ELLE EST REMISE» SOUS LE JOUG
ministre tout-puissant de Louis Xni, confia une armée au marquis de Cœuvres, lequel^ en parlant avec emphase d* affranchissement et dlndépendance , amena les ligues Grises à jurer l'ancienne alliance, et occupa la Valteline^ sans que les papalins lui fissent obstacle. Le duc de Feria accourut pour lui fermer le passage du Milanais 9 en opposant des constructeurs génois à ceux des Vénitiens, qui avaient préparé à Gœuvres une flotte sur le lac de Côme. La lutte continua quelque temps, jusqu'au moment où la paix fut conclue entre l'Espagne et la France ; par le traité de Monson ^ il fut convenu que la Yalteline serait rendue aux Grisons, aux con- i626. ditions stipulées en i6i7, et avec exclusion de toute autre religion que la catholique. Ce traité mécontenta tout le monde : les Yaltelinais, qu'on remettait sous un joug dont leur courage les avait affranchis; les seigneurs de France, pour l'abandon de la vallée qu'ils avaient prise sous leur protection ; le pape, parce qu'il avait été fait à son insu ; les Grisons^ à cause de là restriction imposée. La paix fut donc suivie d'un frémissement d'armes général^ compliqué , ainsi que nous l'avons dit, de la tentative du duc de Savoie contre Gênes, et de la guerre de Mantoue.
Nous avons vu Louis Gonzague remplacer les Bonaccolsi dans la seigneurie de Mantoue avec le titre de capitaine. Jean-François^ en 1433, obtint de l'empereur Sigismond le titre de marquis, puis de vicaire perpétuel, ce qui équivalait à la souveraineté. Ses successeurs conservèrent la réputation d'habilfs guerriers, et, après avoir formé un corps de braves, ils le mettaient au ser- i^^^, vice de quiconque les payait. François II créa une race de chevaux qui furent longtemps recherchés, même en Angleterre : il combattit avec le pape, avec la France, avec Venise, dont il commandait les armées à la bataille de Fornoue; puis, dans la ligue de Cambrai, il servit contre cette république et, fait prisonnier, il déposa les armes pour aller gouverner en paix son pays. Son troisième fils fut ce don Ferrant Gonzague , dont nous avons parlé souvent; son fils aîné , Frédéric II, qui lui succéda, 1519. obtint que Charles-Quint, en 1530, érigeât son pays en duché , avec addition de la seigneurie de Guastalla (1).
(1) Guastalla, dont le nom signifie écurie des gardes {Ward Slall), hiiïMie par les Longards sur le Crostolo ; après une liberté orageuse, elle fut annexée au Milanais par Luchino Yisconti, et Jean-Marie Hnféoda à Guido Torello en 1406. Philippe Marie y ajouta le château de Montechiarugolo dans le Parmesan près d^ËDza, où doncina une branche des Torelli, relevant des Farnèse, jusqu^à ce que le comte Pio fut envoyé an supplice par le duc de Parme, en I6I2. De
