PETITS SEIGNEURS
La maison d'Esté ne tirait guère de Modène et de Perrare plus de cent mille éeus^ dont elle comptait quatre mille à Tempereur^ son seigneur suzerain ; mais la vente des titres de comte, de mar^ quis et de chevalier lui produisait quatre mille écus; pour ajouter encore à ses revenus, elle fabriquait de mauvaise monnaie , et tolérait les juifSj surtout à Garpi. — a Ce duc ( écrivait Tambassa-* « deur vénitien en 4575) a dans la ville et la campagne des mi* a lices excellentes, qui se composent de plus de vingt-sept mille « hommes. Il pourrait armer une bonne et nombreuse cavalerie <c de nobles , lesquels aiment beauconp le service militaire, comme a des gens qui font des armes leur unique occupation et ont près* H que toujours vécu au milieu des guerres... Lorsque son excel- « lence, en 1566, alla en Hongrie au service de l'empereur, il n'y « eut pas dans tout le camp de troupes plus belles, ni meilleures, « ni mieux organisées, bien que tous les princes italiens luttassent « à Tenvi pour montrer à l'empereur leurs forces et leur gran* « deur. »
L'Italie comptait donc onze États; sans parler d'autres princes^ semblables plutôt à des barons, bien qu'ils jouissent de la souve* raineté et du droit de battre monnaie, il y avait le prince de Guas*talla, le marquis de Gastiglione, les princes de Massa, de Carrare, de Gorreggio, outre les princes romains qui ne battaient pas monnaie (1). La principauté de Monaco, convoitée par les Génois et le
(1) De prlncipatibus Ualiaé^ 1628, dans le recueil eIzéYfrien des Républiques,
Dans les archîTesde Médicis, parmi les Carie strozsiane, ca^e 320, est un manuscrit, avec le titre Rapport anonyme des recettes^ dépenses , forces et manière de gouverner de tous tes princes d* Italie, qui semble appartenir à la première partie du dix-septième siècle. Selon ce compte rendu, l'état pontifical, en temps de guerre , tirait
DeTOmbrie ., fantassins 10,000 cavaliers 3,000
De la Romagne » 20,000 » 4.000
Delà Marche (bons soldats)... » 15,000 » 2,000
De Bologne et de Ferrare » 25.000 » 6 000
Totaux. 70,000 15,000
Il avait cinq galères, mais pouvait en armer huit.
En 1675, Grégoire Leti ( vol. II de Vltatia régnante ) attribuait à l'État papal un revenu de trois millions d'éciis; en comptant les forces des diverses provinces et les canons de» forteresses , il présentait ces chiffres :
Hommes en état de porter les armes.. 400,000
Garnisons , fantassins et cavaliers 4,000
PETITS SEIGNEURS. Il
duc de Savoie, entretenait des navires de course pour châtier quiconque passerait sans payer les. droits de navigation.
Venaient ensuite d'autres barons, tels que, pour ne citer que les principaux ; les comtes de Bevilacqua et les Pic de Ferrare ; les Malvezzi, les Riarîo et les Pepoli de Bologne; les Orsini , les Colonnà, les Conti, les Savelli, les Gaetani, les Cesî et les Cesarini de Rome, vassaux de TÉglise ; les Martinengo, les Pesaro et les San Bonifazi dans la réput)iique vénitienne ; les Spinola et les Doria dans la république de Gênes ; les Verrua, les Guerrieri et les Castiglioni dans le Mantouan; les Salviati et les Gorsini en Toscane; les Bentivoglio dans le Modenais ; dans le Parmesan, Lupo de Soragna, FËtat Pallavicino, dont Busseto était le chef-lieu, et TÉtat Lando qui avait pour chef-lieu Borgotaro, les Saiiseverino de Sala^ les Sanvitali de Colorno;dans les possessions de l'Espagne, les marquis de Marignan, les Trivulces, les Borromées, les Caravaggio, les Visconti, les Serbelloni, les Afaïtati en Lombardie, et dans rËtat de Naples les Davalos, les Sanseverino, les Garaffa, les Caraccioli, les Piccolomini, les Gesualdi, les Loffredi, les Aqnaviva, les Lancia; les Spinelli, les Castrioti, les Tolède. Ces petits
Exercés aux armes et toujours prôls pour la guerre, mais restant chez eux sans aucune rétribution, sauf
quelques privilèges 80,000 fantassins.
outre 3,500 cavaliers.
Sans surcharger tes sujets , on peut sur ce nombre armer et payer en temps de guerre, outres les garnisons 30,000 ^>
et 3,000 cavaliers.
Outre les armes de ces 83,500 hommes exercés aux armes, il y en avait dans les forteresses de Ferrare, de Bologne, du château Sainte-Ange, au Vatican, à AncOne et à Ravenne pour 60,000 soldats ; les munitions étaient en abondance. Les armes se fabriquaient dans TÉtat , et spécialement à Tivoli. Alexandre Vil avait établi et doté une fabrique. A Civita-Vecchia, outre beaucoup de rnunit>ons, se trouvaient douze galères bien armées. « Avec tout cela , disait Leti , il fallait être bon prince et non simple prêtre, parce que la première force de TÉtat dépend de la valeur et de Pénergie du pape.
Recueillant tout ce qu'il avait écrit séparément sur les princes dltalie, ce Leti donnait à la Péninsule, beaucoup moins peuplée qu'aujourd'hui.
Hommes en état de porter les armes. 1,972,000
SoQs les armes pour la guerre active. 369,000 fantassins, 32,000 cavaliers.
Garnisons , fantassins et cavaliers. . . 27,400
Milices qui peuvent être soudoyées
sans surcharger les sujets, sur le
total de 40 1,700 H9.500 — 16,000
Eo mer 100 galères , et 14 navires à voile bien armés.