BOTANISTES
une lettre de quatre pages ( Venise^ 1625) sur la géaération des plantes^ mit hors de débat l'analogie entre les semences et les œufs^ puis la destination des cotylédons ; mais la doctrine des sexes de Çesaipîno fut posée clairement par Crew^ et mieux encore par Camerario.
Marcel Malpighi de Crevalcore éleva la botanique à la hauteur ws-at. d'une science, appliquée aux progrès de Tanatomie et de la physiologie animales; dans VAnatomes plantarum idea, imprimée en 1671 aux frais de l'académie de Londres, il traita de la structure et du développement des semences avec un meilleur ordre et plus de concision que Grew. Gomme il était nouveau^ il dut analyser chaque partie dans les classes et les espèces diverses, récorce, puis le tronc, les rameaux, le bourgeon, les feuilles, les fruits et les fleurs, les racines, la germination, les monstruosités^ les avortons.
Nardo Antoine Recôhi de Montecorvo, archiatre de Naples, ayant obtenu de Philippe II les notes manuscrites de Hernandez sur la botanique du Mexique, en fit un ouvrage que Facadémie des Lîncei entreprit de compléter, niais qui ne fut imprimé qu'en 1615, au Mexique. Le point culminant de la botanique d'alors peut se voir dans les Tables philosophiques du prince Frédéric de Cesi, avec le sexe des plantes, le double système de leurs vaisseaux, les phénomènes des météoriques et des héliotropes, et les noms techniques qui leur sont restés; elles servirent de fondement aux systèmes de Linnée, de Trembley et de leurs partisans.
Octave Brembati, comte de Bergame, étudia la structure des fleurs et Tiafluence que l'atmosphère exerce sur elles; dans VAnthérologie et V Architecture des fleurs , il enseigna de bizarres dis-
oblongis prœsepiolU vel Hris laiens e pediculo ad pili circumferentiam protensiSt et prxcipue ex illis qui in saxis proveniunt (entend-il les lichens?), ubi decidente semine, feracitate seritur et pullulât, etc. Page 367 de rédition de Francfort, 1591.
Porta a devancé Lavater et Gall en enseignant que le corps reçoit l'empreinte des moiivemenls de i Âme, et que les mœurs dérivent du caractère et du tempérament ; selon lui encore, les dispositions intérieures peuvent se modifier en corrigeant la conformation extérieure; De humana physionomia. Il dit même que varii sunt plantarum bulbi qui animalium testes mentiuntur, prœ* serlim luxuriosorum.,. Natura, hominum generationi satagensy hac testiculorum imagine ad vires venereas, ad conceptum, ad prolem eas valere significavit. Liv. iv, c. 18. Et ch. i : Plantarum partes scorpionemintegrum présentantes r ^^ ejus morsus valere, El lir. m. c. 51 : Fructus uterum referentes et fructuum involucra, ad secundinas valere. Il s^exprime ainsi à chaque instant.
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positions pour les jardins. H publia également une Manière d* plaiter Us mines (1663). Camille Léonard de Pesaro ( Spéculum lapidumy 1503 ) et le Siennois Vanuccio Biringuccio (Pyrotechnie, 1546 ) ne savent guère plus que les anciens, bien que le premier défende les alchimistes, et que l'autre les combatte ; mais si l'Italie avait fait les premières recherches minéralogiques, TÂllemagne, grâce à ses plus grandes richesses en ce genre, l'eut bientôt surpassée.
Sixte-Quint, qui voulait entourer son pontificat de tous les genres d'illustration» décréta la formation d'une métallothèque au Vatican , riche déjà d'une bibliothèque et d'une imprimerie ; il iMt-M. en confia la direction à Michel Mercati de San-Miniato, qui la divisa en deux parties, orycta et metalleuia^ c'est-à-dire métaux propres et métallifères. La première comprenait treize divisions, terres, sel et nitre, allumine, sucs ftcres, sucs gras, substances marines, pierres semblables à la terre, pierres produites dans l'intérieur des animaux, pierres idiomorphes, pétrifications^ marbres, silex et fluor, pierres précieuses. Les six armoires de l'autre comprenaient : i^l'or et l'argent, 2** le cuivre, 3® le plomb et rétain, A^ le fer et Vacier, 5^ les substances qui se rapprochent des métaux et naissent d'elles-mêmes, &" les substances qui se rapprochent des métaux et qu'on trouve dans les fours. La salle consacrée à la collection était somptueuse , et la description ordonnée par le pape devait être aussi magnifique, mais plus utile; Mercati, dans ce travail, suivit la division des armoires en exposant les opinions courantes et les vertus de chaque corps, avec des planches d'une exquise finesse. Après la mort de Sixte-Quint, Clément YIII, ami particulier de Mercati, fit continuer l'ouvrage, qui fut oublié quand l'auteur lui-même eut cessé de vivre. £n i710, dans la bibliothèque Dati à Florence, on trouva le manuscrit de Mercati; Clément XI l'ayant acheté, chargea le médecin Lancisi de Tachever et de le publier. Lancisi eut de la peine à trouver dans l'immensité du Vatican la métallothèque de Mercati ; mais la collection avait été dispersée, et lorsque l'ouvrage parut, en 1717, il devenait inutile à cause des progrès accomplis à ce moment.
