‹ Histoire des ItaliensChapitre 34 sur 150 · IMMUNITÉS. NOBLES · texte numérisé non relu

IMMUNITÉS. NOBLES

lanais répondirent quMl fallait : i^ payer les soldats avec les fonds du trésor; 2® réduire le taux de l'intérêt des dettes publiques; 3*» enlever aux créanciers de l'État Taction solidaire en vertu de laquelle ils pouvaient séquestrer les biens d'un individu quelconque de la commune débitrice ; 4° faire concourir aux charges les ecclésiastiques ; 5® réduire à de justes proportions les impôts excessifs. Ces propositions de réforme, qui d'ailleurs n'avaient pour objet que le mal immédiat, les Espagnols se contentèrent de les recevoir ; mais il n'était nullement question de réclamer de bonnes lois, de faire disparaître les entraves et les actes arbitraires, d'assurer les propriétés, de rendre publics les tarifs.

La loi manquait de ses éléments essentiels , l'uniformité et la certitude d'application ; car il y avait exemption tantôt pour les militaires, tantôt pour les prêtres ou les nobles, tantôt pour les membres de certaines corporations ou les employés de la cour. Quelques charges pesaient sur les campagnards, non sur les citoyens ; d'autres , sur l'étranger, non sur l'indigène , et parfois sur l'habitant de tel pays. Dans certaines localités, l'homme marié ne payait pas comme le garçon nubile et le veuf, le fermier comme le chef de famille et les serviteurs. L'impôt se mesurait tantôt d'après la quantité de sel consommé, tantôt d'après le nombre des chevaux de logement ; parfois, les vivants devaient acquitter la contribution pour les morts, les individus présents pour les fugitifs. Comme il était admis que l'État retirait plus d'avantages des habitants des cités que des campagnards, on réservait beaucoup de faveurs pour les premiers ; la moitié du grain récolté devait être apporté dans la ville, et une fois qu'il avait paru sur le marché, on ne pouvait plus le retirer.

Les grands seigneurs prétendaient à l'immunité pour leur maison et son voisinage, pour les lieux même et les boutiques où ils exposaient leurs armoiries. Les ecclésiastiques se montraient encore plus exigeants : non-seulement ils réclamaient l'immunité pour leurs personnes, leurs maisons, les églises et les lieux sacrés, mais fis voulaient soustraire à la justice séculière et au fisc quiconque leur donnait le bras. Bien plus, Frédéric Borromée avait proposé de soumettre au tribunal ecclésiastique tous les membres des confréries, ce qui aurait soustrait au bras séculier la popular tion entière.

Au temps de l'archevêque Lilta, un sicaire tua près de Saint- Georges in Palazzo le chevalier Hubert de l'Otta ; arrêté, il ne put indiquer la personne dont il s'était fait l'instrument, parce qu'il ne

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