AMBITION DE CHARLES EMMANUEL
couronne d'Espagne, et la Savoie à la France. C'était là un rêve comme tant d'autres , qui s'appuyait sur des commissions y des diètes^ des armées y n'autorisait en Italie que la religion catholique y et faisait de la guerre contre les Turcs une charge commune (i); mais la mort d'Elisabeth d'Angleterre, puis celle de ce même Henri, victime d'un assassin, firent évanouir ce projet. i6in. Le meurtre de ce roi semblait devoir abattre Charles Emmanuel et ne lui laisser d'autre désir que de se faire oublier; mais son ambition pouvait-elle manquer d'aliments?
Comme prince d'Allemagne, il avait cherché à se faire élire empereur à la mort de Mathias; à la mort de Henri III, il aspira au trône de France; maintenant , flatté par des prédictions astrologiques, il voulait épouser la veuve de Henri IV pour devenir l'arbitre de ce royaume ; mais il fut refusé. La France qui. estimant son courage, méprisait sa mauvaise foi, eut vent qu'il traitait avec l'Espagne; abandonné de tous, il eut recours à Venise, qui ne récouta point, et le pape l'exhortait à déposer ces hautes prétentions. Le duc, bien quMl ne courbât la tête devant personne, dut envoyer son fils offrir des excuses à la cour espagnole, laquelle, excitée par Fuentès, chercha même à le renverser pour lui substituer son fils , Victor Amédée, né en Espagne ; on dit encore qu'elle tenta de l'empoisonner par la main du duc de Toscane, qui consentit d'abord, puis se repentit et envoya le contrepoison : assertions ordinaires des partis. Ainsi disparut le danger d'une guerre que les Italiens avaient crue imminente, et Charles Emmanuel frémissant cherchait de quel cêté il pourrait tourner son ambition inquiète.
Les Médicis, dont les pères étaient marchands alors que les princes de Savoie portaient la couronne, se vantaient d'être princes indépendants à l'époque où Emmanuel Philibert combattait ou gouvernait la Flandre au service de l'Espagne ; de là, une rivalité continuelle entre les deux maisons, l'une puissante par les armes, l'autre célèbre par une civilisation bien plus raffinée. Les Médicis, ne pouvant obtenir le titre de roi d'Étrurie, recherchèrent celui
(1) Selon le plan d'alors, les puissances auraient dû fournir pour l'armée commune contre les Turcs :
Le pape fantass. 8,000 caval. 1,200 canons 10 Taisseai# lo
Loml>ardie — 8,000 — 1,500 — s — 6
Venise....; — 10,000 — 1,200 — lo — 25
République italienne. — > 10,000 — 1,200 ^.^ lo — s
de grands-ducs y et^ comme tels, prétendirent avoir le pas sur les ducs de Savoie , lesquels se mirent alors en quête de quelque titre royal; Charles essaya même de faire valoir sur l'île de Chypre les droits que les Lusignans lui avaient transmis. Trentecinq mille chrétiens de cette île lui promettaient de s'insui'ger contre les Turcs aussitôt que ses navires apparaîtraient; mais les Turcs, informés de ces menées^ en firent périr un grand nombre, et beaucoup furent emprisonnés ; Charles , toutefois^ et malgré la vive opposition des Vénitiens^ s'intitula roi de Chypre.
Ne pouvant oublier que ses prédécesseurs avaient perdu Genève^ ^q^ il tenta de Tenlever par une audacieuse escalade; déjà même i2 décembre, deux cents hommes avaient pénétré dans la ville, quand ils furent découverts et tués : entreprise racontée longuement par les historiens, chantée par les poètes (i)^ rappelée par les chants populaires et un jeûne annuel, comme si Genève avait échappé au péril d'être catholique et esclave. Ce fut la dernière tentative de conquêtes transalpines ; résolus de s'agrandir en Italie, les ducs voyaient Timportance d'avoir un pied sur la mer, et Charles Emmanuel convoitait Gênes.