HI8T. DES rTAL. — T. IX. 10
446 LE HONTFERHAT.
5553 La race des Paléologues une fois éteinte avec Jean Georges, le
duc dç Savoie, le marquis de Saluces, et ce Frédéric Gonzague ^ comme époux de Marguerite, petite fille du dernier duc, réclamèrent le Montferrat. Charles-Quint, qui prétendait en disposer comme fief impérial^ prononça en faveur des Gonzague pour empêcher l'accroissement de la maison de Savoie; les Gonzague furent
i5sa. donc marquis de Montferrat pendant près d'un siècle, jusqu'au moment où François IV^ époux de Marguerite , fille de Charles
iei2. Emmanuel P*" de Savoie, ne laissa que Marie^ jeune fille de trois ans. Le cardinal Ferdinand prit la tutelle de cette enfant, sa nièce^ puis le titre de duc de Mantoue; mais Charles-Emmanuel, invoquant des droits féodaux ^ réclamait le Montferrat pour lui-même, ou, comme fief féminin^ pour sa petite-fille, avec addition d'une somme considérable, à titre de dot et d'indemnité. La vérité, c'est que cette province fertile , maîtresse du Pô et à deux pas de Turin^ lui convenait au dernier point ; mais les Espagnols, qui la trouvaient trop voisine de Milan, et redoutaient de la voir dans les mains de ce prince inquiet à cause de la forteresse de Gasale^ la plus importante de l'Italie après Palmanuova^ mettaient autant de fermeté à combattre ses prétentions. Malgré les conseils des hommes prudents qui cherchaient à le détourner d'une entreprise dont toute l'Italie serait bouleversée, outre qu'elle aurait pour résultat de lui aliéner la France et l'Espagne , Charles-Emmanuef
SalÎBguerra, irère de cette victime, sortirent les Torelli de France et les.Gholek Poniatoifvski, dont le dernier fut roi de Pologne. La branche aînée, souyeraine à Guastalia, finit en 15^2 avec le comte Acliilie, homme de mœurs dépravées. Ludovica Torello, la dernière survivante, voyant ses parents lui disputer le comté, le vendit à Ferdinand, fils cadet de François n Gonzague de Mantoue ( 1539), alors vice-roi de Sicile; après avoir fondé à Milan les Angéliques et les Dames de la Guastalla, elle s'y retira pour vivre dévotement, et mourut en 1569. Ce Ferdinand fut un capitaine illustre, et contribua à la victoire de Saint- Quentin. César, son fils, épousa Camille, sœur de saint Charles Borromée, dans les bras duquel il mourut, en 1577. Ferdinand II, son fils,' fit ériger, ]e^2 juillet 1621, par Tempereur Ferdinand II, le comté de Guastalia en duché. A l'extinction de ia ligne principale, il réclama tout le duché de Mantoue; mais à la paix de Cherasco, il n'obtint que Dossolo, Luzzara, Suzzara et Reggiolo, villes qui lui rapportaient, 6,000 écus. Ferdinand III n'eut que deux filles (1678), dont une épousa Vincent Gonzague, duc de Melfi et d'Oriano, qui eut tout cet héritage, élevant même des prétentions sur tout le Mantouan ; mais lorsque l'empereur réserva ce pays pour sa maison, il ne laissa au duc de Guastalia que le^ principautés de Bozzolo et de Sabionetta^ avec les villes d'Ostiano et de Pomponesco, autrefois apanage d'autres familles éteintes. Vincent laissa (1714) deux fils qui se succédèrent : Antoine Ferdinand (1729) et Joseph Marie ( 1746), avec lesquels finit la ligne.
L£ HONTFBtlRAT. Ii7
persista dans ses projets; il ourdit mille intrigues, fit échouer tous les accommodements proposés, et^ sans compassion pour tes autreis ni crainte pour lui , il menaçait et proclamait qu'il \oulait assurer la liberté italique, de laquelle , àfentendre^ il était désormais le seul appui.
Ses menées auprès de l'Espagne ayant échoué^ et sommé par le duc de Lerme d'obéir , il n'hésite plus; se trouvant à la tète de vieilles troupes, avec de l'argent pour enrôler des Suisses et des Bourguignons, il surprend le Montferrat qui se croyait garanti par la paix et la protection de l'Espagne, occupe Trino, Alba^ Moncalvo, dans lesquels il commet les excès et les cruautés d'un ims, ennemi. -
La question qui paraissait toute simple se compliquait encore de l'éternelle dispute sur la prépondérance étrangère en Italie. Le pape criait sans cesse Paix, paix ! les Vénitiens et le grand-duc, à qui les accroissements de l'Espagne faisaient ombrage, '^utenaient FeMinand Gonzague; te roi de France les imitait, eft tandis qu'il conseillai au duc de renoncer à' une entreprise qui troublait la tranquillité publique, il envoyait aux Gonzague un de leurs parents pour les défendre. Louis, troisième fils de Frédéric II, par son mariage (1565) avec Henriette de Clèves, héritière du duché deNevers, était devenu la souche dés Gonzague de Nevers et de Rethel; il acquit de la réputation par ses talents et son courage, et bien que Sully le raille parce qu'il « faisait la campagne d'hiver dans un bon carrosse, avec un manchon pour garantir sen mainâ do froid^ » il prit upe part active dans les guerres de religion et laissa des mémoires importants sur l'époque. Charles , son fils, envoyé pour secourir son parent, se jeta dans Gasale.
