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TROUBLES RENAISSANTS

le matin, lescanons^ gros et petits^ commencèrent à tirer, elle duc, éveillépar la tempête dotant de coups, faillit mourir de douleur. x> Ainsi s^exprime l'agent du duc d'Urbin, qui ajoute : « C'est un des plus grands fous qui aient jamais gouverné ce royaume... Il emportera avec lui deux cent mille ducats d'or, sans compter l'argent qu'il a dissipé et prodigué... (1). » De retour à Madrid, il fut accueilli magnifiquement et presque en triomphe par le gouvernement faible et corrompu ; mais, cette année même, le roi et le ministre ayant changé, il fut emprisonné avec ses secrétaires et ses amis. Dans un procès qui dura trois ans^ les témoignages des Siciliens lui furent très-favorables, tandis que les Napolitains le chargèrent sans pitié; enfin, on apprit qu'il était mort d'une attaque d'apoplexie. Son fils, quelques années après, fut envoyé en Sicile comme vice-roi.

La France suivait de près ces incidents et leur donnait de l'importance; mue par sa rivalité avec l'Espagne, elle fomentait le mécontentement, en promettant d'appuyer quiconque se soulèverail contre cette puissance. Dans le royaume de Naples surtout, le gouvernement français donna la main plusieurs fois à des insurrections(2). Ënl644, le marquis de Saint-Ghaumonl, ambassadeur de Louis XÏII à Rome, écrivait longuement sur des trames en faveur d'un seigneur italien , qui ne voulait être connu que de Richelieu , pour tenter un ceup demain sur le royaume. «A quelque point de vue que l'on se place, il y aurait avantage pour la France , ne fût-ce que pour donner de l'embarras à ses ennemis, et les empêcher d'en tirer des secours d'hommes et d'argent pour la conservation des autres États. )>

L^imprévoyance du gouvernement et ses exigences inexplicables occasionnaient trop souvent des troubles intérieurs ; mais les bruyantes démonstrations avaient toujours le même résultat, c'està-dire de bonnes paroles tant que le tumulte durait, puis le gibet et les galères. Sous Tolède, il y eut un soulèvement excité par les droits sur les comestibles ; Fucillo, chef du peuple, monta au palais afin de présenter les réclamations de la multitude ; m^is on le vit bientôt pendu au balcon entre deux flambeaux, et la foule fut dispersée à coups de bâton. A l'époque où le premier duc d'Ossima était vice-roi, la cherté du pain fit soulever la plèbe; accusant l'élu Jean Vincent Starace d'être d'accord avec le duc^ elle

(1) Correspondance du 5 et 7 juin 1620.

(2) Voir Daru, HisL de Venise, livre XXXI, vers la fin.'

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le tua^ et , après lui avoir arraché le cœur et les entrailles , elle les suspendit dans différentes parties delà ville avec les lambeaux de son corps. Le vice-roi laissa calmer cette fureur en prodiguant les promesses; puis, excité par les exemples mêmes de Sixte-Quint^ il fit arrêter les chefs du peuple^ et tenailler, déchirer, écarteler jusqu'à trente-sept individus ; cinquante-huit furent envoyés aux galères^ et plus de mille exilés ; en outre^ on démolit par ses ordres la maison d'un pharmacien accusé d'être un artisan de troubles, et Ton éleva sur remplacement une colonne infamante., autour de laquelle étaient placées, dans des niches grillées, les têtes des principaux agitateurs. En 1584, le vice-roi ayant imposé un ducat pour chaque tonneau de vin, le capucin Lupo s'y opposa résolument, et le peuple, excité par lui, ne souffrit point cette charge excessive.

A chaque nouvel impôt, les plaintes et les réclamations se renouvelaient, ce qui n'empêchait pas qu'il en fût créé sans cesse de nouveaux; on disait proverbialement que le peuple de Naples se gouvernait avec Farina, Força, Festini ( potence, farine, festins). En 1622, le jour de l'Epiphanie, le cardinal vice-roi était allé à l'archevêché... et l'infâme populace, imputant au gouvernement ce qui lui vient de ses propres péchés, non-seulement menaça de paroles, mais de voies de fait Sa Seigneurie illustrissime... Voyant le pain manquer, le peuple commit ces excès... Si, l'été passé, quand cet impôt fut repoussé, on avait pendu une douzaine de ces misérables, en prenant au hasard, puisqu'on ne trouvait pas les chefs, on ne lui manquerait pas de respect aujoiird'hui... A cause de la faim, la plèbe s'est soulevée trois fois cette semaine... j'apprends que demain il sera fait justice d'un grand nombre des perturbateurs, et que plusieurs périront sur la roue, supplice trop épouvantable... Outre que les revenus du roi ont été mangés en herbe, le royaume est réduit à une si grande misère... (i)»

Le cardinal mentionné plus haut était Gaspard Borgia de Candie, fameux vendeur de justice, mais qui a se tenait en garde contre cette canaille , disposée à tout supporter excepté le manque de pain, sans lequel elle n'estime pas la vie (2); » Traduit du langage diplomatique, cela signifie que la vile plèbe, croyant avoir le droit de vivre, voulait obtenir, à un prix tolérable, le pain de ceux qui se croyaient le droit d'en fixer la valeur; la cherté du

(1) Correspondance du résident d'Urbin, dans les Archives historiques*

(2) !b. 28janTier 1623.

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