‹ Histoire des ItaliensChapitre 68 sur 150 · SUCCESSIONS DE MANTOUE ET 1)0 MONTFERRAT · texte numérisé non relu

SUCCESSIONS DE MANTOUE ET 1)0 MONTFERRAT

des populations^ le désir de les délivrer de la tyrannie, et autres promesses toujours répétées, toujours éludées et toujours crues pourtant, entre dans le Montferrat avec huit lùille fantassins et deux mille cinq cents chevaux, et met le siège devant Gasale. Les Montrerrins, dévoués à leurs anciens maîtres, et façonnés aux combats dans les tumultes précédents, résistent avec intrépidité; les Gasalasques soutiennent le siège , de manière que Cordova est obligé d'y engager toute son armée ; en attendant , il laissait Charles Emmanuel occupe^ non-seulement Trino et les autres pays qui lui étaient destinés , mais encore quelques-uns de ceux dontTEspagne devait rester maîtresse; mais il dissimulait dans la crainte que le duc ne trahit la clause espagnole. En efTet, Charles écoutait diverses propositions, et peut-être envoyait-il des vivres aux Gasalasques, dont il aurait vu avec regret la forteresse tomber au pouvoir des Espagnols : a ainsi les campagnes de Gasale, dans lesquelles don Gonzalo espérait trouver le Gapitole de ses triomphes, servirent de tombeau pour y ensevelir sa réputation et celle des armes espagnoles. »

Lorsqu'il reçut son changement, le peuple milanais lui jeta, à son départ, des trognons de chou ; la conduite de la guerre et, incidemment, le gouvernement de la Lombardie furent confiés à Né CD 1509. Anibroise Spinola. Cet illustre Génois, séduit par Péclat des prouesses que des Italiens accomplissaient en Flandre, était allé y combattre ; nommé général d'Espagne, son influence et Targent lui permirent de réunir beaucoup d'aven(uriers même italiens. Après un siège mémorable qui avait occasionné la perte de cent mille hommes, il prit Ostende et la place forte deBréda; il enseigna à substituer aux navires à voiles des galères, avec lesquelles il méditait un débarquement en Angleterre. On le jugea digne de lutter contre le plus grand général d'alors, Maurice de Nassau ; seulement, son adversaire défendait la liberté, tandis qu'il portait les armes contre elle. Mais tant de gloire vint s'évanouir devant Gasale; quoiqu'il apportât deux millions en argent, et fût muni des pouvoirs les plus étendus, jusqu'au droit de faire la paix ou la guerre, il trouva la place si bien défendue par le marquis de Thoiras, qu'il mourut du chagrin que lui causa ce premier revers do ses armes.

Louis XIII avait prodigué les promesses au duc de Nevers; quand il eut pris la Rochelle, dernière forteresse qui restait aux protestants, il descendit en personne par le mont Genèvre pour faire lever le siège de Gasale, tandis que le duc de Nevers et les

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