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SUCCESSIONS DE MANTOITE ET BU MONTFERRAT

Vénitiens faisaient irruption dans le Milanais. Charles Emmanuel, défait à Suse, dut encore laisser aux Français cette clef de Tltalie.

Ce duc occupait déjà les pays que son pacte avec les Espagnols lui avait attribués ; dès lors, comme il n'avait plus rien à espérer de ces alliés, il écouta Richelieu, qui combina entre lui, Venise et Mantoue une ligue pour affranchir Tltalie : le pape devait fournir huit cents chevaux , le roi de France deux mille, Venise douze cents^ Mantoue six cents, et chacun le décuple de fantassins ; on dit même que Charles Emmanuel s'entendait avec le fameux général allemand Waldstein, pour tenter d'accord un mouvement qui portât le dernier coup à la maison d* Autriche.

Charles avait à peine conclu son traité^ qu'il revint à ses dispositions^ hostiles envers les Français, lesquels, en fortifiant Pignerol, manifestaient l'intention de prendre racine dans les lieux d'où les avait arrachés Emmanuel-Philibert; il se plaignait de n'avoir pu, avec leurs concours, enlever ni le Montferrat ni Gênes, et il refusa le passage à leurs troupes. En un mot, sentant que les Espagnols et les Français avaient besoin de lui, il se montrait perfide envers les uns et les autres : il promettait à ceux-ci de ravitailler Casale, à ceux-là de trouver des prétextes pour s'en dispenser; d'Avigliana, il menaçait de fermer le passage à Richelieu, et, du Pô, de faire irruption dans le Milanais; mais cet Interminable jeu de bascule tourna à son détriment; en effet, Richelieu, en costume de chevalier, et suivi des maréchaux de Bassompière, de Créqui, de Schomberg, placés sous ses ordres, traverse la Doire et le défait à Avi- i63o. gliana.

La succession de Mantoue et du Montferrat engageait donc l'Europe entière, attendu l'agrandissement ou l'abaissement qui devait en résulter pour la maison d'Autriche. Les catholiques auraient dû se tenir unis pour faire face aux protestants dans la lutte qui fut appelée guerre de Trente ans. La durée de cette guerre amena en Allemagne une transformation des armées; comme la féodalité ne fournissait pas de soldats pour de longues expéditions, ils étaient recrutés par une nouvelle espèce de capitaines d'aventure, pourvus d'argent par les princes. Les corps de troupes se composaient d'abord de valets (bube), puis d'écuyers [knappe) et formaient une lance ( lanzknecht ), d'où le nom de lansquenets. Tout leur dévouement était pour le capitaine, non pour l'empereur^ duquel ils ne recevaient ni solde ni récompenses ; pour se dédommager de leur paye, incertaine et faible, ils pillaient amis comme ennemis. Leur engagement expiré, ils pouvaient mendier

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