HIST. DES ITAL — T. IX
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Inscrit qni «njokit de lui rendre les priâoimters , avec ordre au capitaine de faire des excuses pour avoir osé arrêter des homicides dans une maison noble. Dans l'impossibilité de découvrir l'auteur des fréquentes pascpiinades dont onTaccablâit^ le gouverneur eut recours à un nécromancien ; après avoir consulté ses talismans, le sorcier dénonça unnnoine comme le coupable, un moine heureusement ; car^ ne pouvant être puni par le tribunal séculier, il fut seulement exilé .
La controverse ihéologique sur Hmmaculée conception de Marie soulevait de bruyants débats; le duc d'Ossuna invite les décurions comasques à la célébrer par une messe solennelle, afin de jurer pendant l'office qu'ils croient à ce mystère et 1072. ^nt prêts à le soutenir de tout leur pouvoir. Quelque étrange que dût paraître cette rnanièi'e de résoudre des discussions inextricables^ les Comasques se présentèrent en grand nombre dans leur cathédrale; maïs les chanoines mettent en avant leurs privilèges, et refusent de donner aux pères dévots de ia patrie des coussins pour s'agenouiller; l'officiant même refuse de descendre du Sanetû sanetorum pour recevoir le serment, et la tentative pour assoupir Fancien conflit en fait naître un nouveau. Le duc réprimande les uns et les autres ; il appelle à Milan les plus proches parents des chanoines, et les tient en prison : argument habituel pour résoudre les difficultés.
Une fois, il donna une soirée, dans laquelle il réunit la principale noblesse ; lefeit parut étrange et scandaleux, tant les citoyens avaient l'habitude de rester isolés. Le gouverneur Vaudemont,téte française, intfbdjuiât l'usage de réunions fréquentes à la cour, et les jardins de la flellingera, situés Tm peu au dehors de la Porte Renza, virent les scènes de ceux d'Armide. Les feôimes commencèrent alors' à reparahre dans les cercles ; mais comme c'était au moyen d'une surveillance jalousé, non par l'éducation et la vertu, qu^on avait voohi sauvégafffler leur pureté, elles passèrent bien vite de la sauvagerie au liber tina'ge ; à la jalousie, qui rendait les nobles féroces, on substitua le sigisbéisme, qui les rendit ridicules.
Louis XII, après la conquête, du Milanais, ^y avait institué, sur le modèle du parlement de Paris, un sénat composé d'un président, de quatorze jurisconsultes , Sept secrétaires , dont chaque province avait fourni un membFe. Tribunal sujtféme et; gardien de la loi, il avait le drpit d'enregistrer les constituticms et les grâces du prince/èn'^éxàminant si elles ne contenaient rien de
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contraire à la justice et aux coutumes; H pouvait les repousser jusqu'à trois fois, et commençait ensuite une opposition^ qu'il poussait avec vîgnetfr. Ce sénat était donc une représentation nationde ym^ls elle se composait de légistes^ qui avaient soutenu la suprématie absolue de la couronne pour abattre la féodalité^ et ne savaieiif mallnt^ant qu'obéir; déguisant le despotisme sous la vanité de' leurs fortoes^ ils subordonnaient la liberté à leurs prétentions, et la couronne ne tenait audun compte de leurs remon*trànèeSj au lieu d^engager une lutte sUr le droit qu'ils avaient de les faire. ^^
Les anciens statuts de la. république et des duchés avaient été recueiHîs par Lodovîco Sforza, et complétés par Charles-Quint, qui les pubMa sous le nom de Nouvelles Constitutions ^ sauf des modifications; icfui les adaptaient au nouvel ordre de choses; mais le sénat pouvait déroger à certaines dispositions de ces statuts, et même en foi^niuler de contraires : autorité exorbitante, qui jointe à la suprématie sur la justice donnait au préside!>t • du sénat une importance excessive et lui offrait le moyen de faire de grands bénéfices. Les principes du gouvernement, comme les droits et les intérêts des particuliers, étaient donc incertains; on ne voyait partout que des abus, qui souvent se xorrigeaient Tun Tautre. '
Milan était administré par un conseil composé des principaux nobles, indépendant du roi, avec lequel il traitait par llntermédiaire d'ambassadeurs. Le vicaire de provision ou podestat exerçait aussi quelque partie de juridiction, au nooins de police, et parfois même de législation, droit fort éparpillé. Ainsi se formaiient deux gouvernènàénts parallèles; celui de là commune aurait sufB- pour réprimer les excès du gouvernement royal si, dès que la viè^ commune fut restreinte aux affaires municipales, ses membres eussent déployé dans ce milieu du courage et cherché à jouer un rôle, au lieu d'ambitionner des distinctions, des charges et ce lustre que donne le voisinage du trône.
