‹ Histoire des ItaliensChapitre 44 sur 150 · TROUPES · texte numérisé non relu

TROUPES

Ton payait, en 1573, vingt pour cent; quatre ans après, trentedeux et demi sur Rome, et trente pour cent sur Venise en 1621 ( BiANGHiNi ). Les Génois faisaient donc d'énormes bénéfices dans les opérations de banque ; on regarda comme un malheur public la faillite de la maison Mari, qui aurait entraîné la ruine de toutes celles de Naples, si le vice*roi n'avait reculé d'un mois les échéances.

Lorsque toutes les autres ressources lui manquaient, le gouvernement avait recours aux emprunts forcés. En 1605, le comte de Benavente en imposa un aux banques; ipais, comme elles se plaignaient, il prit soixante mille ducats à six établissements de bienfaisance, avec promesse de donner huit pour cent.

La banque de la dette publique se trouvait souvent sans fonds; en 1622, le cardinal Zapata réduisit les capitaux déposés à deux tiers de leur valeur, et, en 1625, on suspendit les affaires pendant plusieurs jours. Bien plus, quelques communes achetèrent le droit de se révolter au nom du roi, pour se mettre à l'abri des vexations du fisc.

L'armée de la monarchie espagnole étant uniforme, les soldats italiens guerroyaient dans toule l'Europe, dans l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, tandis que les garnisons de la Péninsule se composaient de Wallons, d'Allemands et d'Espagnols. Quatre mille fantassins sous un mestre de camp et un auditeur formaient le terzo de Naples ; la cavalerie comptait mille cuirassiers et quatre cent cinquante hommes armés à la légère (1). On prétend que Monterey^ dans

« et l'on n'en voit pas diantre, se procurer de quoi vivre. Si cela dure encore, « les gens mourront de faim, parce que les comestibles sont hors de prix, et, «t ce qui' est pire, on n'en trouve pas. »

(1) Ainsi s'exprime la Relation elzévirienne, qui donne le nombre des tours du littoral, comme suit :

Dans la Terre de Labour 32

Dans la Principauté citérieure 69

Dans la Basilicate 7

Dans la Calabre citérieure 27

— ultérieure 50

Dans la Terre d'Otrante 65

— de Bari 16

Dans l'Abruzze citérieure 7

^ ultérieure 6

Dans la Capitanate 22

Diaprés cette Relation, le royaume de Naples rendait deux raillions cinq cent mille ducats, y compris un million deux cent mille que le peuple accorde* au roi

Tespace de six ans, mit sur pied quarante-huit mille fantassins et cinq mille cinq cents cavaliers, la plupart indigènes^ avec deux cent huit canons^ soixante-dix mille fusils et d'autres armes^ des galères, des navires de transport^ des munitions et tout le matériel nécessaire; vers la fin de son administration , il frappa la capitale^ d'une contribution de quinze millions de ducats, dont la plus grande partie fut employée ^ des ornements et à l'entretien de troupes; en outre, si les flottes françaises s'approchaient^ la ville elle-même devait s'armer pour sa propre défense.

Alcala institua les bataillons nationaux , pour la formation desquels tous les cent feux devaient fournir quatre fantassins et un cavalier; ces miliciens, dont le nombre s'élevait à vingt-quatre ou trente mille, n'étaient tenus à servir que dans le pays , et recevaient une paye en temps de guerre. Le roi Alphonse avait introduit des chevaux d'Espagne, dont la belle race n'a pas encore dégénéré.