Cette république en déclin ne comprenait pas encore que le bonheur d'un pays vient , non de fréquentes innovations, mais de
(1) Yincioii Yinciolo avait déjà préparé ane canzone sur rexpédltion de Genèye» et qui fat publiée, bien qu'elle eût un mauvais résultat :
Sola speme dltalia e primo onore D^Europa, alto stopor del secol nostro, Saggio invitto guerrier, folgore e scoglio Di Marte, cbe di senno e di valore Sei dei principi altero e raro mostro , Che in verde etade bai mostro D'esser nato a domar Tantico orgoglio Del barbaro viciuo , et di quegli empj Clie, fuggendo il tuo scettro, ebber ardire Fabbricar nuova fede e nuoTa legge. . .
C^est ainsi qu'il parle à Charles Emmanuel ; il le félicite d'a¥oir vaincu l'impie Breton , le Gaulois audacieux , le Belge infidèle , le Germain envieux ; il le félicite encore de ce que Dieu « a frappé par ses mains le haut tyran qui régnait entre les Alpes et les Pyrénées, » cVst-à-dire Henri IV. Il se déchaîne contre tons les peuples mécréants , et pousse le duc à tomber sur Genève.
Dans le traité de Bruzolo de 1610, le doc combinait une ligue avec Henri IV, par laquelle il s'assurait le Milanais quand il aurait été conquis , à la condition de céder à ce roi la Savoie , de détruire le fort de Montmeillan et de lai livrer deux forteresses du Milanais : protection désintéressée !
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raffermissement de ses institutions. La liberté qu'elle avait reçue d'André Doria était toute au profit des aristocrates ; eux seuls dirigeaient PÉtat,et seuls ils composaient le sénat des Douze, qui élisaient le doge, biennal comme eux ; les deux cents du petit conseil sortaient encore de leur classe, et tous les patriciens, à vingtdeux ans révofus , entraient dans le grand conseil. Gomme tout État qui possède des richesses sans avoir la force de les défendre, Gènes excitait Tavidité; du reste, elle s'affaiblissait par les discordes inévitables entre les divers ordres et les grandes familles.
Après la conjuration de Jean Louis Fiesco, la loi de Garibetto avait mis des bornes à la faculté d'agréger des plébéiens aux alherghiy mais sans assoupir les haines entre les anciens nobles et les bourgeois. Les premiers, dits du Portique de Saint-Luc, étaient liés entre eux par le prêt fait à l'Espagne, qu'ils favorisaient pour ce motif; au contraire, les nouveaux admis^ ou du Portique de Samt-Pierrey préféraient la France, voulaient que les gens nouveaux fussent agrégés sans restriction^ et donnaient la main aux insurgés de la Corse.
Génes^ en général, était bien disposée pour l'Espagne, soit par gratitude envers Charles-Quint qui l'avait rendue à la liberté, soit à cause de Doria et de Spinola qui commandèrent ses armées , soit parce que les rois de ce pays, outre qu'ils employaient ses navires pour transporter des troupes en Italie, faisaient de gros emprunts à ses négociants, qu'ils payaient avec le produit des impôts du Milanais et du royaume de Naples. Dans les maisons, on parlait espagnol, et c'est en espagnol que l'on prêchait au peuple; mais Philippe II, tandis qu'il caressait les Génois comme lui étant nécessaires pour consolider sa domination sur l'Italie^ songeait peut-être à l'acquisition de la Ligurie, encouragé par le grand-duc de Toscane, lequel en espérait une partie. Don Juan, le fameux bâtard d'Autriche, qui commandait la flotte espagnole dans la 1571. Méditerranée, se flatta de l'espoir de s'emparer de la ville et de la soumettre à son autorité personnelle -, mais les nobles nouveaux, accusant les anciens de cette tentative^ soulevèrent le peuple qui le repoussa hors des murs.
