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HIST. DES 11 4L. — T. IX

34 CLEMENT YIIl.

de chaque pontife constituaient une noblesse nouvelle et de nouvelles fortunes.

159^^ Quatre papes se succédèrent en seize mois. Urbain Vil { Jean-

Baptiste Castagna) se montra digne de régner durant les treize jours de son pontificat. Piccolomini , qui ne pouvait rester en repos, s'était réfugié en France; puis^ cédant aux instances de l'Espagne, brouillée avec la Toscane, il ravagea le territoire de Pistoie à la tête de cinq cents bandits. Repoussé par la force, il se tint caché à Plaisance, jusqu'au moment où le Milanais Nicolas Sfondrati y cardinal de Crémone , fut élu pape sous le nom de Grégoire XIV ; alors, suivi du terrible Sciarra et de trois cents briganâs> il s'approcha de Rome, qu'il soumit à des contributions ; le gouverneur saisit une voiture chargée d'argent , de poudre et d'arquebuses, qui leur était envoyée par un ambassadeur résidant à Rome (i ) . Des troupes de Naples et de la Toscane se joignirent à q^lles de Rome pour le réprimer, et lui tuèrent, en bataille rangée^ cent de ses bandits ; puis, le comte Énée Montecuccoli , envoyé par Alphonse d'Esté, débarrassa le pays de ces misérables. Piccolomini, arrêté à Staggia» fut pendu par l'ordre du grand-duc, bien que l'Espagne et le pape l'eussent réclamé comme leur vassal; Sciarra se soutint encore, jusqu'au moment où il jugea prudent de quitter le pays, et beaucoup de brigands passèrent au service de Veuis« contre les Uskoks.

Ces pirates aggravaient les maux de la disette qui désolait alors la Péninsule. Le p3pe rendit aux églises le droit d'asile, et, pendant les quelques mois de son règne, il dépensa trois millions d'écus; favorable à la ligue catholique qui repoussait du trône de France Henri lY calviniste, il fit encore de nouveaux sacrifices, et, pour la soutenir, il envoya des troupes commandées par son neveu

iiM. Hercule Sfondrati, duc de Montemarciano. Mais Clément YIlI (Hippolyfe Aldobrandinî) successeur d'Innocent IX {Jean- Antoine FacchineUi) eut la consolation de voir Henri rentrer dans le giron de l'Église. Dans son opinion, ce roi n'allait à la messe que pour acquérir la couronne ; toutefois, sollicité par saint Philippe Neri, par le cardinal Baronius et d'autres, il accepta cette conversion qui pacifiait la France et la ramenait au catholicisme ; cet événement fut donc célébré par une fête solennelle, et une colonne en perpétua le souvenir.

Clément VIIÏ visita toutes les églises et les monastères (1);

(1) De Maisse, ambassadeur à Venise, écriTait au roi le 4 octobre 1592 : //

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