FINANCES PAPALES
militaires, rimprimerie du Vatican, Tuniversité de Rome, La congrégation du bon gouvernement dirigeait les intérêts économiques de la commune. La sacra Consulta révisait les affaires criminelles^ et réprimait les excès des barons et des gouvernants. Le tribunal des deux signatures , c'est-à-dire de grâce et de jus* tice^ statuait sur les recours présentés au pontife pour simple grâce ou bien en matière mixte , comme la restitution entière.
L'Église s'était toujours entourée d'ordres collégiaux, avec délibérations précédées de discussion ; ces consultes et la sacrée Rote, qui assistaient le pape, quelques-unes comme évéque dans les choses diocésaines, d'autres pour les affaires de l'État, le plus grand nombre pour le gouvernement de l'Église universelle^ avaient donc une apparence républicaine ; mais elles ne pouvaient résister à une volonté absolue comme était celle de Sixte-Quint. Il enrichit sa famille avec l'argent qu'il disait provenir de ses épargnes, et fit entrer par des alliances deux de ses neveux dans les familles Golonna et Orsini, avec privilège pour les maris de se tenir près du trône quand le pape officie^ et un rang supérieur à tous les gentilshommes romains. Dès lors, par envie ou par le sentiment de leur infériorité , les seigneurs se séparèrent des nobles du trône; ils formèrent même des ligues, qui sous ces deux noms continuaient à se combattre.
Restait l'autre plaie^ celle des finances. D'après les plaintes unanimes des étrangers sur l'or qui avant la réforme s'expédiait à Rome, on croirait que la chambre en regorgeait; mais il en arrivait si peu dans les mains des papes^ que Pie II dut se restreindre à un repas par jour et emprunter deux cent mille ducats pour l'expédition contre les Turcs. En 1474 on comptait jusqu'à six cent cinquante charges vénales', dont le revenu était évalué à cent mille écus (1) ; les produits restaient donc dans les mains des acheteurs. Dans les moments d'urgence (outre la ressource particulière des indulgences ) on ne savait que créer des charges et des titres nouveaux : Sixte IV en avait abusé outre mesure; Innocent VIII, contraint de mettre en gage la tiare, institua un nouveau collège de vingt-six secrétaires pour soixante mille ducats; AlexandreVl créa 80 expéditionnaires de brefs, chacun pour sept cent cinquante écus ; Jules II en ajouta cent pour les archives au même prix, et il fut loué pour avoir su trouver de l'argent en toute occurrence. Le splendide LéonX introduisit
(1) Manuscrit Chigî, cité par Ranke, liv. IV,