MISÈRES ET ABUS
trois insurrections en une semaine; au mois de mai, mêmes tumultes^ et beaucoup de personnes a de la populace o furent mises à la roue^ eurent la main coupée, et Ton brûla leurs maisons.
La guerre de la Valteline^ puis celles de Gènes, de Mantoue et de la Catalogne exigeaient des secours, et les vice-rois enrôlaient des malfaiteurs ou des paysans , dont bien peu retournaient dans leur patrie. Le comte Olivarès ordonna, même en temps de paix, que Ton tînt prêts vingt mille fantassins et cinq mille chevaux pour accourir partout où besoin serait; cette mesure imprévoyante réduisait le pays à l'impossibilité de fournir des troupes au moment où le danger les réclamerait. Sous la vice-royauté de Monterey, on tira du royaume, non-seulement pour laLombardie, mais pour la Catalogne et la Provence^ jusqu'à quarante mille hommes de pied et cinq mille cinq cents chevaux,, avec une valeur de trois millions et demi d'écus ; en outre, on fortifia tout le royaume par peur dés Français, et Tescadre fut portée à seize galères, avec deux cent huit bouches à feu.
Afin de couvrir ces dépenses , on accumulait les dettes; les revenus que les étrangers possédaient dans le royaume étaient saisis, et Ton faisait de même à Tégard des rentes affectées aux naturels sur des produits fiscaux. Les communes se voyaient contraintes de se charger de dettes, et Ton vendait des terres jusque alors royales, bien que les possesseurs résistassent par la force. Ponce de Léon ayant été envoyé par le vice-roi pour obliger les communes à payer ce qu'elles devaient, le juge de la vicairie ne trouva pas même un Ut pour se coucher; Tun des habitants qui faisait connaître la misère de tous et Timpossibilité de payer^ reçut cette réponse : « Qu'ils vendent Thonneur de leurs femmes et de leurs filles, et qu'ils payent. »
Telle était la misérable condition faite à la plus belle partie de ritalie. En vain Ton députait des prêtres et des moines pour obtenir, au nom du Seigneur du ciel , des adoucissements de la part des seigneurs de la terre ; une seule réponse était faite : les nécessités de la guerre.
1622. Le duc d'Albe, pendant sa vice- royauté, subit des pestes, des
tremblements de terre et la guerre; néanmoins, « il eut le courage d'affronter les /a^ïs (Giannone) y et son cœur magnanime et généreux se révéla dans les fêtes pour la naissance d'une fille du
1629. • roi, et les monceaux d'or qu'il distribua. » Le duc d'Alcala, son successeur, dut engager son argenterie, parce que l'Espagne mit du retard à lui envoyer les galères qui devaient le transporter;