‹ Histoire des ItaliensChapitre 47 sur 150 · SICILE · texte numérisé non relu

SICILE

oiença bientôt à agir, non-seulement avec une pleine 'indépendance, mais coinnae§jifpérieure au gouvernement; elle excommunia même la çrande cour avec Tarqhevêque, et il fallut que le gouverneur^ duc de Feria, envoyât mille soldats contre le palais où les pères iiiquisileurs s'étaient fortifiés. Ces mesures de vigueur ne les refrénèrent point; en 1641, ils donnèrent le premier spectacle d'un autordafé oii Ton vit figurer le français Varron , calviniste, un Maure baptisé du nom de Tedesco, et un certain Favolara, augustin calabrais. Frèrie Diego La Matina , homme d'une force herculéenne^ condamné aux galères par le saint-office, s'efforça de pervertir ses compagnons; enfermé dans une prison, il rompit ses nienottes, se précipita sur l'inquisiteur qui était venu faire la visite, et le tua; pour ce meurtre , il fut brûlé publiquement en 1653. B est fait mention, en 1724, du supplice de Gertrude- Marie Cordovana, bénédictine béguine, et de frère Romuald, augustin laïque, coupables de quiétisme.

, tiin vèrtp de la monarchie ditQ pontificale, le roi avait dans l'île l'autorité réservéie aux papes ; ce qui produisait de graves dissentinie^^ avec la cour romaine, attendu que les vice-rois abusaient souvent de ce privilège pour attribuer au tribunal du pays les Causes directement {per viam saltus), et non-seulement par charge \.^er viamgravamims)é Us y nommaient des juges séculiers, ne sciuffraient pa^ qu'on fit appel de ses décisions à Rome , et Pie V, comme Grégoire XITI, eut, à ce sujet, de longs démêlés avec Philippe II.

jEn 1558, le tribunal du consistoire y fut institué; puis on réfornia les jugéinents intérieurs, en coordonnant les appels. Alors tombèrent les grandes charges de la couronne ; le grand justicier, le gr:and camerlingue et lei^ grands chanceliers furent remplacés par lés présidents de là cour, du consistoire et du patrimoine ; il ne resta qiié lé grand sénéchal; fonction purement honorifique, et le protonotaire qui, dans les assemblées, portait la parole au nom du roi.

La féodalité, que Roger et Frédéric II avaient consacré tous leurs efforts à détruire, fut consolidée par les Âragonais qui,dansla lutte, voulaient être soutenus par les grands. Le roi Jacques, à son couronnement, créa quatre cents chevaliers, et Frédéric, plus de trois cents, sans parler d'un grand nombre de comtes ; peut-iêtre les trois quarts des communes servirent à constituer des fiefs (1). Gharles*

(I) Gregorio, dans la Btbliotheca aragonensis, rapporte une DescripUo feudorum sub rege Frederko, qai donne la mesure de la puissance des feudataires,

i04 BARONS. VICE-ROIS.

Quînt introduisit même des ducs et des princes^ de telle sorte que la noblesse féodale y conservait une grande puissance. Le prince de Butera^ le personnage le plus éminent de la Sicile^ arborait Tétendard royal dans les solennités publiques , comme ayant succédé aux gonfalonniers de Tlle; il pouvait encore, à l'imitation des compagnies royales^ armer un escadron avec trompettes^ tambours, enseignes. Telétait a Louis Roger Ventimiglia et Sanseverinode la famille des Normands, des Souabes et d'Aragon, par la grâce de Dieu vingt-deuxièmecomte des Ventimiglia, marquis deLozana, des Alpes Maritimes, comte d'ischia majeure, Procida, Lementini, dix-huitième comte-marquis de Geraci, prince de Castelbuono et de Belmontino, marquis de Malte et de Montesarcio, duc de Ventimiglia, baron de San-Mauro, de PoUina, Bonanotte, Râpa, Calabro> Rovitella,Miano, Tavernola, Plocabiava etMili, premier comte en Italie et premier seigneur dans l'une et l'autre Sicile, grand d'Espagne de première classe, prince du saint empire romain, gentilhomme de chambre , avec exercice, de sa royale majesté, b

Hercule- Michel Branciforti et Gravina, outre les dix-neuf fiefs qui composaient la seigneurie de Butera était prince de Pietraporzia, duc de Sainte-Lucie, marquis de Militello, Val de Noto et Barrafranca , comte de Mazzarino, Grassoliato , Baccuja, baron de Radali, Beimonte, Pedagaggi, Randazzini, avec ses bourgs et appartenances, seigneur des terres de Niscemi, Grand-Michel, du lac Biviere de Lentini, des fiefs deBraccaleri, Gibilixeni, Sijuni avec la tour de Falconara Cl).

La Sicile eut aussi des vice-rois bienfaisants et surtout fastueux. Garcia Tolède fit construire à Palerme le môle et la rue principale qui a conservé son nom, un arsenal à Messine, une forteresse à Malte, deux châteaux à Agosta. Marc-Antoine agrandit l'université de Gâta no , et orna Palerme de belles portes; mais tandis que l'on

possesseurs chacun de beaucoup de cliftteaux, entre autres les familles YenUmiglia, Palizzi, Sclafani, Barres! , Passaneto, Chiaramonte, Montaperto, Lanza, Rubeo, Tagiiavia, et trois maisons aragonaises, les Alagona, les Moncades, les Peralto. Chaque fief embrassait plusieurs territoires, seigneuries et cités, dont chacun aurait pu consUtuer unHef. Ainsi, au comté de Modica appartenaient Modica, Raguse,Chiaramonte, Monterosso, Scicli, Comiso, Spacaforno, Giarratana, Biscari, Odogrillo, Dorillo et autres lieux; dix-neuf fiefs réunis formaient la seigneurie de Butera; en outre, la chambre de la reine possédait Syracuse, Paterne, Mineo, Vizzini, Lentini, Castiglione, Francavilla, Villa Saint-Éttenne, Avola , Panteiiarl et autres lieux, soumis à Tadministration de la reine.

(0 Pour des exemples de cette nature, voir Vihabianca, Sicilia nobilCt part. Il, tome i.

Page 1