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DESSEINS DE SIXTE-QUINT

négociations avec Henri lU afin de Ini faire adopter un de ses neveux pour héritier : tant il se persuadait que la chrétienté devait entrer facilement dans ses desseins.

Imbu des doctrines de Tautorité spirituelle et de Tidée que le pouvoir royal dérivait de celui du peuple et de TÉglise, il insistait sans cesse auprès de Tempereurpour qu'il netolerftt point les calvinistes, et cherchait, pour le triomphe de l'orthodoxie^ à confédérer ce monarque, les États catholiques d'Allemagne et le roi d'Espagne; mais en France il vitsuccomber la Ligue, et bien qu'il eût de l'estime pour Henri IV, il l'excommunia ; puis, comme la prédominance espagnole lui causait de l'ombrage^ il inclina vers la France. Ainsi, craint et respecté des cabinets européens^ il fut le dernier pape qui prit une part active aux vicissitudes politiques. A la nouvelle de la conversion du marquis de Bade Hochbourg, il fit une procession nu-pieds, à la suite de laquelle il ihourut, et son nom resta populaire, conîme il arrive des caractères forts; on lui attribua même des institutions et des mesures antérieures à son règne. ^

On peut dire qu'à cette époque la ville de Rome se renouvela. Les longs désastres des premiers temps de l'invasion, la barbarie, les guerres intestines et^ peut-être plus que tout Je reste^ la translation du saint-siége à Avignon l'avaient rendue déserte. Quand les papes y retournèrent, elle n'était habitée que par des bouviers , descendus de leurs collines inhospitalières dans les plaines qui bordent le Tibre; là, ils s'étaient logés dans de misérables taudis, qui formaient des rues étroites , fangeuses, obscurcies par les saillies des toits et des arcades jetées d'une maison à l'autre. Les anciens édifices tombaient en ruine; les chèvres paissaient sur le Gapitole, et les génisses erraient dans le Forum romain , d'où les noms de Monte Caprino, Foro Boario^ Garnpo Yaccino; de l'Église de Saint-Sylvestre à la porte des Peupliers {del Popolo ) on ne rencontrait que des vergers et des marais, où l'on allait à la chasse des canards sauvages.

Nicolas V, le premier^ résolut d'orner Rome d'édifices en rapport avec sa majesté ancienne et sa grandeur nouvelle ; ses successeurs suivirent son exemple, surtout Jules II et les Médicis. De nouvelles constructions peuplèrent les deux rives du Tibre, que Sixte IV avait réunies par le pont qui porte son nom. On peut dire que Jules If, sans parler des merveilles du Vatican et de la Chancellerie, rebâtit la ville basse et la rue Julia, parallèle à celle de la Lungara. Les cardinaux et les princes élevaient des palais à

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