls, les cerfis et autres quadrupèdes, ont plutôt .une voix qu'un