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LES FEUDATAIRES

permis aux communes de se racheter et de se placer sous Tautorîté de la couronne ; beaucoup le firent à des prix énormes, comme Amalfi, qui donna deux cent seize mille cent soixante ducats, et Soma sur le Vésuve, cent douze mille; mais, pour couvrir ces dépenses , il fallait contracter des dettes, et pour, les payer, elles hypothéquaient les biens communaux, quelques droits d'entrée, ou inféodaient une partie de leur territoire ; aussi, pauvres et tourmentées, elles se revendaient, heureuses si elles tombaient au pouvoir de quelque bon seigneur. Parfois le gouvernement luimême donnait en fief les communes auxquelles il avait déjà vendu la liberté , sans écouter leurs réclamations , à moins qu'elles ne payassent au fisc une somme égale à celle que leur vente devait produire.

Les barons avaient Fentier et double empire , qui appartenait non-seulement aux anciennes maisons, mais à vingt-sept nouvelles, puis à beaucoup de prélats, et le gibet dressé attestait leur droit. Ces privilégiés jugeaient aussi les causes civiles, et nommaient les magistrats, ce qui les rendait les arbitres des biens et de la vie des citoyens. Les individus dépendant d'un seigneur devaient moudre à son moulin , cuire le pain à son four, et ne pouvaient ni vendre leur vin, ni voyager sans son autorisation. Le 29 mars 4536, Tempereur avait établi une commission pour examiner^ans appel les devoirs des vassaux; mais les chartes présentées par les communes ne furent rendues que sous le règne de Murât.

Les grandes fonctions étaient la plupart héréditaires dans les familles ou achetées comme un titre : ainsi la charge de connétable appartenait aux Golonna de Paliario ; celle de grand justicier aux Piccolomîni d'Âmalfi, puis aux Gonzagues de Molfetta, enfin aux Spinelli deFuscaldo; celle de grand amiral aux Gardona; celle decamériers, aux d'Avalos et aux Del Vasto ; celle de protonotaire aux Doria de Melfi ; celle de chancelier aux Caracciolo d'Âvelino; celle de sénéchal aux Guévara de Bgvino. Dans la première moitié du dix-septième siècle, beaucoup de titres furent vendus à des prix élevés; en 1675, il y avait cent dix-neuf princes, cent cinquante*six ducs, cent soixante-trois marquis et des comtes à rinfini. Les aouveaux nobles étaient odieux aux anciens, parce qu'ils les éclipsaient. Afin d'obtenir ces titres , ils faisaient des emprunts ruineux, intentaient des procès, éternisés par les trop fameux avocats, et retombaient dans leur vaniteuse pauvreté.

Les habitants de Naples étaient distingués en nobles et peuple.

lequel se di^it en viogt-neuf piazze^ dites aussi oitine^ parce que chacune élisait huit citoyens, espèce de municipe avec. un capitaine. Les nobles étaient distribués dans les sièges At Nido, Capuana, Montagna, Porto, Portanuova; peut-être les deux premiers représentaient la noblesse féodale ou le baronnage^ et les autres, les simples nobles. Les parvenus, qui ne pouvaient se glissée parmi les nobles, restèrent avec le peuple ,pn ji'aidant, à acquérir des droits et une représentation en lutte avec les nobles; du reste^ Ifvs nobles soutenaient un, point uniquement parce qu'il était combattu par le peuple, et mce ver^a* €es dissidences se manifestaient surtout à l'occasion des dons au roi, qu'une classe prodiguait afm d'obtenir la biiçnveillance royale au détriment de l'autre : jalousies dont profitèrent les Espagnols, comme l'avaient déjà f^t les Apgevios et \^ Aragonais. ■ .

Cinq éîu$ ou syndics étaient choisis parmi les nobles, et un parmi les citoyens, lequel prenait le titre d'excellence ; il était investi le jour du Corpus Dominiy et jouissait d'une grande autorité; il votait avec les députés de la noblesse, prononçait sur les affaires de police, nonmiait le; notaire de la ville et les employés de l'octroi ; comme il représentait une population considérable, dont il était le tribun et parfois le martyr, il exerçait une grande intluence. Dans la disette de 1582, la multitude en accusa l'élu Starace, l'arracha du lit où il gisait malade sans lui épargner les insultes,, et l'égorgea. Le vice-roi, en s'attribuant le droit de choisir l'élu parmi six candidats proposés, fit encore un serviteur docile de ce représentant du peuple. Tous les élus veillaient ensemble sur les privilèges que Ferdinand le Catholique et Charles- Quint avaii^nt concédés à la cité, et que chaque nouveau roi confirmait. Un de ces , privilèges reconnaissait aux Napolitains . le droit d'appeler devant leur tribunal tout habitant du royaume, tandis qu'eux-mêmes ne pouvaient être cités que devant leur propre tribunal (J).

L^ nobles, dgnt la puissance extérieure diminuait chaque jour, cherchaient à se. relever au moyen des^ choses municipales, dans lesqu€;lle§ s'exerçaient leurs rivalités et leurs haines; peu à peu le? pièges avaient remplacé l'ancien parlement, que les vice-rpis ne réunissaient que lorsque les sièges leur refusaient de l'argent^ motif unique désorqiais des convocations^ et qu'il fallait, par con-

(1) Camillo ToTiNf, De Vorigine et de la fondation des siège» de Na^, 1644; œuvre capitale.

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