Toutefois, ces traditions d'autorité, de bonté et de bieirfaîsance qui rayonnaient sur les seigneurs, jointes au respect îet à \à docilité du peuple, auraient pu maintenir le pays dans Un état prospère, si le 'fisc ne l'avait épuisé par des charges toujours croissantes, dans l'intérêt de la caisse militaire, non du bien public; imposées avec une ignorance égale à la cupidité^ ces charges tarissaient les sources de la prospérité publique, punissaient l'industrie, décourageaient ragriculture, et l'on peut dii*e qu'elles
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furent la cause de toutes les erreurs et de toutes les misères de
l'époque.
Selon les constitutions de Charles-Quint, il était défendu d'alié* uer, pour aucun motif, des régales et des droits appartenant à la chambre; tout au contraire, même sous son règne, on affermait ou Ton vendait difTérents revenus, puis on mettait la main sur les produits assignés aux acheteurs ; par suite, on Imaginait de nouvelles contributions, pour les vendre encore, et Ton vendait la perception des dons futqrs , car les dons étaient la forme habituelle des impositions extraordinaires. Le plus infime homme de peine devait la taille, qui s'élevait jusqu'à vingt écus; des droits d'entrée pesaient sur tout objet de consommation^ sur toute production. Depuis Tannée i620 jusqu'en 1630, on inventa dix nouveaux droits : a îl n'y a ni maison ni chose quelconque qui soit exempte de quelque charge ; il n'y a chose, quelque minime et vile qu'elle soit, touchant les comestibles, les vêtements, la demeure, qui ne supporte des charges et des impôts (l).'» De 1610 à 1650, rÉtatpaya plus de deux cent soixante millions d'écus d'or, c'est-à-dire environ douze cent miUions de francs; enfin^les impôts dépassaient le produit des biens, et Milan, qui encaissait un million et demi de livres, devait en payer deux millions et cent mille, de telle sorte qu'il réduisit l'intérêt à deux pour cent, et payait en cédules.
Les communes, qui d'abord étaient Ubres, c'est-à-dire royales, se voyaient inféoder à quelque seigneur à prix d'argent; puis, on les amenait à se racheter, pour les inféoder de nouveau. On retenait la paye des milices et le traitement des magistrats, qui étaient obligés de se dédommager au détriment du peuple et des solliciteurs. Les négociants devaient faire des prêts , et les décurions répondre pour les dettes des communes; les personnes et les biens des étrangers étaient soumis à de lourdes charges, et l'on pressurait les banques publiques, alimentées par des dépôts particuliers (2). Enfin, les dettes s'accumulèrent au point, qu'une banqueroute publique fut déclarée en 1671.
Le capital reproductif épuisé, les fabriques cessèrent , la campagne resta inculte, les communes furent écrasées par les dettes, et rÉtat à chaque instant dut faire entendre des plaintes au mo-
(1) GatazioDella Somaglia, Allégement de VÊtat de Milan, 1653.
(2) Philippe II d'Espagne donna en dot à sa fille, qni épousa le duc de Savoie, soixante mille ducats par an à prélever sur les revenus du Milanais, et huit mille sur ceux de Naples.
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narque lointain^ qui ne les écoutait point. Les nombreux oisifs et les privilégiés vivaient sur le produit de quelques travailleurs* de là de partielles disettes de grains, que la difficulté des communications transformait en cruelles famines. Les riches n'avaient pas de quoi doter leurs filles, et ne pouvaient acquitter les legs pieux ; ils démolissaient leurs maisons pour n'être pas obligés d'en payer les impôts, ou lès laissaient vendre à vil prix par les créanciers.