Les Italiens furent les premiers qui observèrent la merveilleuse structure de l'écorce du globe terrestre : la plupart, préoccupes des causes finales, croyaient que le monde avait été créé tel qu'il est, par la raison qu'il s'adapte le mieux possible aux habitants; mais ses irrégularités, signes évidents d'une altération violente de l'uniformité antérieure, n'échappaient pas aux observateurs. Les
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fossiles, restes d^animaux marins^ éloignés de la mer, d'où provenaient-ils? du déluge mosaïque^ répondait-on. Quelques savants les regardaient comme des jeux de la nature, et Mercati lui-même les réunit dans une armoire distincte, comme un a innocent amusement de la nature^ qui voulut nous donner les premières leçons de sculpture et de peinture ; » à ceux qui les tenaient pour des débris d^animaux^ il demandait triomphalement comment ils auraient pu être accumulés dans les abîmes et sur la cime des montagnes. Mais Cesalpino réfuta Mercati, son élève, et posa les premières bases des systèmes qui se fondèrent sur la composition ; car il distingua les fossiles en terres, sels et substances solubles dans l'eau, établissant ensuite des subdivisions selon les caractères les moins importants : par exemple, les terres en grasses, maigres, colorées, médicinales ; les pierres en roches, marbres, pierres précieuses et pierres produites par des corps organisés ou des plantes. Il suppose que les coquillages fossiles ont été abandonnés par la mer, en se retirant, et que les eaux thermales sont dues à la chaleur que les combinaisons chimiques et les combustions développent dans le sein de la terre ; il croit tous les minéraux susceptibles de se cristalliser en formes géométriques ; Toxyde de plomb, il le fait venir d'une substance aérienne, qui augmente le poids da métal ; c'est ainsi qu'il devinait les découvertes postérieures de - Haûy et de Lavoisier, comme il devança Harvey en indiquant la circulation du sang (i).
Déjà le Véronais Jérôme Fracastor, portant son attention sur *5Wle gisement des coquillages fossiles et les empreintes organiques du montBolca, avait déclaré qu'ils ne pouvaient être d'une même époque. Léonard de Vinci et Cardan partageaient cette opinion,
(1) Au mois de février de 1856, IM'ngénieur Qaintino Sella produisait devant l'académie des sciences de Turin un passage d'un discours, lu en 1688 par le docteur Dominique Guglielmini de Padoue : dans ce passage, le docteur reconnaissait que les cristaux ne sont pas des jeux de la nature, mais un efTet de forces moUéculaires, soumises à des lois constantes, invariables ; que les cristaux de la même substance sont des polyèdres, dont les angles dièdres restent toujours les mêmes, de manière quMl ne leur manque qne la proportionnalité des côtés pour être des polyèdres semblables; que tout cristal est un aggrégat de molécules ayant la même forme que le cristal ; que de la forme unique primitive des molécules dérivent celles qu'une substance peut revêtir, et qui sont déterminées par Conséquent. S'il avait songé à faire Tapplication du calcul à rétude des cristaux, il aurait devancé Rome de i'isle et Haiiy.
Jean Pona fit aussi une description des objets rares de Montebaldo. Imperato {Historia naturaU^ 1599) soutient que les polypes calcaires n'étaient pas de^ pierres végétales, comme on le croyait généralement.
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qui était combattue par Mattioli et Fallope ; Majolo supposait qu^ils avaient été lancés par des volcans^ comme le soutenait ensuîie Lazare Horo. Fabio Colonna distinguait déjà les coquillages fluviatiles dejceux de mer.
16S0-17M. I^ Messinois Augustin Scilla, peintre de Técole d'André Sacco et numismate zélé, observant dans la Calabre ces grandioses couches de testacés en partie déjà pétrifiés, en fit l'objet d'une étude opiniâtre, et les trouva identiques avec les coquilles actuelles des mers voisines de la Sicile; il exposa le fruit de ses recherches dans la Vaine spéculation détrompée par le sens^ avec vingt-huit plan* ches qui représentent les principaux fossiles de la Sicile et de Malte, coraux, nacres de perles, huîtres, serpules, vertèbres^ dents, en les comparant aux espèces vivantes. Naturaliste inexpérimenté, « Je sais peu (dit-il) et reconnais la faiblesse de mon a mérite; mais je ne veux pas vivre au hasard. J'ai pensé que le fk meilleur moyen de connaître les choses avec la plus grande a probabilité, c'est de commencer par les révoquer en doute. i> On ne lit plus son livre; mais alors il eut du retentissement. Plusieurs savants s'occupèrent ensuite des « corps marins qui se trouvent sur les montagnes; » tels furent, entre autres, Vallisnieri, Stelluto et le jésuite Cesi, mais sans poser de théories satisfaisantes.
L'Allemand Kircher vint étudier la géologie en ItaUe, et se fit même descendre dans le cratère du Vésuve (1); c'était un de ces talents universels qui ont besoin d'embrasser des idées complexes, telles que l'unité des nations, l'écriture universelle, la sténographie ; mais il sema ses livres de conceptions bizarres et futiles. Sa renommée s'étendit au loin, et des princes même protestants lui envoyaient de l'argent pour faire des expériences, outre des objets rares pour enrichir le fameux musée du collège Romain. Le Suédois Sténon, qui s'était fait catholique , s'occupa de la structure des terrains toscans avec un esprit plus scientifique; après en avoir le premier observé la stratification (2), il établit que c'étaient des dépôts horizontaux du fluide, divers dans leurs compositions, que l'exhalaison de vapeurs souterraines, ou l'ébiiinlement des lits supérieurs souleva en forme de montagnes et avec des inclinaisons diverses. Il trouva que le sol toscan fut deux fois
(1) Mundus subterraneùs ; 1662.
(2) De solido intra solidum naturalitei^ contenio. l\ est antérieur d'une année à Toiivrage de Schiller; la Protogea de Leibniz esl de 1683.