Le grand duc lui envoie des troupes, les Vénitiens de Fargent, et l'empereur Mathias ordonne au duc de Savoie de renoncer à son usurpation, sous menace, en cas de refus, dé le mettre au ban de l'empire ; l'Espagne fait assaillir le Piémont par le gouverneur de Milan, et débarquer des troupes sous les ordres de l'amiral Philibert, son propre fils ; mais ni les exhortations ni les menaces n'arrêtent Charles Emmanuel, qui envoie des manifestes et des messagei^, outrage ou caresse les ambassadeurs. « Gonflé d'ambition et bouillant de mépris (dit un historien), il était i*ésolu à incendier l'Italie pourvu que les débris et les oendres restassent à son profit : si les troupes espagnoles l'attaquaient, il menaçait d'appeler en Piémont l'armée française ; si le pape l'engageait à se tenir tranquille, il déclarait qu'il inonderait la province d'héré-
iAS] GUERRE DU MONTFERRAT.
tiques; si les Vénitiens secouraient Ferdinand, il se vantait de soulever les Turcs et de pousser dans l'Adriatique des corsaires étrangers. » En attendant, il multiplie ses démarches dans tous les sens; il flatte les uns en faisant vibrer le grand nom d'Italie; les autres, il les excite en réveillant leur jalousie et leur cupidité. Quand il se trouve dans une situation critique, il cède; mais aussitôt il reprend ses prétentions , et accuse d'insatiable avidité les Espagnols qui, à leur tour, le dénoncent comme un ambitieux et un intolérable perturbateur de la tranquillité italique; plutôt que de se soumettre à un acte qui entraîne la moindre humiliation, il se résigne à voir les armes et l'épidémie frapper à la fois ses domaines et ses sujets. >
Tous les regards se fixèrent alors sur Emmanuel , dans lequel on voyait l'espoir de la nation. « LTtalie entière, écrit Siri, par la plume et la parole, se répandait en louanges et panégyriques en faveur de Charles; on n'entendait partout que des expressions d'allégresse et des applaudissements de ce qu'il avait ravivé dans sa personne l'ancienne valeur latine , et chacun souhaitait qu'il eût un jour la gloire d'affranchir l'Italie et de lui rendre sa grandeur (i). » Le poète Marini exhortait Venise à ne pas faire la paix avec l'Espagne , mais à s'unir à ce duc pour délivrer l'Italie du joug étranger; Chiabrera le louait d'avoir « fermé les Alpes neigeuses au pied ennemi; » Fulvio Testi, après avoir décrit les souffrances de l'Italie , la consolait par l'espoir qu'il tirerait une juste vengeance des outrages dont on l'avait abreuvée , et sollicitait le duc à ne plus temporiser^ afin d'accomplir la grande œuvre; un poète, au nom de Charles, lui répondait de n'avoir aucune crainte, que sa politique et ses armes auraient toujours pour objet le bonheur de l'Italie. Tassoni écrivait les Philippiques contre l'Espagne, en flagellant la noblesse italienne, « infectée de pensées impies et serviles : si le Turc venait en Italie, il aurait pour fauteurs beaucoup de nobles, plus empressés de courber la tête sous le joug que les étrangers de les recevoir en sujétion; car tous blâment la servitude étrangère, mais tous Fadorent, les uns par ambition, les auti'es par avarice, beaucoup par crainte. » Il les exhortait à s'unir à Charles-Emmanuel et à secouer le joug, comme avaient fait les nobles de la Belgique et de l'Allemagne. Personne ne fut écouté, et ni la nation ni les autres princes ne travaillèrent pour l'indépendance.