Grégoire XIII, d'accord avec l'empereur, s'entremit de la paix, flt réformer le statut et rappeler les bannis. Les noms des Portiques de Saint-Pierre et de Saint-Luc furent abolis, et l'on appela nobles tous ceux qui participaient au gouvernement; les citoyens de cette catégorie déposèrent les surnoms des alberghi, pour reprendre leurs surnoms particuliers. On établit un collège
de douze gouverneurs et un autre de huit procureurs^ avec un grand conseil de quatre cents membres et un petit de cent , choisis dans le premier. Barthélémy Coronato, qui, dans les tumultes passés, avait affecté la tyrannie^ à laquelle il cherchait alors^ à parvenir par la voie des complots, paya de sa vie ses tentatives. Jean-Baptiste Yassallo de Portofino^ qui avait gagné les bonnes grâces de Marie des Médicis , reine de France^ revint avec son beau-frère le médecin Grégoire Leveretto pour donner Gênes aux Français; la trame fut découverte , mais la ville prit de grandes mesures, parce que la France prétait la main aux conspirateurs.
Plus lard^ Jean-Paul Balbo, membre de la nouvelle noblesse, jeune homme ambitieux et riche^ résolut de profiter du mécontentement contre les nobles anciens. A cette époque. Gênes négociait avec TEspagne Tachât de Pontremoli^ ville principale de la Lunigiana avec une juridiction de soixante-dix milles de circuit et soixante-seize villages, passage favorable pour le Milanais^ la Toscane et le territoire de Gênes. L'Espagne en demandait quatrevingt mille ducats, et la république^ pour les réunir, songeait à vendre la noblesse à de nouvelles familles. Balbo^ instruit de ce projet, excita Tenvie populaire ; le grand-duc de Toscane mit des entraves à la négociation, et Pontremoli lui-même allégua que, comme fief impérial, il ne pouvait être vendu sans l'assentiment de Fempereur. Balbo considéra le fait comme son triomphe, et se mit à conspirer pour occuper Gênes, se faire seigneur de la Ligurie et de la Corse sous la protection de la France ; mais, dénoncé par un complice, il parvint difficilement à s'enfuir.
Sur la Rivière, outre une cinquantaine de terres restées fiefs impériaux immédiats, et dits les Langhe, la maison Del Garretto . avait conservé le Finale, fief impérial également; mais, comme ce domaine lui occasionnait des conflits incessants avec Gênes, elle le vendit à l'Espagne. Cette puissance, depuis longtemps, convoitait ce fief comme une source abondante de sel; en outre, elle pouvait y faire aborder ses troupes, et les conduire par les montagnes sur le territoire d'Alexandrie, sans être obligée de demander le passage à Gênes ; elle incorpora donc le Finale au duché 159e. de Milan. Ce marché souleva les plaintes de Gênes, qui finit par racheter le fief à Tempereur moyennant six millions de livres génoises.
Gênes, en augmentant le nombre de ses petits fiefs, se préparait des entraves. Scipion Del Caretto avait vendu au duc de Savoie le
marquisat de Zaccareilo, fief d'un faible revenu dans un pays montagneux et stérile, mais qui conduisait de l'Apennin dans la plaine d'Albenga, et permettait ainsi de troubler la domination ligurienne; l'empereur annula cette vente ^ confisqua le fief comme relevant d'un homicide^ le mit aux enchères, et Gènes Tacheta au prix de cent soixante mille thalers.
Charles Emmanuel, mécontent, poursuivit avec plus d'ardeur ses desseins ambitieux^ et demanda des secours à la France, toui%2b. jours prête à servir les ennemis de l'Autriche ; avec ce connétable de Lesdiguières^ dont il s'était montré l'ennemi résolu, il forma le projet de conquérir et de partager le Milanais, le Montferrat, la Corse, outre le territoire de Gênes, dont la ville et la Rivière du Levant resteraient à la France comme passage vers le Milanais et la Toscane ; laSavoie devait avoir la Rivière du Ponent. Les armements trahissent ces conventions secrètes, et l'Italie se déchaîne contre cet ambitieux qui la jette dans de nouvelles guerres, et l'expose aux coups des protestants.
