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DUCS I>E SAVOIE

ferrât, sur Genève et le pays de Vaud, la Bresse, le Bugey, le pays de 6ex, composaient Théritage des descendants de Humbert Blanches-Mains. Les terres d'outre-mont se divisaient en bailliages militaires avec -un juge, et souvent un percepteur. En deçà des Alpes^ le Canavais et le val de Suse formaient un bailliage , et le val d'Aoste, un autre; les autres pays^ dont les principaux étaient Turin, Garignan^ Pignerol^ Moncalieri, Cumiana, Cavour^ Vigone, Villafranca, se tro|iyaient sôus le capitaine du Piémont.

Les conquêtes du siècle précédent avaient réduit les autres États italiens aux limites qu^ils devaient conserver désormais. La Savoie, outre l^inconvénient d'être morcelle, était entourée de grandes puissances ; les ducs visèrent donc à l'arrondir par une politique habile et les forces militaires, qu'Us commandaient eux-mêmes. Vassaux de Tempereur, ils profitaient de cette condition pour obtenirtles privilèges toutes les fois qu'il avait besoin d'eux ; les jalousies des voisins leur offraient, parles alliances ou les petites guerres, une occasion de s'agrandir, de même que les mariages opportuns.

Amédée Vm, qui ajouta beaucoup à TËtat^ obtint le titre de duc de Savoie (1) ; il établit la succession par droit de primogé- i^i^niture avec représentation à l'infini^ de manière que Théritage ne fût plus divisé. Des commissaires ecclésiastiques et laïques, parmi lesquels le chancelier Jean de Beaufort et le secrétaire Nicolas Festi furent chargés par lui de compiler des statuts généraux dont Tapplication ne pût être entravée par aucun statut local ; dans le préambule, il avertissait que les lois doivent être réformées selon les besoins nouveaux, les nouvelles malices et les modifications que subissent les choses humaines.

A cette époque , le service militaire était d'obligation publique dans la Savoie, et Amédée comptait vingt-sept mille hommes en état de combattre; mais on s'exemptait à prix d'argent, et il n'y eut de véritable armée nationale que sous Emmanuel-Philibert, vers 1560. Nice fournit encore des forces maritimes , et le duc Lodovico armait des navires en 1460.

(1) Selon le cérémonial alors fixé , les (Mirons , les chevaliers et les damoiselies devaient loi dire : Monseigneur mon frère; et le dac leur disait : Beau frère , belle sœur. Dans les solennités , il précédait son frère d*an demi-pas , et sMl était à cheval , de la longueur do cou de son cheyal. On lui servait les plats couverts ; les chevaliers et les dames en les lui présentant', et en se retirant , devaient incliner un peu les genoux. Voir Gibrario, Origines et progrès des institutions de la monarcMe de Savoie; Turin, 1S54.

42 AKÉDÉE IX.

Amédée^ renonçant presque entièrement aux affaires, se retira à Ripaglia sur le lac Léman^ et se laissa élire antipape ; puis il ne voulut déposer la tiare qu'à de bonnes conditions, dont Tune Alt que la Savoie ne verrait pas d'étrangers promus aux dignités i^ftt». ecclésiastiques. Son fils Lodovico, paresseux et dissolu, entouré de mimes, gouverné par sa femme , Anne Ltisignan de Chypre, qui s'enrichissait, elle et les Chypriotes, avec Taiigent de la Savoie^ fut contraint de recourir à l'onéreux et déshonorant patronage de Louis XI, son gendre. Les feudataires, tenus en bride par les trois Amédée^ se voyant alors négligés^ multiplièrent les trames et les soulèvements , qui amenèrent des supplices , des noyades dans les lacs , des exils et une plus grande exaspération dans les partis guelfe et gibelin. Philippe, fils du duc^ par haine contre la faction candiote^ bouleversa TÉtat et fit périr Georges de Yarax. Le désordre fut accru par Lodovico , qui assignait de gros apanages à ses fils nombreux, dont chacun s'attribuait l'autorité prin* cière, au point d'absoudre les coupaoles à prix d'argent, d'accorder des délais aux débiteurs , et autres abus. Après ces faits , qu'importe si Lodovico protégeait les lettres et, suivi des princes, allait parfois écouter les professeurs de l'université. Sous ce duc^ pour la première fois, quelques Piémontais furent appelés à de hautes fonctions : ainsi parvinrent au poste de chancelier de Savoie Jacques Valperga de Masino, qui après un long procès fut noyé dans le lac de Genève, avec confiscation de biens, puis reconnu innocent; Antoine de Romagnano, qui dut se soustraire au supplice par la fuite.

1A65. Amédée IX, son successeur, fut le modèle des époux et le sur-

veillant sévère des mœurs; malheur à qui blasphémait ! Il éloignait de son service tout Ubertin, s'acit-il de son premier ministre, et voulait que les causes des orphelins et des pauvres fussent examinées les premières dans son conseil. Un grand nombre d'indigents étaient nourris dans son patkis, bien qu'ils eussent un aspect dégoûtant; afin d'épargner de nouveaux impôts, il envoya son propre collier à l'hôtel des monnaies ; comme on lui faisait l'observation que cet argent aurait pu lui procurer une armée et des citadelles, il répondit : Les aumônes sont les meilleures for» tifications, et pour que t abondance règne, il faut donner beaU" coup aux pauvres. Ces vertus lui valurent l'honneur des autels ; mais son règne fut troublé par ses frères et les nobles, dont les dissensions incessantes éclatèrent en guerre civile quand il tomba malade. Ces luttes continuèrent sous la régence de Yolande de

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