DERNIERS DUCS DE MANTOUE
duchesse veuve de Lorraine, et Charles Emmanuel ; pour le Mantouan. Ferrant Gonzague, prince de Guastalla,'et Charles de Nevers, qui se procura de nouveaux titres en épousant Marie, Tunique héritière survivante de cette bmnche éteinte.
Tous se préparent à la lutte au moyen des complots , des protections et de Fargent. Le comte-duc Olivarès, arbitre de la politique espagnole, inclinait à reconnaître l'héritier légitime de Mantoue; mais Cordova, qui gouvernait provisoirement le Milanais, désirait, comme font tous ces soldats, y rester en se montrant nécessaire; il fit donc voir à la cour de Madrid qu'il serait très-nuisible d'établir dans deux positions militaires importantes un prince vassal de la France, que cette puissance aurait introduit de nouveau en Italie après un demi-siècle d'exclusion; enfin, soit qu'il eût ou non des ordres, il tenta de surprendre Mantoue, mais en vain.
Charles Emmanuel, parmi les compétiteurs, se montre le plus ardent; il remet en avant ses prétentions , et, tandis qu'il conspirait naguère contre l'Espagne pour ravir le territoire de Gènes et le partager avec les Français , maintenant il est d'accord avec les Espagnols pour se partager le Montferrat. L'empereur, qui désire humilier la France, fait valoir sa haute suzeraineté, et somme le duc de Nevers de s'en remettre à sa décision. Le pape, bien qu'il appelât Charles ce le défenseur de la liberté italienne, a et l'exhortât à faire par lui-même, devait caresser l'empereur à cause des guerres de religion qui bouleversaient alors l'Allemagne (1). Les Vénitiens, qui avaient à peine arrangé l'affaire des Uskoks, n'osaient pas le contrarier; mais le duc de Nevers résolut de se défendre, et fortifia solidement Mantoue et Casale ; puis, engageant son patrimoine , il acheta en France douze mille fantassins et quinze cents chevaux.
L'importance du duc de Savoie fut mise en évidence par l'empressemenide la France, de Venise et de l'Espagne à solliciter son alliance. Les Espagnols remportèrent, et le duc, se retournant contre l'armée qui venait de la France, la met en déroute au col de l'Agnello. Cordova, proclamant, comme son but, le bonheur I629.
(1 ) Urbain YIII disait à l'ambassadeur d'Agliè : «Le duc de Savoie, qu'on peut appeler le défenseur de la liberté, doit avoir la gloire de terminer seul ce débat sans Pintervention de la France et de FËspagne ; et même alors qu'il ne pourrait y arriver sans intermédiaire, il faut quMl ait recours à nous ou à tout autre prince non étranger, et qui n^ait pas en vue d'édifier sa monarchie sur la ruine d^ autres..» Lettre du 26 février 1628. .