AMÉLIORATIONS
il revint eu Europe, et, sur les instances du grand-duc^ il écrivit à Florence (1601) le récit de ses voyages, en homme inculte il est vrai^ mais avec de bonnes observations; le premier, il donna des renseignements exacts sur le musc^ sur la graine d'écarlate, la cochenille, et enseigna l'usage du chocolat. Philippe Sassetti , négociant érudit, qui a laissé de bonnes lettres^ spécialement relatives à ses longs voyages dans TEurope et TAsie, envoyait de ces pays au grand-duc des raretés précieuses.
Grosseto avait été au pouvoir des Français jusqu'en 1559; Ferdinand, pour l'améliorer, lui procura des eaux salubres au moyen de six citernes, creusa des fossés et démolit des pêcheries; il en allégea les impôts^ construisit des maisons, fit élever les fortifications avec la belle citadelle et les bastions aux angles des murailles hexagones. A Pise, il répara la primatiale incendiée en 1595, réunit plusieurs sources d'eau salubre pour les conduire dans la ville ) où il construisit un collège, la loge des banques et le canal Navicelli vers Livourne. On peut dire qu'il créa tout le val de Ghiana ; il ménagea un écoulement aux eaux du Fucecchio quand il débordait, fit des canaux et des digues dans la maremme de Sienne^ et protégea le littoral au moyen des navires de l'ordre de Saint-Ëtienne ; cette flotte, dans la mémorable expédition com- 1607. mandée par Jacques Inghirami contre Bone^ prit onze enseignes, mille cinq cents esclaves et beaucoup d'armes. Avec les métaux enlevés au féroce Thrace, dans une autre bataille de l'Archipel, Jean Bologne fondit la statue de Ferdinand pour la place de l'Annonciation.
Résolu, juste, actif, sincère, mais prudent néanmoins, le troisième grand-duc favorisa les sciences naturelles et mathémati^ tiques, fonda le musée d'histoire naturelle à Pise , raviva l'université de Sienne; parfois, il réunissait dans ses appartements les hommes les plus instruits, et , en présence de ses fils , il leur faisait entamer des discussions sur la physique , les mathématiques et la littérature. Lorsqu'il était cardinal, il avait ouvert à Rome l'imprimeiHe de la Propagande, et acheté la Vénus, TÉmouleur, l'Hermaphrodite , les Lutteurs et la Famille de Niobé pour la maison de campagne qu'il fit bâtir sur le Pincio. Emile des Cavalieri, gentilhomme romain, chargé de l'inspection des arts divers, chercha à leur donner une forte impulsion ; sans parler des travaux d'orfèvrerie, de bijouterie et de mosaïque, les fabriques de cristaux et de faïence rivalisèrent avec celles de Faenza, d'Urbin, de Fossignano et d'Arbisola. Les fonderies de Jean Bologne
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servirent à toute l'Europe y de même que les Jardiniers florentins; Ferdinand aimait à donner aux cours et aux ambassadeurs étrangers] des objets d'art italiens^ mais surtout des ouvrages en pierres dures.
Ce même Cavalieri associa la musique aux œuvres de théâtre^ entremêlant le dialogue d'ariettes ; puis, comme on se figura que la musique, chez les anciens, accompagnait la représentation, le Romain Jules Caccini, maître de chapelle, composa des airs, et Jacques Péri inventa des harmonies pour le récitatif. La Daphné d'Octave Rinuccini fut représentée en 1594, puis V Eurydice du même auteur lorsque Marie de Médicis épousa Henri IV, en 1600^ enfin V Ariane en 1608.
Cosme P' avait ordonné que la somme de cinquante mille écus, destinée aux funérailles du prince, fût appliquée aux orphelins; Ferdinand l'imita, et ses libéralités devinrent le fondement du riche établissement des Innocents. Dans le traité de cession de Sienne, il avait été stipulé que l'Autriche approuverait les mariages des grands-ducs ; mais Ferdinand, par son mariage avec une princesse de Lorraine, s'affranchit de cette obligation. Dans le reste même, il agit avec une politique indépendante ; en vingt-trois ans , il ne changea point de ministres , et , tandis que l'Espagne et la Savoie se ruinaient en armements, il laissa à sa mort dix millions de ducats, plus de deux millions en pierreries. ^^^ Jean de Médicis, son frère naturel, se montra vaillant capitaine dans les guerres de la France et de la Hongrie.
Cosme. II, son fils , avait été soigneusement élevé par Geiso Cittadini , Jean-Baptiste Strozzi et Galilée; mais, faible de caractère et de santé, il abandonnait les affaires à sa femme, à sa mère^ à Curzio Pichena , ministre de son père, et bornait sa gloire à ménager des traités de paix, à combiner des mariages entre les princes. Au milieu des douleurs de la goutte, il voulait sans interruption des fêtes , des banquets , des jeux, des spectacles; ce fut donc à cette époque qu'on introduisit dans le palais Pitti une société de nains et de bouffons, et que des chevaux mêmes parurent sur la scène.
Ferdinand avait soutenu tous les pachas révoltés contre la Porte et Shah Abbas de Perse. Les Druses, tribu qui s'était réfugiée sur le Liban, et professait une religion mêlée d'islam et de christianisme, résistèrent aux Turcs ; après s'être rendus indépendants, lûia. ils choisirent pour chef Fakr-Ëddjn, qui, avec une poignée de braves, tint tête aux musulmans. Effrayé par de nouveaux pré-