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SES ELEVES

Le grand-duc^ qui n'avait pu le sauver des vexations, traitait Galilée avec la vénération dont l'entouraient tous les hommes, de près comme de loin. Ses doctrines se répandaient^ et^ ce qui était plus important, sa méthode; Rome^ une des premières, chargea de l'enseigner Benoît Gastelli^ son élève^ qui^ au moyen du calcul et de l'expérience, fortifia quelques-unes des vérités découvertes par le maître, en éclaircit d'autres ou les appliqua. Avant Hévélius, il montra l'avantage des diaphragmes dans les instruments d'optique; il reconnut que les corps, selon leur couleur, s'échauffent diversement au soleil, et il créa la science du mouvement des eaux. Il excitait les jeunes gens à étudier de préférence la géométrie, et put entraîner dans cette voie Gavalieri, Michel Ricci, Nardi, Maggiotti, Toricelli, qui faisaient progresser à Rome la philosophie expérimentale. Ces derniers, qu'il appelait fnon triumvirat, et Feri, Aggiunti, Soldani, faisaient le bonheur du vieux Galilée, qui, expirant dans les bras de Toricelli et de Yiviani, leur laissa l'héritage de sa doctrine et de sa iMi. mission.

L'astronomie grandissait; la nature, comme si elle avait voulu solliciter le désir de l'étudier, étalait des merveilles inaccoutumées. Le jésuite Grossi (De tribus comeiis) étudia le premier les comètes comme des planètes décrivant une immense ellipse autour du soleil. Ignace Dati, déjà mentionné, un des réformateurs du calendrier, découvrit {Traité de l'astrolabe^ 4568) les variations de l'inclinaison de l'écliptique, quatre ans avant que fût publié le De nova Stella de Tycho-Brahé, à qui l'on attribue le mérite de cette découverte.

Alphonse Borelli, que nous avons rencontré parmi les méde-

« discnlpatioii, il a répondu: Nous le croyons, nous le croyons, en ajoutant « néanmoins que la lecture de mon dialogue avait fait beaucoup de mal à la « chrétienté. »

Un post-scripium à cette lettre dit : « Depuis huit jours, je jouis de la très- « douce conversation du très-révèrend père Bonaventure Cavalieri, matbémati- « cien de l'université de Bologne, alter Archimedes, qui vous salue avec im « respect affectueux et vous présenle ses civilités. »

Le 16 août, il écrivait au même : « Quant au père mathématicien de Bologne, « c'est vraiment un génie admirable, et je crois qu'il vous donnera la preuve « du cas qu'il fait de votre estime et de votre bienveillance. »

Puis, le 18 octobre : « J'éprouve un grand plaisir que vous soyez satisfait de « mes rapports affectueux avec le père mathématicien de Bologne. »

Cela peut suffire pour réfuter Libri, qui fait de Cavalieri un ennemi et on plagiaire de Galilée, uniquement, à ce qu'il parait, parce qu'il le croyait jésuite, ' tandis qu'il était jésuate.

454 * BORELLI. HYDRAULIOUE.

oinsy et qui réduisît 1m éléments te Vawkmmgéométr». jt âeiix cents propositions {Eudidw retUMus), indiquait d^À »qiiâ.ie6. planètes et les satellites, dans leur mouvement , iecr ■ premières autour du soleil^ et les autres autour des planètes^ obéi^s^Eiif à une loi générale (i); que cette loi, dont k soleil est la^sfouro^^ he& .as*sujettit de telle sorte qu'ils ne peuvent s'éloigoer de leur ^i^entre d'action. Il soumit au calcul rappareocQ «et les niouvemeots des comètes, regardés comme anomaux ; sur celle de déceoibre 4664, il écrivait au père Etienne JDe Angeli, professeur d« mathésMfcttques à Padoue, qu'on n^en pouvait représenter le moufemeiKt jii par le système de Tycbo-Brahé, ni par celui dq Ptolémée»>maHSiseiiJk«nept par celui de Pytbagore; •qu'il avait compris par le calcul tqfu/^Iles décrivent autour du soleil une parM>oley et.que,^! l'on pou Fait l'o^rver longtemps, on reconnaîtrait une orbite elliptique l^)*-

