‹ Histoire des ItaliensChapitre 80 sur 150 · BIST. DES ITAL. — T. IX · texte numérisé non relu

BIST. DES ITAL. — T. IX

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paratifs, Fakr-Eddyn* s'enfuit à Lîvourne avec sa f avorite^ sa fille, son vizir et beaucoup de richesses^ ofTrant de faire hommage de son État aux princes chrétiens et de combattre pour eux eu terre sainte^ s'ils voulaient l'aider à défendre ses propres domaines. Le roi d'Espagne ordonna au vice-roi , le duc d'Ossuna, de le rétablir dans ses Éiats, qu'il parvint en effet à recouvrer et à étendre, grâce aux dissensions des musulmans; continuantses relations amicales avec le 'grand-duc, il attira dans son pays beaucoup d'ouvriers toscans'. Plus tard, il se laissa persuader de se rendre à Constantinople^ où Amurat IV le combla d'abord d'hon-

16S5. neurs^ puis le fit étrangler. Ses descendants continuèrent à domi* ner sur le Liban. Le grand-duc conçut alors la pensée d'organiser une ligue> qui devait embrasser toute la chrétienté ; bien que ce projet échouât devant rindiffércnce de l'Europe, absorbée dans les rivalités de la France et de l'Espagne^ il en prit occasion de rééquiper la flotte toscane, qui conduisit à Livourne de riches prises.

Gdsme fit preuve d'amour public plus que de prudence en dé^ fendant^ par son testament^ à sa femme et à sa mère ^ désignées comme régentes^ de laisser résider à Florence des ambassadeurs, surtout de l'empereur ou des rcris de France eb d'Espagne, ni aucun prince étranger; il prescrivait en outre de n'admettre aucun étranger dans les eniplois^ de choisir exclusivement les confesseurs parmi les franciscains, et de ne rien prendre dans le trésor royal pour faire des prêts ou des opérations commerciales.

1621. ^^^s régentes de Ferdinand 11, sans respecter ces intentions,

remplirent la cour de luxe, d'intrigues, de moines, de discussions théologiques, et prodiguèrent les titres de ducs et de marquis à des serviteurs mêmes du palai$); par le trafic du blé de la maremme de Sienne, elles ruinèrent cette province, et , tandis que Gosme économisait trente mille écus par an , il fallut attaquer le trésor.

Le grand-duché se composait d'abord des domaines des républiques de Florence et ôé Pise, excepté les îles d'Elbe , de Pianosa, de Monte-Cristo, et le district de Piombino, souveraineté réservée aux Appiani. Gosme P% en i546, avait acheté des comtes de Noceto la citadelle' Sigillina dans le vicariat de Bagnone ; en 1549, des Malaspina, le fief de Filaltiera;^ en 45S1, le château de Gorlaga; au nom de sa femme Éléonore de Tolède, il acquit également Castiglione43e la Pescaïa et l'île de Giglio^ en 1^57, il obtint le territoire de Sienne, moins Orbitello et lereste des Pcésides^

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réservés par PEspàgne, de laquelle îi acheta en outre lô château def Porto^Ferrajo et ses environ^ dans l'île d'Elbe. François I^ acquit en i574t Luzuolo et Rîcco, et en 4578 Groppolt avec d'autres districts dans la Lurtigiane. Ferdinand I*' acheta des Orsini les comtés de Pitigliano et de Sorano, allumettes des guerres d'Italie , comme les appelait Cosme; puis , Gosme II acquit du comte Sforza Santafiora le comté de ^cansano en 4615, celui de Castell' Ottieri en 4616, du comte Oltieri, et, en 1618, des Malaspina, Terrarossa dans la Lunigiane. Enfin, en 1633, Ferdinand P' acheta du comte Sforza le comté de Santafiora, et, en i650, au prix de cinq cent mille écus, du roi d'Espagne, le district de Pontremoli, autrefois fief impérial des Fieschi, puis confisqué pour le duc de Milan (1).

Les formes républicaines duraient encore; le peuple était représenté par un cortseil de deux cents citoyens, parmi lesquels on choisissait quarante-huit membres dits le sénat, dont quatre, à tour de rôle et pour trois mois, composaient le conseil du duc, et représentaient avec lui la seigneurie. Dans le reste se conservaient les magistratures républicaines, que le sort désignait parmi les citoyens propres aux grandes fonctions. Les deux cents avaient le droit de valider ou d'invalider les actes solennels et législatifs ; le duc avait le droit de leur proposer toute espèce de lois; mais luimême et ce conseil ne pouvaient prendre aucune résolution qu'avec l'approbation du sénat.

Les deux conseils se maintinrent toujours, bien que les deux cents, à la fin, ne fussent chargés que' d'expédier des suppliques de monastères, de délivrer des certificats de bourgeoisie ou des saufs -conduits, de délibérer sur les répudiations, les émancipations et autres affaires semblables. Malgré les nortis et les forn)es d'autrefois, la volonté du prince était l'unique loi ; Ips Médicis n'imitèrent pas les monarchies dans leur tâche ordinaire d^unifierlf s ordres et les offices : les territoires de Sienne et de Florence restaient des pays distincts; les villes contin''aient à se haïr pour une liberté que toutes avaient perdue; il y avait autant de statuts c[\ie de villes, de bourgades ou de corporations.

(1) Pierre L<k>pold, en 1770, acheta dés Malaêpina de Mulayzo le territoire de Calice et de Yeppo dans la Lunigiane; mais celte prov'noe renta immédiate jusqu'en 1815^. L'Ile d'Ëlbe fiU unie au gran'l-duclié par le traité de Lunéville de 1801; les Présides en 1808; en 1814, la principauté de Piombino, toute juridiction baronniale des feuilataires impériaux de Vernio, Monlanto et Mont Sainte^-Marie cessant alors. Le territoire lucquois fut agrégé en 1847.

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