HIST. DES UAL. — T. IX
162 TRAITÉ DB GHERA3G0.
laquelle Casale fut donné aux Espagnols, et la citadelle aux Français.
1650-51. La paîx de Ratisbonne, complétée par le traité de Cherasco sous la médiation d'Urbain VIII, suivit bientôt cette trêve : les stipulations portaient que les Français et les impériaux sortiraient d'Italie^ et que Tempereur donnerait au duc dé Nevers Tinvestiture du Mantouan et du Montferrat , sauf à tenir garnison à Mantoue et àCaneto ; que le duc de Nevers céderait à la Savoie Trino, Alba et autres villes du Montferrat, qui devaient produire un revenu annuel de dix mille écus, puis Luzzara et Regginolo au duc de Guastalla; que la France conserverait Pignerol, Bricherasso, Suse et Avigliana, mais à la condition de les abandonner le jour où le Mantouan et le Montferrat seraient assurés au duc de Nevers. Le funeste Casale fut restitué à ce duc, et lorsqu'il retourna à Mantoue, les princes lui remontèrent sa maison saccagée : le grand duc lui fournit les meubles et les tapisseries ; le duc de Parme, l'argenterie de table ; le duc de Modène, cent paires de bœufs avec autant de cultivateurs. Les parties intéressées se déchaînèrent contre cette paix : pour les Espagnols, elle portait atteinte à leur réputation en Italie ; les Français s'indignaient d'abandonner encore ces portes de l'Italie; le duc de Mantoue, si solennellement protégé par la France, trouvait qu'on avait démembré la meilleure partie de son héritage ; on était donc sur le point de reprendre les armes, lorsque Mazarin courut au milieu des troupes en marche, criant paix à tous, et finit par calmer les esprits.
Yictor-Amédée, malgré son mauvais vouloir, dut céder aux Français Pignerol et le val de Perosa, afin que Richelieu ne lui contestât point la partie du Montferrat qu'il avait obtenue; mais la jalousie entre Richelieu (1) et le duc d'Olivarès, Fun ministre omnipotent de Louis XIII, l'autre de Philippe IV, tous les deux préoccupés de se nuire dans les diverses parties de l'Europe et d'agrandir leurs maîtres, né tarda point à remettre aux prises l'Autriche et la France.
(1) Richelieu faisait grand cas d^Ange Cornaro, ambassadeur de Venise en France, et le consultait dans les questions les plus difficiles ; lorsque son temps fut expiré, il pria la république de prolonger sa mission. Yicquefort cite beaucoup de Vénitiens distingués comme ambassadeurs : Aluise Contarini, qui exerça toute sa vie de pareilles fonctions et fut envoyé au congrès de Mùnsier, Ange Contarini, l'historien Jean-Baptiste Nani, Guillaume SOranzo, etc., outre Tabbé Scaglia et le cardinal Alexandre Bichi, lequel aurait pu jouer le premier rôle auprès de Richelieu s'il avait été plus fin.