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UIST. DES ITAL. — T. II

âON PROCiS.

que^ lui vivant^ il ne serait point molesté. Les membres de l'acek— demie des Lincei firent imprimer l'Expérimentateur {Saçgiaior^^ 4029) et le dédièrent à Urbain YIII, qui, étant cardinal, avait iou^ en vers Galilée; non content de le recommander cfaaudemëat aïs grand duc (1), ce pape lui assigna une pension ^ ainsi qu'à son fils. Muni de l'approbation du maître du sacré palais, approbation sinon ravie, du moins obtenue au moyen de ces artifices que n'ignorent pas ceux qui ont affaire avec la censure, Galilée pubUa en 4032 le Dialogue sur les deux plus grands systèmes du monde^ selon Ptolémée et Copemie; dans ce travail, 11 donne sur le système du dernier des explications insuffisantes ou fausses, attribue au mouvement de la terre le fluf et le reflux (2), et ne sait pas écarter les conséquences absurdes, ce qui lui attira des réfutations de la part d'un grand nombre d'hommes éminents.

(1) Dileete flli, nobilis vir, saluttm et apastolicam benedietionem, THtmterumvi tt îegiomÊm robore-formidoloiam eue Strusei prine^ptUm potm^ iiam^ lialia quidêm cmnis faUiur : at etenim rematissim» etiam natianes felicem vocant nobilUaiem tuam ob subditorum gloriamac Florentinorum ingénia, Illi enim novosmundos animo complexi, etoceani arcana pate/or cientes poiuerunt quartam terrarum partent relinquere nominis stU monuwientum, Nuper autem dilectusJUius OaMxus wthêreas plaças inpressns ignotû sidéra iUuminavitt et planstarwm peneUralïa r«c/tMt/,i QuÊore , du» beneficum JovU astrum mioalHt in cœW quatuor novis assecliê comUatum, comitem œvi $ui laudem Galilxi irahet. Nos tantum virum, cvjus fama tu cœlo lucet et tétras peragrat, jamâXu paterna charxtate complectimur, NovimuÈ enim in eo non modo Merarum glori&m^ sed eiiam pietatiâstuditti»; iis^é arUbus pollet^ quibus Iponiificia voluntas facite demèretur. Nunc aulem, cum illum in urbem pontificatus nostri gratulatus reduxerit, peramanter ipsum complexi sumus, atque jucunde identidem audivimus florentine etoqùentiœ décora doctis disputationibus augentem, Nunc autem non patimur eumsine amplo pontificiœ charitatis commeatu in patriam redire quo illum nobilitatis tuae beneftcentia revocat, Exploratum est quibus prxmiis magni duces remunerentur hdmiranda ^us ingenii repertOf quiMedicei nominis g loriatn inter sidéra collocavlt, QUinimo non pauci ob id dictitant, se minime mirari tam uberem' in istacivitate virtutum esse proventum^ ubi eas dominantium magnanimitas ta,m ewimiis bene- . ficiis alit Tum ut scias guam chatus pontificix menti ille sit, honorifiçum hoc ei dare voluimus virtutis et pietatis iestimonium, Porro autem significamus saidtia nostrafote tmnia 'bénéficia, quibus eum ornahs nobilitas iudpatemam munificentidm non modo imitabitur,sed etiam fiugebit.

On trouve les preuves derces faits dans Jean-Baptiste Vemturi, Memorie e lettere inédite e disperse di GalUeo Galilei. Modène, 1818.

(2) Mais dans une lettre à frère Micanzio, de 1637 , il écrit : « Que direz -tous en comparant ces trois périodes lunaires avec trois périodes, diurne, mensuelle et annuelle, dans les mouvements de la mér, desquels, selon Topinion générale, la lune est l'arbitre et la surintendante? »

dON EMPRISONNBMISNT. 45i

Tandis jfâe Galilée et les savants se livraient^ sur cette matière^ à une polénûqae utile, les envieux excitaient Urbain YIII ; Galilée, lui disaient-^ils, après avoir été si bien traité, non-seulement manquait à sa proitietôe> mais le représentait lui-même dans ce dialogue sous les traits du grossier Simplicius. Ce pontife ren^ vo^a l^examettde'raffmre à une congrégation de cardinafux,qui le déféra 'à l'inquisition. Galilée avait reçu ^intimation, et la viola (I) ; le tribunal procéda selon les formes usitées alors.

Galilée^ cité à covnparaitre devant les inquisiteurs, fut enfermé im. « avec une bttiliidedt une commodité insolite; onhii assigna trois chambres,' avec' entière fàcnité de se promener dans de vastes espaces, et permission d'avcir un serviteur^ de jouir des rares avantages de la société de la courtoise maison de Fambassadeur et de^ rambassadrice (â) k> de Florence, Nicolini. Il pouvait aller dans des maisons dé campagne éloignées et faire des promenades à pied; puis on le mit dans la maison môme de cet àm1>assadeur. Les sophistes^ont 'imaginé des actes cruels icxercés contre' sa ' personne; lâfi^ons-lenr cette triste tâche (3). Ce grand

(1) VoTÔrë étail de I6l6, et nousavons de 1624 une lettre dans laquelle le ftytîtèftie de Copernic est appuyé dei'aisons mathématiques. -^ambassadeur Nicolini informe le grand -duc que raccusation consiste en ceci : « Bien que Galilée déclare vouloir traiter hypothétiquement du mouvement de la terre, néanmoins, dans les arguments quil rapporte à ce sujet, il parle et discourt ensuite d'une manière positive et concluante; il a donc contrevenu à la notification que le cardinal Beliarmin, par Tocdre de la congrégation de Tlndex, lui a transmise en 1616. » if 27 février 1633 \ Au moment même où Galilée était en état d*arrestation, le père Castélli lui écrivait qu'il avait lui-même un frère injustement incarcéré et condamné à Brescia, et se plaignait que inter hos judices vivendum^ moriendum, et quod est durius, taçendum. 23 juillet 1633; dans les Opère 4i Galileo Galileit tome IX, Florence, 1854.