Nous n'avons pas les démonstrations qu'il promettait ;i.a9ats il est certain qu'il devança Newton, de trois.lustres, et mit c^or lumière ce qui paraissait obscur à Dôrfel. Dans Ih Théorie^ des planètes Médicéennes, il s'abandonna aux hypothèses; n)ai$9^ en comparant les satellites à la lune, il fut le premier, qui .M nssige de la loi de l'attraction réciproque, la pluâ féconde que l'on pût appliquer à l'astronomie. Malheureusement, il ternissait sa ^oire par une envie maligne; banni à la suite du soulèvenp^t de Mes-^ sine de 1676, il se réfugia à Rome, oii la protection de Christine ne l'empécba pas de souffrir de la faim, jusqu'à ce qufil trouva un asile dans les Écoles Pies. .

L'hydraulique, si importante en Italie, était abandonnée à .de simples praticiens ; aussi , dans les grands besoins, on recourait à des astronomes et à de^ mathématiciens, qui âe trompi^^t d'abord par amour de la théorie, mais qui acquéraient bientôt de

<€5«, l'expérience et devenaient très habiles. Le .Perrar«is Nicolas Gabei écrivit sur cette science à la manière astiqué, bien qu'il énonçât des vérités nouvelles; il enleva à Galilée^ pour l'attribuer au Génois Jean-Baptiste Bulliani, la démonstration de la. vitesse

^"'1% croissante des corps graves. Dominique Guglielmini fui employé, par les Bolonais , ses compatriotes, dans le conflit avec Perfare pour le cours du Reno ; il traita de la natdre des fleuves et donna un procédé nouveau pour mesurer les eaux courantes. Mais les

(1) Sur les satellites de Jupiter^ 1666.

. (2) I^aDs une autre lettre du 4 mai 1665, au grend-duc, H répète que Jes comè|t,es,ne suiyent pas une ligue droite, mais une courbe semblable à la i^arabole. Zacii, Zeitschriftfûr Astronomie, vol. VIII, p. 379, aonée IjS^/» - '

TORIGELLI. 455

créateurs de la science hydraulique furent Castelli et Toricelli, élèves de Galilée. Le premier ouvrit une issue aux eaux stagnantes de rArno;.dans la Mesure des eaux courantes (1628), il fait la vitesse des fluides proportionnée à la hauteur dont ils descendent^ tandis que Toricelli prouva qu'elle est comme la racine de cette hauteur.

Ëvangéliste Toricelli de Faenza, professeur à l'université de *<^-*''- Florence, mort à trente-neuf ans, eut la première idée de la loi ingénieuse et utile, que deux poutres conjointes, de telle sorte que lé centre de gravité ne s'élève ni ne s'abaisse pour changer de situation, restent toujours en équilibre. Il reconnut que l'eau sort d'un orifice avec la vitesse qu'acquerrait un corps tombant du niveau de la superficie à celui dé . cet orifice : théorème fondamental pour le mouvement des fluides. Par de longs calculs, il détermina la courbe la plus favorable aux lentilles des lunettes d'approche ; il simplifia le microscope de Galilée, et peut-être aida-t-il à perfectionner le thermomètre, dont le grand-duc Ferdinand se servit le premier pour mesurer la v^ria-i tion de la température journalière. '•

