IULES MAZARIN
mourut à Sevigliano; il laissait une réputation détestable, quoique loué par ceux qui admirent Tambition de s'agrandir et le dessein d'unifier l'Italie par l'expulsion des étrangers, même alors que les moyens sont ruineux et plus propres à la morceler et à la soumettre aux étrangers. Victor Amédée, qui lui succéda avec des pensées plus modérées et plus loyales, était le beau-frère du roi de France ; toutefois^ il dut le combattre d'abord, ce qu'il fit avec une certaine habileté. Les Français^ commandés par le maréchal de Thoiras, ne pouvaient délivrer Casale^ ni les Espagnols le prendre; en attendant^ on combattait partout, et le pays était dévasté.
Jules Mazârin, né à Piscina dans les Abruzzes, vint étudier à Rome, où son père (1) servait en qualité de gentilhomme échanson dans la maison Golonna. Jérôme^ de cette famille, qui fut ensuite cardinal, charmé de la vive intelligence du jeune homme^ l'emmena avec lui en Espagne et lui fit suivre les cours de l'université d'Alcala^ d'où il revint pour assister son père^ accusé de meurtre. Plus tard^ lorsque le connétable Golonna leva des troupes pour le pape^ Mazarin obtint une compagnie de fantassins. Torquato Gonti, qui commandait les forces de TÉglise dans la Yalteline, le chargea de négocier avec les deux généraux de TEspagne et de la France; un rapport qu'il rédigea sur ces affaires révéla sa capacité au pontife. De retour à Rome, il chercha à entrer au service du cardinal neveu; mais, comme il avançait peu à la cour^ il se livra à l'étude du droit. Lorsque Jean François Sacchetti, commissaire général des troupes pontificales dans la Yalteline, fut chargé de la guerre de Mantoue, Urbain YIII voulut expressément qu'il se fit assister de Mazarin, dont Thabileté se manifesta soudain dans ses négociations avec les Français et les Espagnols;' aussi, quand Sacchetti reçut une autre destination^ il fut laissé dans le nord de Tltalie, où son activité se déploya pour ramener la paix; courant des uns aux autres pour vaincre les répugnances, il parvint à faire conclure une trêve en vertu de
(1) Pierre de Sicile. Le connétable Cotonna lui donna en mariage une de âes filleules et le gouvernement d'une de ses terres. Un autre fils de ce Pierre fut archevêque d'Aix,avec cinquante mille écus, puis cardinal et vice roi de Catalogne. Voir Negozlati di monsignor Giulio Mazzarino, en appendice à VHistoire d'Italie du Brusoni; Elpidio Benedetti, Vita del Mazzarino: Pr.io- RATOy Istoria del ministero del cardinale Mazzarino ; Cologne, 1666, et d'autres écrits publiés récemment.