^2)i.ettredeGeri Bpcchinieri. L'ambassadeur Nicolini « lui fit assigner, non les chambres secrètes où l'oii mettait d'ordinaire les délinquants, mais celles mômes iu fiscal de ce tribunal ; ainsi^ non-seulement il habite parmi les employés, mais il eyst encore libre d'aller dans la cour... Dans cette cause, on a procédé d'une 'manière insolite et généreuse... Néanmoins on sait que d'autres, bien qu'évêqiieS; prélats ou pourvus de bants grades, aussitôt quMls arrivent à Rome, sont enfiprmés dans le château ou les palais de l'inquisition, et' tenus avec une grande rigueur. » 16 avril 1633.

(3) Bernim*, dans \^ Histoire des hérésies, fait rester Galilée cinq ans en prison ; Pontécoulant dit que, même dana les cachots de l'inquisition, il soutint la rotation de la terre, et Brewster, qu'il fut retenu prisonnier ud an. Montucla cite d'apties écrivî^ins qui prétendent qu'on lui arracha les yeux. Libri a cherché récemment à raviver .ces accusations, que les Mémoires et les lettres publiés par Venluri avaient fait disparaître. Lltalie a bien assez de torts réels enver» • ses grands hommes, sans lui en imputer de faux.

4Sa 809 KMPEISONNEMENT.

homme dut assez souffrir de se voir coniraint à démcmiro^ ses opinions devant des geus incapables de le comprendre. La persécution 9 comme à l'ordinaire , eut des effets immoraux : les juges se déshonorèrent par leur présomption, et Galilée se. déshonora en abjurant des opinions dont il était convaincu , d'autant plus que sa rétractation faisait regarder la persécution comoie légitime. Il fut c condamné à Temprisonnement pour tout le temps qu^il plairait; » mais Urbain commua cette peine en une relégation dans le jardin des Médicis sur le délicieux Pincîo^ aveo obligation de lire, une fois par semaine, les psaumes de la pénitence. Il fut soulagé de cette t&che par sa fille, sœpr Marie-Céleste^ dont les lettres, qu^elle lui écrivait du couvent de Saint-Matthieu à Arcetri , remplies de tendresse et de piété, sont comme un charmant port de refuge au milieu des orages de l'époque et des siens. Rome savait donc respecter un grand homme, dont elle croyait devoir condamner les enseignements. Notre siècle a fourni bien d'autres exemples, sans même que la persécution fût justifiée par la conviction d'un avantage public. Galilée fut bientôt transféré à Sienne, dans le palais de rarchevôque, son ami intime; aussitôt que la peste eut cessé à Florence, il retourna dans sa villa d'Ârcetri, où il poursuivit ses travaux jusqu'au moment où il perdit la vue (1).

(i) Joseph Toaldo, professeur à Padoue, publia en 1748 le Dialogue sur le système de Copernic, qui était manuscrit dans cette unîTersité; il crut deToir le faire précéder de la protestation de Tauteur, accompagnée de la déclaration qu'on ne peut soutenir le mouvement de la terre que comme une hypothèse, et corrigea les passages où il est donné comme un fait absolu. Jusqu^en 1835, on trouve dans Tindex des livres prohibés Copernic et Astunica donec corri- ^an^ur ; Foscarini, Kepler, Epitome astronomie copernicanee; Galilée, Dialogue^ et omnes altos libros pariter idem docentes; mais en 1820 on avait permis de traiter de la mobilité de la terre, môme^ans recourir à Thypothèse.

Benoît Castelli, le 16 mars 1630, écrivait à Galilée : « Le père CampMiella, en s'entretenant ces jours derniers avec notre seigneur, lui dit qu'il avait eu certains gentilshommes allemands pour les convertir à la foi catholique, et qu'ils se montraient assez bien disposés ; mais qu'ayant appris la prohibition de Copernic, ils étaient restés si scandalisés, qu*il n'avait pu en rien faire; notre seigneur lui répondit exactement les paroles suivantes : « Ce ne fut jamais noire intention f et si cela nous eût regardé^ on n^auraitpas fait ce décret. » Le Opère di Galileo Galilei^ tome IX, p! 196^

Le 26 juillet 1636, Galilée écrivait d'Ârcetri à frère Fulgence Micanzlo : « J'apprends de Rome que Téminentissime cardinal Antoine et l'ambassadeur <t de France ont parlé à Sa Sainteté pour l'assurer que jamais je n'avais eu la « basse pensée de la vilipender, comme les scélérats de mes ennemis le lai <' avaient persuadé, ce qui fut la première cause de tous mes chagrins; à cette

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