Il ne faut pas croire que l'argent passât en Espagne ; quel besoin en avait-eile, quand l'Amérique lui fournissait tous les ans dixhuit millions d'or ? Il allait s'engouffrer dans les coffres des fermiers des contributions publiques, qui pressuraient le peuple avec une inexorable avidité et accumulaient d'immenses fortunes en expropriant les débiteurs du fisc. Les gouverneurs et les magistrats voulaient profiter de l'heureuse occasion de s'enrichir; aussi disait-on que les ministres royaux faisaient maigre chère en Sicile, mangeaient à Naples, dévoraient à Milan; en outre, il fallait des sommes considérables pour alimenter les guerres en Italie, dans lesquelles se complaisaient les gouverneurs et les grands d'Espagne.
Cet arbitraire légal, qui fait taire la raison et le sens commun devant l'intérêt du gouvernement ou de quelques particuliers, parce qu'il veut se mêler de tout, éteignit, à titre de protection, cette liberté qui est la vie du commerce; il aggravait les droits sur les matières premières, prohibait l'exportation, nonseulement du blé, mais encore de la soie et du drap. Tantôt il défendait d'élever des troupeaux, dans la crainte que le foin ne renchérit au détriment du service de sa majesté; tantôt il interdisait tout négoce avec les Français, parce qu'ils étaient de mauvais chrétiens. Des règlements infinis renfermaient chaque art dans une maîtrise, et chaque maîtrise était soumise à mille prescriptions minutieuses : le tisserand ne devait pas unir le coton à la laine ; le marchand de draps ne pouvait tenir des étoffes de fil, et puis marques, visites, contrôles sans tin , avec menace , dans le cas d'infraction, du fouet, de la corde, de la prison, des peines en un mot qui n'atteignaient pas les voleurs. En 1588, on défendit l'exportation de la soie, dans l'espoir qu'elle se convertirait en étoffes dans le pays; la culture, au contraire, en fut entravée. Un lourd droit d'entrée sur l'indigo ruina les teinturiers. Un décret.de 1654, qui sent le socialisme moderne, obligeait les négociants à donner du travail aux ouvriers, sous peine de trois secousses de corde et d'une amende de deux cents écus d'or.
70 wrMrjËUTioM su uouvsuiuiurT.
, £n raisMiderimportaooe des matièNS etdee bayeun populaires, OD Diultipliait les mesures à l'égard deB grains et des autres dearéei pro|Nr6sà la nourriture. Au lieu d'augmenter le nombre des veu* deurset de diminuer les distances, oa en voulait peu, et ils devaient se tenir en certains lieux : que les meuniers sachent qu'ils ne peuvent décharger leurs mulets dans les roules ni s'asseoir sur las sacs, et qu'ils fassent marquer chaque mulet; dans leur maisoa> qu'ils ne gardent ni crible, ni blutoir; que les aubergistes n'achètent de vin qu'à quinze milles de. Milan, et que personne n'en exporte hors de l'État sans uoe autorisation àa gouverneur; que les portefux et les brentadori s'abstiennent, durant les contrats, a d'indiquer, de faire des gestes, da recevoir de l'argent pour honoraires ou pots de vio, et qu'ils restent à douze coudées de distance des marchés;» défense de tenir sur la glace des poissons et des poulets, parce que, • bien qu'ils s«nblent se couserver, ils perdent de toute manière de leur qualité d.
Les propriétaires étaient tenus de faire eonnaUre la quantité de leurs recettes (si I'cmi avfùt observé cette prescription, on n'aurait jamais récolté assez pour vivre pendant six mois) ; il était interdit de fixer le pris du grain avant qu'il ne ffU coupé et battu; l'exportation hors de l'Étal faisait encourir la pane de mort; tous les ans, il fallait, avec une puérile prévoyance, remplir les greniers aux frais du.tré9or}le froatent^ mie f tus qu'il avait'paru sur le marché, devait 7 rester jusqu'à' ce qu'il .fikt ivendu, ce qui obligeait à de» ventes âœuléeâ^ Les boulAngers ne punvuent se tinet au trafic du blé, ajvehobl^atioadejs'ap^visionner au tnoins & douze milles audâàdè'Milan et dese boîtier & quinze charges chaque fois; défense: aux cùnchicleurs de grains de se trouver plus de six ensemble, et miUe écus d'amande au boulan^ ger qui vendrai du pain à lin propriétaite :TÈgtem6nts qui, accroissant les vexations, âuïsflient tous aii: commerce. Si l'on y BjoHte,OHtire l'abus 'de ' vendre fortcfaér Tautoniation de cuire du pain et de le faire d'une once au-dessous du poids réel, la jurétention des gouverneurs' ou des commandautade certaines places de trafiquer seuls des grains, on s'étonnera que les disettes ne fussent pas perpétudles.