(1) Hemorie reoondUe, Ul, p; 367.
DERNIERS BUGS DE MANTOUE. iiO
Une vive mésintelligencerégnaitalors entre les Impériaux et les Vénitiens à cause des pirates de Dalmatie. Les deux branches autrichiennes d'Espagne et d^AUemagne, qui semblaient d'accord pour soumettre Tltalie entière, poussaient les galères du duc d'Ossuna et les Uskoks à ravager les côtes de Nice et celles de FAdriatique. Il importait donc à Venise que Mantoue ne tombât point dans les mains des Autrichiens qui^ par cette acquisition^ l'auraient entourée de toutes parts; Tabbé Scaglia, rusé ministre du rusé Charles Emmanuel, put donc obtenir de^cette république^ non des secours manifestes, mais des subsides. La France ellemême finit par se déclarer pour le duc de Savoie, et les épées fameuses du maréchal Lesdiguières et de Charles Emmanuel compromettaient l'honneur de l'Espagne. Toutefois, par le traité de Pavie, conclu par la médiation du roi de France , le Montferrat et Mantoue furent assurés à Ferdinand. Charles Emmanuel, loin de faire aucune acquisition, eut de la peine à recouvrer Verceil qu'on lui avait enlevée; mais comme il avait affronté les Autrichiens avec peu de forces, sa réputation militaire grandit beaucoup, au point que les Bohèmes, soulevés contre l'Autriche, songèrent à l'appeler au trône de leur pays.
Mais les successions vacantes devaient être, pendant un siècle, la désolation de l'Italie. Ferdinand de Mantoue, marié à Catherine, sœur du grand-duc^ eut pour successeur Vincent II, son frère et cardinal aussi , qui lui-même, quelques mois après, mourut sans ya» 27. laisser de fils; il fut le dernier de la branche aînée d'une race qui avait donné une épouse à Ferdinand II, une autre à Ferdinand III, empereurs, une troisième au roi de Pologne. Les vices des derniers Gonzague les avaient déshonorés (i) ; cependant, Mantoue, grâce à
(1) La maison ôonzagne se subdivise en plusieurs branches, et son histoire n'est pas plus honorable que celle des autres dynasties italiennes. Paule Malatesta, femme de François Gonzague, conyertit à la foi chrétienne un juif, en Tautorisant à porter son nom de famille. Eusèbe Malatesta, comme se fit appeler ce juif, obtint du marquis de Mantoue des Aiveurs et une haute position, et dès lors se donna pour Téritable descendant de Malatesta. Antonia Malatesta, femme de Rodolphe Gonzague, seigneur de Gastiglione, ne voulut pas souffrir cette usurpation ; il la dénonça donc à son mari comme tramant sa mort , et Frédéric la tit décapiter sur la place de Luzzara. La mort de cette femme, belle et mariée depuis deux ans, excita la compassion du peuple ; mais il ignora le motif de son supplice.