Gênes, en présence du danger, eut recours au gouverneur de Milan, et se fortifia le mieux possible ; mais l'attaque paraissait si formidable que des citoyens proposèrent d'abandonner la Rivière pour se borner à défendre la capitale ; d*autres conseillèrent de soutenir Savone et Gavi, et les riches Génois ne lui manquèrent pas dans le besoin, puisque le prince Doria offrit quatre cents arquebusiers, Jean-François Serra deux cents, Pierre -Marie Gentile cent, dévouement qui trouva de nombreux imitateurs.
Les Savoyards et les Français firent irruption sur le territoire , mais n'osèrent attaquer une ville toujours résolue quand il fallait défendre l'indépendance; en attendant, il arriva de Tor et des galères d'Espagne et de Naples, avec des soldats de Lombardîe, dont le gouverneur obligea Charles-Emmanuel à déloger, lui enlevant dans Acqui les vivres et les munitions , enfin les ornements et les costumes préparés pour le triomphe. La France , qui lui avait promis des soldats et des navires, conclut avec l'Espagne la i#26. paix de Monson, sans le prévenir ni lui, ni Venise, ni le pape (1).
(1) Le maréchal de Créqui écrit à Louis XIII : Le due de Savoie accuse monsieur le connétable de n^avoir pas voulu laisser prendre la ville de Gênes f parce guHl entretenait des intelligences secrètes avec les princi' paux magistrats. Je ne dissimulerai point à votre majesté que nous pouvions prendre Gênes, mais on n^a pas cru que le service de votre majesté le permit. Monsieur le duc de Savoie se serait mis en possession de la ville, et aurait voulu la garder pour lui. Si votre majesté veut entreprendra
Le duc, irrité , dut chercher à nuire à la France en se raccommodant avec l'Espagne ; en effets tandis que l'abbé Alexaix^re Scaglia, son rusé ministre^ intriguait contre Richelieu^ Charles retire gueire avantageuse en Italie , envoyez-y, sire y sous la conduite d\in de vos bons généraux , une armée nombreuse et supérieure à celle de Sa^ voie, de manière que vous puissiez faire la loi à monsieur le duc, et guHl ne prétende pas disposer de tout à sa fantaisie.
Les lettres de d'Ossat, obscur Français , devenu cardinal pour son mérite, surtout à cause de l'abjuration de Henri IV, jettent beaucoup de lumière sur cette époque. Il fut d'abord secrétaire du cardinal d*Este en 1582, puis directeur de l'ambassade française, enfin ambassadeur à Florence, à Venise, à Rome. Âmelotde la Houssaie, publiciste éminent, accompagna ces lettres de notes , lesquelles font coanatlre la condition de lltalie et les personnages qui figurèrent sur ce théâtre.
DX)ssat se montre très-hostile à Charles Emmanuel , auquel il suppose les desseins les plus pervers. Dans sa lettre CGXXn, il avertit Henri des projets de ce duc contre lui, et ajoute : J'ai horreur de vous ajouter une autre chose, que gens de qualité m* ont dit qu'il attend avec plus de désir et d'espérance que tout cela; mais je ne dois et ne puis vou^ faire plus longuement. Cest le succès et événement des embûches et assassinats qu'il a dressés et apostés en diverses façons contre la vie de votre majesté, dont Dieu vous préservera y et le confondra lui, comme il mérite moyennant la précaution , dont votre majesté et vos serviteurs useront. Ces choses ne se disent pas par tenants et aboutissants; mais le naturel et la façon de procéder de rhomme les rendent trop vraisemblables, et méritent que votre majesté et tous ses serviteurs y prennent garde. Et dans la suivante : Monsieur de Savoie vous a meshui fait assez connaître quHl h*a point de conscience , ni de crainte de Dieu, et moins soin de son honneur et réputation, ni aucune vergogne des hommes.
