‹ Histoire des ItaliensChapitre 23 sur 150 · PHILIBERT II. CHARLES III. A · texte numérisé non relu

PHILIBERT II. CHARLES III. A

France, sa veuve, troublée même par les invasions de divers peuples : les Suisses^ qui lui enlevèrent le pays de Vaud et Fribourg; les Bourguignons^ qui enfermèrent la régente dans une forteresse; les Milanais, qui, sous le prétexte de la défendre, occupèrent le Vercellais. Après la mort de Yolande, qui fut bientôt suivie de im2. celle de son jeune fils Philibert^ Charles^ son successeur, dut recouvrer Tautorité par les armes ; sa mort, qui fut prochaîne, donna lieu à une nouvelle régence, que les compétiteurs se disputèrent ^^^* au milieu du ^ang. Les marquis de Saluces , les comtes de la Bresse et de la Ghambre'^se soulèvent à i'envi. L'ambition de Philippe, frère du défunt, bouleverse le pays; enfin, à la mort du jeune Charles II, son neveu , il obtient le pouvoir, mais lui-même cesse de vivre au bout de dix-huit mois. um.

Son fils, Philibert II le Beau, essaya de s'affranchir des liens ims. de la Fhance, resserrés par les troubles passés, mais pour tomber sous Tinfluence de sa femme, Marguerite d'Autriche; il vit l'invasion des Français avec Louis XIl, dont il eut à souffrir durant six années d'une obscure domination. Son frère, Charles Kl le Bon, ism, qui régna^cinquante ans, passait les matinées entières à entt^ndre des messes et à visiter des églises. Il ne manquait pas d'intelligence, mais la fortune ne lui sourit jamais. Le pays fut troublé par l'hérésie, ravagé tour à tour par les Suisses , les Français et les Impériaux; en outre, Berne, appelée au secours de Genève, qu'il avait sottement menacée de réduire à l'état d'un village de Savoie, lui enleva le Chablais, le pays de Vaud, Genève et Gex, où elle introduisit la réforme malgré lui. François P'^ de France le dépouilla du reste de ses possessions, parce qu'il favorisait son beaufrère Charles-Quint et avait autorisé Frédéric II Gonzague, duc de Mantoue, à recueillir en héritage le Montferrat; il est vrai que 1593. le beau-frère impérial lui donna le comté d'Asti et le marquisat de Ceva.

Des discordes intestines bouleversaient principalement Mondovi, Chieri, Fossano; il n'y avait pas de milices nationales, et l'argent manquait pour solder des troupes mercenaires. Les nombreux apanages des cadets ducaux avaient dépecé l'État, écrasé en outre par d'exorbitantes pensions aux veuves , par les dettes contractées pour soutenir les prétentions d'Amédée YIII à la papauté, de Ludovico au royaume de Chypre, et pour gagner l'amitié des Suisses^ sans parler des fréquents passages de troupes (1). Sa femme^

(1) Charles III disait à l'empereur Charles-Quint que par trois JàU que

U EMMANDEL-PUILIBEKT.

Béatrîx de Portugul, lui écrivait qu'on laissait manquer à ses enfants, un jour le pain, l'autre le vin : Les nourrices, ajoutait-elle, ne touchent pas de salaire depuis deux aos^ le marchand de volaille, déjà créancier de mille florins, refuse de continuer les four* nilures, et le boucher de même. Ses joyaux, de la valeur de cinquante mille ducats, étaient engagés à Gênes pour dix mille ; pour rémédieràceltd pénurie, iln'y réussit qu'en aliénant des terres et des droits domaniaux (1). Lorsqu'il mourut, Charles ne possédait que Nice, Cuneo, Verceil et Aoste; Verceil même fut alors occupée par les Français, et les populations, insouciantes, avides de jouissances, se jetaient dans les brigues et les nouveautés religieuses, non par sentiment de piété, mais pour s'affranchir de tout frein.

La Savoie fut tirée de cet abîme par Emmanuel-Philibert Tête de fer. Jeune encore, il avait pris du service dans les armées de l'empereur, et s'était immortalisé parla victoire de Saint-Qucotin; à la paix de Cftteau-Cambrésis, il recouvra les domaines de ses aïeux, de sorte que la Savoie dès ce moment joue un rôle dans les destinées de l'Italie, et chercheà s'affranchir de la dépendance de la France. Bien qu'il fût très-pénible à cette puissance d'abandonner les beaux pays cisalpins, elle consentit, afin de gagner le duc, qui lui promettait mille fantassinset trois centschevaux payés, à lui céder Turin, Cbivasso, Chieri et Villanova d'Âsti ; plus tard , même, elle lui abandonna Pignerol et Savigliano, qu'elle occupait jusqu'au moment où l'on aurait vérifié les droits de Louise de Savoie, aïeule de Henri II. Emmanuel, par la cession à Berne du pays de Vaud, s'assura tout ce qu'il possédait au sud du Léman etduRhAne. Il aspirait à recouvrer Genève j mais Berne, Soleure et la France en stipulèrent l'indépendance. Par l'acquiBition de Tende, il s'assura le passage des Alpes maritimes à travers une population fîère et violente; par l'achat d'Oneglia, il s'étendit dans la Rivière de Gênes. Il chercha à obtenir du sénat vénitien la qualité de Ûls de Saint-Marc, par laquelle il aurait eu le second poste dans les solennités.

'empereur y a été, ce Piémont a été mangé, pillé, composé et toute extrémité , et non point en un teul lieu , mais généraleut le pays.

nar 1613, le cardinal Maurice de Savoie écrivait à son père, Charlea- )u'il avait eu la plus grande difficulté i trouver W écus; que le rîgnan manquait de vStements et des autres choses les plus néceai lettre du 29 «eptembre 1614, il lui disait encore qu'on ne pouvait MUr faire les ebatues qu'on devait donner aua ambaaudeura auissea.

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