‹ Histoire des ItaliensChapitre 29 sur 150 · JUSTICE A GÊNES · texte numérisé non relu

JUSTICE A GÊNES

pièces de monnaie, on remplaça l'ancienne légende de Conrad II par le nom de Marie avec ces mots, Et rege eos. Le doge devait porter des vêtements de pourpre, le manteau royal et la couronne; le titre d'excellence fut attribué aux sénateurs et aux gouverneurs de la Corse, aux ambassadeurs et aux généraux des galères; la demeure de la seigneurie s'appela Palais-Royal. Les citoyens ne lui , inspiraient pas la même jalousie qu'à Venise ; ils pouvaient acquérir des richesses et des États chez les princes étrangers, des titres, des commandements de terre et de mer^ sans être exclus du conseil suprême. Toutefois, en 1607^ parut une loi semblable à l'ostracisme d'Athènes et au discolcUo (carreau] de Lucques ; en effet, le petit conseil dut se réunir à certaines époques, et chaque membre écrire le nom de tout individu qu'il croyait dangereux pour la patrie; si quelqu'un figurait dans quatre billets, il était relégué pour deux ans : iniquité qui empêchait les actes énergiques, sans prévenir les attentats des ambitieux.

Au milieu de la confusion qui régnait dans la cité, la banque de Saint-George continuait à être un modèle d'ordre et de bonne administration. En 1627, le roi d'Espagne empruntait à des particuliers de huit à dix millions, assurés sur le galion qu'on attendait de l'Inde; or^ le galion n'arriva point, et le roi ne donna que des cédulesqui, négociées, perdaient beaucoup. Un nouveau retard fut apporté aux payements, qu'il fit ensuite en monnaie rognée^ très-inférieure à sa valeur effective. La confiance en resta ébranlée, et beaucoup de Génois tombèrent en faillite; néanmoins, le comte duc demandait à faire de nouveaux emprunts, en invoquant les anciens services rendus par l'Espagne à la république.

Gênes, peut-être, connut avant toute autre nation la véritable nature de la monnaie,* en effet, elle établit que les dettes se paieraient en monnaie courante , mais avec l'augmentation calculée d'après la plus value de l'écu effectif, à partir du jour où l'on avait contracté la dette.

L'inquisition religieuse fut tempérée ; mais la république exerçait une justice très-rigoureuse. Dans la capitale, dans toute ville du district, l'église principale avait une boîte, où chacun pouvait jeter une accusation, avec la seule obligation de signaler les témoins du fait. Toutes les semaines , elle était ouverte par les magnifiques procurateurs, qui procédaient contre les personnes dénoncées. Des châtiments sévères menaçaient les blasphémateurs, que Ton condamnait parfois aux galères; quiconque ne dénonçait pas les crimes de lèse-majesté, n'en eût-il ijue le plus léger indice.

GOUVERNEMENT DE HILAN. 6i

était puni de mort; on démolissait les maisons des coupables, et une colonne infamante s'élevait sur leur emplacement : la mort pour l'adultère, pour un enfantement supposé, pour la bigamie, pour quiconque envoyait un cartel de défi, pour Tempoisonnement; pour les philtres, on infligeait la fustigation, la marque au front, ou bien Ton coupait une oreille ou le nez, et Pon prononçait Texil perpétuel; pour les sortilèges, la mort, et le magistrat punissait les complices à son gré.

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