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FINANCES PAPALES

étaient de 4,273,344 écus d'or (i); les recettes extraordinaires, amendes et droits de chancellerie, produisaient encore 413,480 écus. Sixte V les accrut par de nouveaux impôts , par le recouvrement de vieilles créances , par l'aggravation des amendes, en faisant payer aux juifs la protection qu'ils obtenaient du gouvernement^ et au moyen d'une économie dont il se vantait avec raison. Il restreignit les dépenses et les offices de cour ; le nombre des charges vénales fut porté à 36,550, dont la vente produisit 5,547,630 écus (2)^ et Sixte les greva toutes d'impôts; il accrut les monti , vacabili ou non , mit des taxes sur les vivres les plus indispensables^ et altéra même les monnaies.

Il avait trouvé le trésor épuisé « et dans un an il eut une économie d'un million d'écus d'or; il en fut de même pour les quatre années suivantes. A peine se trouvait-il un million, qu'il le déposait dans le château Saint-Ânge , en le consacrant à la sainte Vierge et aux Apôtres, comme autrefois les Hébreux conservaient leurs trésors dans le temple. Dans la bulle, en assurant que ce trésor était le fruit de ses épai^nes, il établissait qu'on ne pourrait y toucher que pour recouvrer la Palestine, et seulement alors que l'armée aurait franchi la mer; ou bien pour une

(1) Dans cette somme, la douane de Rome figure pour 182,450 écus.

— d'Ancône t5,500

— de Civita-Vecchia 1,977

Les mines d'alun de la Tolfa 31,780

Les redevances d'Espagne, dlJrbin, de Ferrare, de Parme

et d'autres feudataires du patrimoine de Saint-Pierre 35,500

Parmi les titres que Ton vendait étaient ceux des chevaliers Piani, du Lis, des saints Pierre et Paul , de l'Éperon d^r, de Lorette.

(2) Leti, part. III, 1. Y, selon lequel ces charges , outre Thonneur, donnaient sept, dix et jusqu'à quatorze pour cent. Le même, part. III, 1. III , dit : « Quand « un pape veut, il fait des miracles , et Sixte fit toujours des miracles parce qu'il K gouverna avec la tête et la poitrine ; on a donc dit de lui qu'il avait la tête de M fer, le cœur de Mars, la poitrine de bronze, la main d'acier, le pied de Mer- <t cure. Bien qu'il ne puisât jamais dans l'Évangile la douceur de la colombe, il (( n'en suça qu'avec plus d'ardeur la prudence du serpent et peut-être son na- « tnrel ; car il ne lança jamais son venin contre personne avant d'être blessé. « Il n'entreprit jamais une chose sans avoir mûrement réfléchi sur les moyens «< qu'il devait employer pour l'accompUr ; de là vint qu'il réussit toujours dans « ses entreprises , ce qu'on peut regarder comme un miracle en lui ; en effet , il « ne formait pas ses desseins aveuglément, mais avec les cent yeux d'Argus; « après les avoir formés , il employait cent bras comme Briarée pour les mener « à bonne fin. » Les ambassadeurs disaient donc avec raison : Sixte noiu donne à tous de terribles soufflets, mais avec une si grande force d'esprit^ qu'ail faut dire amen sans se plaindre.

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