Ferdinand le Catholique , dans le but de favoriser l'industrie locale^ greva l'importation des étoffes^ et les étrangers ne purent établir de fabriques dans le royaume qu'en vertu d'un privilège ; non-seulement Naples , mais Aquila, Téramo ^ Ascoli, Arpino^ Isola de Sora, Piedimonte d'Alife et la Galabre en fournirent beaucoup. La culture de la soie prit une si grande extension, que la moitié de la population de Naples s'occupait à tisser des étoffes de toute qualité, jusqu'à des brocarts d'or, que les Vénitiens avaient enseigné à faire; la cour et la noblesse en consommaient une grande quantité, soit pour les habits, soit pour l'ornement des maisons. Toutefois, loin de s'agrandir sous l'influence des nouvelles voies ouvertes au commerce et de la facilité des communications, cette industrie fut restreinte par d'absurdes règlements. Le viceroi , duc d'Arcos, en 4647, non content de l'entourer de mille entraves, l'interdit aux provinces; la vente, la teinture et le tissage de la soie furent réservés a aux acheteurs et aux industriels de la douane royale de Naples, » auxquels^ en conséquence, les producteurs durent vendre les cocons. En 1685, il fut défendu d'introduire de nouvelles inventions dans ce genre d'industrie, avec ordre de n'exposer sur le marché que des étoffes travaillées à la mode ancienne et aux prix d'autrefois.

On s'étonne que cet art n'ait pas succombé sous de pareilles

toDs les deux ans à titre de don, et 31 grains qne paye chaque feu pour les logements, 7 grains pour les gardiens des tours, 9 pour l'entretien des routes et 5 pour les bargels de la campagne; mais les recettes suffisent à peine pour couvrir les dépenses.

mesures^ et nous devrions répéter ici ce que nous avons dit de la Lombardie à propos de l'imprévoyante action du gouvernement. En 1618, il fut défendu, sous peine des galères^ de dorer des cadres ou tout autre objets jusqu'à ce qu'on eût fini de dorer le nouveau galion. Entre mille autres, qu'il suffise de citer le ban, conforme à beaucoup d'autres antérieurs^ que les élus de la ville de Naples publièrent au mois de novembre Ï649, portant i^ que nul aubergiste ou vendeur de vin en barils ou en bouteilles tienne ou vende des vins gâtés^ aigris, piqués, tournés ou' dé tout autre mauvaise qualité ; 2<> qu'il ne mélange pas le vin nouveau avec le vieux; 3*^ qu'il ne vende pas une qualité pour une autre ; 4® qu'il donne la juste mesure^ avec des bouteilles marquées par le cre^ denziere; 5® qu'il ne vende pas de pain au-dessous de la mesure courante , et n'en tienne pas qui soit fait chez lui ; 6® qu'il n'achète pas de viandes, de tripes ou d'autres marchandises durant la nuit, mais seulement après une heure de jour, afin que les citoyens puissent faire leurs provisions; 7° qu'il n'achète pas de poissons ni sur mer ni sur terre dans le royaume de Naples, ni pendant la nuit, mais qu'il aille le chercher <atrx pierres* à onze heure du soir, ou, dans le carême, une heure avant midi, et, les autres vigiles, à deux heures de l'après-midi, afin que les citoyens puissent sepourvoir j B" qu'il ne vende, le jour comme la nuit, ni de viande ni de poisson* cru, ni même de cuit pour le porter dehors ; 9** qu'il n'achète pas de filets de porc la nuit, mais seulement le jour et après les dix-neuf heures. » Chaque prescription est accompagnée de graves menaces de peines pécuniaires et corporelles, « et autres châtiments laissés à notre volonfé selon les bans anciens. »

Le commerce et l'industrie tiraient peu de profit de côtes si favorables, de terrains si fertiles; les servitudes rurales nuisaient à l'agriculture, et les bergers menaient paître des troupeaux peu nombreux sur des campagnes qui auraient suffi à nourrir un peuple. François Bobbi écrivait au duc de Florence, le 11 novembre 1549 r — Les routes, non-seulement datis ce royaume, cr mais partout jusqu'à Rome, sont détériorées de telle sorte, c( qu'il est impossible, sans une suite aa moins de cent chevaux, (( d'aller d^ici là. »

De graves inconvénients résultaient aussi de la multitude des moines , propagateurs d'qne dévotion irrationnelle et de miracles infinis, possesseurs de domaines et de quartiers étendus dans les villes ; car les légistes soutenaient que les propriétaires de maisons

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