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FINANCES PAPALES

douze cents charges, de la valeur desquelles les acheteurs recevaient Tintérêt leur vie durant ; il faut donc voir dans ces opérations moins des ventes que des emprunts ou des rentes viagères, qui s'élevaient jusqu'au huitième du capital, lequel était amorti par une légère augmentation sur les taxes de la curie^ et par l'excédant de tout ce qu'on retirait des municipes, des mines d'alun , du monopole du sel et de la douane de Rouie.

Aujourd'hui que l'on considère comme habileté de faire des dettes, et comme prospère le pays qui en a le plus , on ne . voudra point condamner ces expédients , qui remplissaient les caisses du trésor sans grever de nouvelles charges l'État le moins imposé, d'autant plus qu'il n'entretenait pas de grosses armées, cette cause de ruine. Mais aussitôt que les caisses de l'État cessèrent d'offrir un excédant, les finances ^'écroulèrent ; soit à cause de la réforme ou de l'obstacle que les princes mirent à l'exportation de largent, Léon X les laissa tellement épuisées qu'Adrien VI dut surimposer chaque feu d'un demi-^ucat. Clément Vil recourut môme à un emprunt simple de deux cent mille ducats à dix pour cent, monte non vacabile , ou, comme nous disons aujourd'hui , dette consolidée, transmissible aux héritiers^ assurée sur les douanes.

Les papes qui vinrent ensuite grossirent ce capital : Paul III, renonçantà élever le prixdusel, établit le subside, impôt direct qu'il promettait d'abolir plus tard^ et qui se trouvait déjà dans d'autres pays, à Naples sous le nom de donativo^ à Milan sous celui de mensuale, etc. Ce subside était de trois cent mille écus , qui furent répartis sur Ms provinces, sans exemption pour aucune. Les villes firent de vives réclamations ; Bologne s'en racheta moyennant une somme payée comptant ; d'autres voulurent une remise partielle ou totale, de telle sorte que la caisse reçut à peine la moitié. Quoi qu'il en soit, les recettes de l'État, qui sous Jules II étaient de 350,000 écus, sous LéonX de 4^0,000, sous Clément VU de 500,000 , se trouvèrent à la mort de Paul III de 706,423 écus.

Dans les temps qui suivirent, comme il fallut aider les catholiques contre les protestants ou les Turcs, de nouveaux expédients devinrent nécessaires, et l'on frappa d'une taxe la farine, la viande, d'autres objets de consommation, dont le produit était assigné aux créanciers; ainsi, les charges croissantes des sujets profitaient bien peu à la chambre, et l'État pontifical resta grevé autant que les autres. Selon Leti, les revenusordinaires des papes

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