Le pape lui ayant demandé son avis sur la guerre entre la France et la Savoie, il insiste pour que le pape la prévienne en obtenant que le duc restitue Saluées, pays dû à la France, et nécessaire à l'équilibre de lltalie, où le roi d^Espagne, autrement, dominera en despote. Passant en revue les caractères des combattants , il dit : Monsieur de Savoie est de telle complexion qu'il veut prendre Vautrui et sur plus grands quHl n'est, et ne veut point rendre; veut encore contracter et faire des accords , promettre , signer, confirmer et reconfirmer, et ne point tenir, ni rien exécuter, prenant pour galanterie de violer la foi. , . Avec tout cela il pense de se maintenir en cette façon de procéder par son bel esprit, fertile en toutes sortes d^inventions et de déguisements, et par les forces d^Espagne , et par V autorité de votre sainteté sachant le respect que le roi vous porte, et Vextréme désir que vous avez de conserver la paix.
Tous les princes d'Italie étaient contraires à l'acquisition de Saluces, et oU fraient de l'argent pour que Henri rompit le pacte. D'Ossat la considère toujours comme une usurpation , et ne peut s'en consoler ; il rappelle au roi que , en le laissant au duc, il perdrait beaucoup la réputation, qui est celle par laquelle les rois et princes se maintiennent bien plus souvent que par toutes leurs fortes et moyens. Le duc le savait bien , puisqu'il disait ; La réputation est la pupille de la principauté.
58 CONJURATION DE YAGHEEO.
veillait dans Gênes les factions des nobles anciens et des nouveaux. Dans les cercles , ces factions faisaient opposition à tout acte du conseil, et combattaient toutes les sentences des tribunaux ; a Aussi le sénat ( dit Délia Torre), dans ses délibérations, eut plus souvent égard à ce qu'en aurait pensé et dit la place des Banques, qu'à ce qu'exigeait Tintérét du gouvernement ; le sénateur, par la crainte de compromettre la faveur à laquelle il devait sa dignité, n'osait plus parler librement , et retardait le moment de prendre une résolution. »
Un des personnages les plus bruyants de ces cercles était Jules- César YacherO; nature superbe , enrichi par le commerce et les dés^ coupable de meurtres et de viols, et ne pouvant supporter d*être soumis à ceux qu'il regardait comme inférieurs à lui par le mérite. A l'exemple de ses pareils , invoquant la patrie et la liberté , il harcelait le sénat pour qu'il éludât, par le choix de célibataires , vieux ou pauvres^ le décret de 1576 en vertu duquel on devait admettre, chaque année^ dix plébéiens parmi les nobles. Charles Emmanuelle jugea propre à troubler Gênes, et ne rougissant pas de s'associer aux menées de quelques misérables, il le fit exciter par un certain Jean-Antoine Ansaldi , personnage de la même valeur, et cher aux jeunes gens parce qu'il déclamait contre la noblesse. Instruits à l'école de Machiavel, et comptant sur le duc qui promettait des soldats et envoyait des épitres, les conspirateurs résolurent d'assaillir le sénat avec les Polcévérasques , d'égorger les citoyens du livre d'or, de rendre au peuple la liberté, les magistratures, les honneurs, de nommer doge Vachero et de réformer la constitution ; mais la conjuration fut découverte, et 1628. Ton arrêta Vachero qui, féroce jusqu'au dernier moment, périt sur le gibet. Le duc, qui avait levé le masque, et menacé même d'user de représailles, dut se borner à faire des vœux et subir la honte de ses tentatives. Gênes ensuite, par la médiation du roi d'Espagne, paya à Charles cent soixante mille écus d'or et garda Zaccarello , objet de son ambition , en assurant l'impunité aux
Ametot de la Hoiissaie , dans les notes à la lettre LVII de d^Ossat , dit de Charles Emmanuel : Ce duc était si ambitieux, si entreprenant et si déloyal , que Von se défiait autant de lui quand il avait de bonnes intentions , que lorsquHl en avait de mauvaises. Tous les historiens de son temps ont loué hautement sa valeur militaire, son intrépidité, sa libéralité, sa pénétration , son expérience, mais ils Vont tous accusé d^avoir été sans foi. Siri, dans ses Mémoires secrets, le cardinal Bentivoglio dans ses Mémoires, et ie procureur BapUste Nani s'expriment de la même manière sur le compte de ce prince.