La branche des marquis de Castiglione des Stiviere fut illustrée par don Ferrant Gonzague, qui senrit utilement par les armes et dans les gouTernements les Impériaux et PEspagne. Il fut marié à Marthe Tana de Santena de Chien, dame favorite d^Isabelle de Valois, qui épousa Philippe II. De W9 deux fils,
150 D^BMIBAS BUGS DE MANTOUE.
SOU indéfiieDdaiice^ avait joui d'ime grande porospérité^ qu'elle n'oublib jamais (i), d'autant plus qu'elle subit alors toute espèce de maux. En efFet^ on vit surgir tout à coup divers prétendants : pour leMontferrat, Marie, nièce de Vincent^ sa so&ur Marguerite^,
ratiîé, après' aToir renoncé au siècle pour se faire jésaite, fut Yénéré som te nom de ^aint Louis. Rodolphe» le cadet, qui domina à sa pl^» réclamait le mar^ quisat de Solferino, que son oncle Horace, mort sans enfants, avait laissé à Vincent Gonzague de Mantoue; il voulait çncorele marquisat de, Caslelgoffredo, possession d^Alphonse, un autre de ses oncles, qui lui destinait pour épouse sa fine unique. Mais comme Rodolphe était marié secrèfemeiit<à Hélène Aliprandi, les deux familles se brouillèrent; Alphonse fut assassiné (1596), et Ç^stelgof- Credo occupé subitement par des soldats de don Rodolphe, qui imposa silence par la terreur. Cependant, quelques individus se conjurent, Le tuent et remettent Castelgoffredo au duc de Mantoue. Marthe, qui avait un fils saint et l'antre excommunié, gouverne Castiglione oomme régente, jusqu'au moment où Fempereur en investit François, son troisième fils, qui ne se fait point aimer; ses sujets 80 révoltent) lui tuent ses enfants, blessent Martlie, iiut guérit pourtant, et peut voir, avant de mourir, son fils Louis vénéré sur les autels. François dut ensuite céder CastefgolTredo au duc de Vicence ; mais 11 ne fut point aim^ de ses sujets qu'après sa mort, arrivée en 1616.
Castiglione délié Sthiere fut déclarée dté impériale par 1-empereur. Mathias, diplôme du 23 octobre 1612, et le cuite de saint Louis y aUirait une grande fouie. Les sujets de Ferdinand furent longtemps en état de rébellion contre lui; enfin, les Impériaux Texpulsèrent en 1692, et ce pays fut occupé tour à tour par les Autrichiens et les Français. Ferdinand mourut à Venise; son fils, marié à une Anguissola, alla vivre pauvrement en' Espagne, comme ses enfants, servant à la cour et dans les armées, josqutau moment ( 177&) où Louis vendit à TAutriclie la principauté de Castiglione, le duché de Soiferino, le marquisat de Medole, moyennant une pension annuelle de dix mille florins, réversible sur Tes fils aînés. Ce Louis fut homme de lettres et cultiva les Muses; avec lui finit cette branche des Gonzague.
La branche de Noveilara, descendant de Ji'eltrino^ frèr^ c^det de Louis qqi fut chef du peuple mantouan en 1328/ s'éteignit en 1728.
Cette maison fournit des femmes illustres : Hippolyte, duchesse de Mandragone ( 1563), chantée par Bernardo Tasso et d'autres ; Lucrèce^ mariée, à Jean« Paul Fortebraccio Manfrpne (1576) qui nous a laissé dans les lettres des témoignages de son savoir et^de son courage;. Isabelle, duchesse d'Urbin, celle que le;i»irate Barberousse cherclui à enlever (1566); Catherine, duchesse de Longueville ( 1629 ), qui fonda l'ordre des Carmélites à Paris ; Marie- Louise, femme de Casimir Y, roi de Pologne { 1667), dont elle soutint le courage et seconda l'habileté pour rétablir l'ordre dans le royaume.
(1) Depuis un temps reculé , les jnits habitaient Mantoue; mais unp grave persécution fut suscitée contre eux à l'occasion des prédications de frère fiar- Uiélemy de Solutivo en 1602. On dit que les juifs s'étaient moqués de lui, et le peuple en fureur «n pendit un certain nombre par les pieds ; il fut question de les expulser tous, puis on décida qu'ils porteraient un signe au chapeau, et l'on résolut dis <Miistrinre le gMiia (quartier affecté, nux juifs) qui s^ termii^ en