L'itnprévoywice et la multiplicité de ces prescripUons faisaient qu'on ne les observait point; car l'homme qu'en vexe est contraint de recourir à des subterfuges et k des m^isonges là où la loyauté n'a aucun prix,: à des gains illicites là oii les bénéfices honnêtes sont entravés. Or^oomne tonjoufs, ces règlenients insensés engen-
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ciraient TimmoraUté et la délits ou mieux encore les commaiH daiçnt Afin de réprimer la contrebande> qui, est Tinévitable cor-rectif des lois ab^urdes^ de finanoèSy le gouverneur permettait de délivrer un individu condamné pour une cause quelconque, eût-il encouru la peine capitale, à. quiconque prendrait et livrerait, ou tuerait un contrebandier «n flagrant délit, « <c'est»à-dire s'il le trouvait conduisant du blé hors de TÉtat, quand il ne serait pas au-dessous de quatre stara* » Dureste, la loi elle-même nous fait savoir pompeusement que ces ordres n'étaient point observés; que a ni peines ni mesuras ne peuvent refréner la fraude, et que ' les commissaires :S'eatendent avec les contrebandiers ».
La conséquence fut le dépérissement de la population , des fabriques et du, commerce; TagrieuUttce, privée de tous les moyens d'exploitation et de capitaux, souffrit encore beaucoup. La seule place de Milan, en 1580, faisait pour trente millions d'affaires; les tissus d'or et d'argent lui donnaient un profit de huit cent mille livres, de trois millions les étoffes de soie, et.de quatre- vingt mil/e la vaisselle d'argent. Mais de 1616 à 1634 Milan compta vingt-» quatre mille ouvriers de moins, et les manufactures de draps des* cendirent de ^oixante-dix à quinze. En 1611, à Crémone, treize cent cinquante marchands payèrent deux mille quatre cent cinquante et une livres de taxes; en 1648, ils se trouvaient réduits à quarante-quatre,, qffk n'^taiept. point en^état d'en payer six cent soixante et une; s^iPopaliattpn,.<4e quarante-six miÛe.ftn^es en 1584, arrivait à peine i treize oûUe en 1669» et cell^:de. Casaijpiâggiore, de yingt. mille, descendit à six mille. p^tt . . Trente imlle perches de terrain furent abapdpwéeç aux inon^ dations idu Pô, et peut;-étre une( plus graade^quçintité.à.iP^es de l'Ogli%du Serio^ de rA4da* T<?Âites le» villes pourraient nous offrir un t^||9£^usep[iblable.ËnJ6^> le 48énat,.d4ns nue plainte au .trôneij.disaiit ; ft'La culture de^ cbamps est ip^rrompuç^ et les habitaQt^j ^ns e^^ d'Mn;meillQ^r.,spr(,j^ .«ont enfuis 1^ Tétran*ger; les droits excessifs ont paralysé le commerce; Pavie, Alexandrie, Tj^ne, Novare et yigevano n'offrent qu'un triste désert et d'immenses ruines d'édjfioes; le ik£|in, le pain même manque aux citoyens. » |Ce. gouvernemcoatlai^it du moins la liberté de se 4)laii84fQ; en effet, 0191 .puiblia beaucoup de consultations, de rapports et de gros volumes pour révéler des plaies auxquelles l'Ëtat nq sojogeai^ :poipt à remédier ou ne savait conament le faire.
Lorsque P^lippeilY, le SOm^rs 1631, demanda parqueks moyeiiis on poui^pait ramener la prospérité dans l'État y les Mi-