Pourquoi l'eau, dans le siphon et là pompe aspirante , ne s'élève-t-elle pas au delà de trente-deux pieds? Les péripatéticiens se contentaient d'une phrase, Y horreur du vide, et Galilée avait cherché vainement une raison; Toricelli, par la force de l'induction, attribua ce phénomène à la pression de la colonne atmosphérique sur le liquide^ qui s'élève en proportion de ce poids. Il en fit la contre-épreuve en substituant à l'eau le mercure qui, treize fois plus pesantque l'eau, s'arrêta à un treizième de sa hauteur. Cette hauteur variera donc proportionnellement à la pesanteur de l'air, et le baromètre est dès lors inventé. Toricelli , informant Ricci de cette découverte , lui écrivait « qu'il pouvait avec son instrument , arriver à connaître quand l'air est plus léger ou plus pesant; » que l'air, « plus pesant à là surface de la terre, devient plus léger et plus pur à ifnesure que nous nous élevons sur la cime des plus hautes montagnes. » GlaudiB Bérigard employa cet instrument pour ipesurer la hauteur de la tour de Pise, cinq années avant que Perrier et Pascal mesurassent celle du Puy de Dônie (1). « Ahî pourquoi le sort n'a-t-il pas réservé à mon maître le bonheur de s'apercevoir des effets de la pression atmosphérique? » s'écriait le bon Toricelli. .

i{) Zn riionneur de cette, invention, Tuniversité de Vittemberg, un Bîècle a|>rès, itaàltô rétes appelées iS^cKfttHOv Tof'ice^/ianat

456 ACADÉMIE DU GIMENTO. TIVIANi:

Le grand-duc Ferdinand et son frère Léopold^ afin de parvenir à la véritable explication des phénomènes naturels, travaillaient sans cesse à trouver de nouveaux instruments, amélioraient ou appliquaient les anciens. Le premier inventa un hygromèCire et un hydrostamme, combattit les influences lunaires, connut que le calorique tend à l'équilibre, et que les corps le transmettent dans une mesure différente; il trouva le moyen de condenser la vapeur contenue dans l'air ambiant, et celle des divers esprits sans en élever la température, ce qu'on appela distiller à froid. Les vers du vinaigre n'échappèrent pas à ses observations, et il vit que l'argent devient plus pesant après la coupellation, tandis que les sels dissous dans l'eau ne changent pas de nature quand le liquide s'évapore; ses longues observations sur les pendules aidèrent à déterminer l'échelle de la propagation de la lumière et du son^ et favorisèrent les expériences balistiques.

Léopold, entouré des hommes les plus distingués, cultivaif toutes les branches des connaissances ; de même que le marquis 1022-1708. Frédëric-Cesi avait institué, à Rome, dès 1603, l'académie des lAncei/û créa, l'académie du Gimento, qui se proposait de prouver et de reprouver. Outre Borelli et Redi déjà mentionnés^ un des membres principaux fut Vincent Yiviani. Ne le cédant à personne pour l'intelligence géométrique et la recherche sincère de la vérité , il traita de la résistance des solides, agrandit le cercle des faits relatifs aux corps flottants, et entrevit la théorie des ondulations, qui , d'abord appliquée à l'acoustique, puis généralisée, nous a révélé tant de mystères de la nature. Il suppléa le cinquième livre perdu d'Apollonius de Perga sur les sections coniques, et, lorsque l'ancien manuscrit fut retrouvé, on reconnut que l'écrivain moderne l'avait non-seulement deviné^ mais encore surpassé. Yiviani proposa ce problème à toute l'Europe : « Parmi les anciens monuments de la Grèce se trouve' un temple consacré à la géométrie : plan circulaire , couronné d'une voûte hémisphérique, laquelle est percée de quatre fenêtres égales, avec tant d'art, que l'on peut réduire en carré parfait le reste de la voûte. Comment cela s'est-il fait?» Aussitôt les savants se mirent à étudier ce problème; mais Leibniz, l'Hôpital^ Bernouilli, Wallis et Gregori, au moyen de la géométrie nouvelle, en donnèrent des solutions différentes, au grand étonnement de Yiviani, qui néanmoins le résolvait tout autrement (1).

(1) ,Snigma geometricum a D. Pio Lisd pusillo geometra, qui est VêOÊr gramme de A postremo Qaliteo diseipulo.

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